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Jésus enseigne l’Abnégation Absolue

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Le Cœur de l’Enseignement de Jésus

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Jésus Enseignant

Jésus Enseignant

 

« Que seulement je fasse de ma vie une chose simple et droite,
comme une flûte de roseau que Tu puisses emplir de musique. »

– Prière de Rabindranath Tagore

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L’Enseignement de Jésus

L’Enseignement de Jésus dans les Évangiles est théoriquement bien connu de nombreux Chrétiens. Ils croient bien le connaître. De nombreuses Paraboles et Paroles leur sont tout à fait familières, y compris celles que nous évoquons tout particulièrement, aujourd’hui. Mais en ont-ils tous bien compris – et surtout accepté – le Sens le plus profond?

 

Jésus enseigne une foule

Jésus enseigne une foule

 

L’Abnégation

A plusieurs reprises nous avons, sur ce site, évoqué l’Abnégation. Nous avons vu que, par exemple, selon Jacob Beilhart, elle est la condition même du vrai Bonheur. C’est sûr, le « vieil homme » – autrement dit l’ego faisant généralement preuve d’un sens personnel obstiné – doit mourir!

Mais que dit Jésus au sujet du moi, de l’ego, de l’Abnégation? En parle-t-Il? Pour le savoir, commençons par nous poser la question: Qu’est-ce qui pourrait bien empêcher un être humain d’entrer au Paradis? Le meurtre? L’adultère? Le vol? Le mensonge? Les faux témoignages? La convoitise? Tous les péchés interdits par les Dix Commandements? Mais, lorsque Jésus a Lui-même répondu à cette question tout à fait cruciale, étonnamment Il n’a mentionné aucun de ces péchés pourtant flagrants!

En fait, ce qu’Il a alors dit a même troublé Ses plus proches Disciples, c’est-à-dire les 12 Apôtres qui avaient cheminé et vécu avec Lui pendant trois années et demie, qui L’avaient vu guérir de nombreux malades et même ressusciter plusieurs morts. Même eux n’avaient pas complètement compris tout ce qu’Il disait. Il a désigné quelque chose de tellement courant, de tellement accepté dans la vie de tous les jours que presque tous ceux qui L’écoutaient pensaient être en sécurité. Ils pensaient peut-être avoir tout compris, mais, pour une part, ils se trompaient.

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La Porte étroite

Et – si ce moment arrive – lorsque vous aurez compris de quoi il s’agit vraiment, vous  comprendrez peut-être aussi pourquoi Jésus a dit que la Porte est étroite et qu’il en est peu qui la trouvent. Vous comprendrez aussi pourquoi, au fil des années, ce si important Enseignement a été  discrètement «adouci», reformulé, édulcoré, et parfois même complètement ignoré pendant des siècles, parce que – pour beaucoup – il est profondément dérangeant. Et les Vérités qui dérangent ne remplissent pas forcément les églises et autres lieux de culte, le Dimanche matin.

Si vous avez grandi au sein d’une église, imbibé de catéchisme, environné par une famille croyante ou même simplement dans une culture enracinée dans le Christianisme, vous avez – que vous en soyez ou non conscient – été imprégné d’une certaine compréhension édulcorée et aseptisée des Évangiles. Et cette perception enjolivée ressemble généralement à ceci: «Soyez une bonne personne! Essayez de ne pas commettre trop de péchés. Allez à l’église le plus régulièrement possible. Croyez en Dieu. Et lorsque l’heure sera venue pour vous de passer dans l’autre Monde, pour autant que vous n’ayez pas été sur Terre une  personne épouvantable, vous vous présenterez à la Porte du Paradis et le bon «Saint-Pierre» vous laissera entrer.».

C’est une version pouvant être qualifiée de «romantique», la version qu’on retrouve dans les films, dans les feuilletons, dans les conversations courantes, sur les cartes de vœux pour Noël, la nouvelle année et les grandes occasions.

C’est  rassurant, cela semble simple, mais, en réalité, cela n’a que peu – voire rien – à voir avec ce que Jésus a réellement dit, parce que Jésus n’a pas enseigné un «système» en lequel les gens {se trouvant} «bien» peuvent automatiquement pénétrer dans le Paradis. Il n’a pas décrit le Paradis comme la Récompense méritée par ceux qui n’avaient pas commis de gros péchés mais seulement des petits.

Ce qu’Il a enseigné est, en fait, beaucoup plus radical, bien plus exigeant et bien plus personnel que cette conception «rose bonbon» édulcorée par les êtres humains remplis de désirs personnels. Et Son Enseignement Il l’a clairement exposé, notamment tel qu’il est possible de le trouver dans l’Évangile de Matthieu, au chapitre VII, verset 21:

«Ce ne sont pas ceux qui disent «Seigneur, Seigneur» qui  entreront dans le Royaume des  Cieux, mais seul y entrera celui qui fait la Volonté de Mon Père Qui est dans les Cieux.

Laissons cette Parole faire son chemin dans notre conscience, pendant quelques instants. Dans cette Parole Il ne parle pas des athées. Il ne parle pas de ceux qui L’ont rejeté ou qui n’ont jamais entendu prononcer Son Nom. Il parle précisément des êtres humains qui invoquent le Seigneur, qu’il s’agisse de Son Père ou de Lui. Des êtres humains qui se considèrent comme des croyants, des êtres humains qui sont persuadés (la persuasion peut reposer sur une base intellectuelle, alors que seule la Conviction spirituelle est véritablement synonyme de Savoir) d’être «du bon côté».

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Ceux qui se croyaient du bon côté

Et ensuite cela devient encore plus troublant, parce que, dans le verset suivant, ces êtres humains commencent à se défendre. Ils disent: «Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en Ton Nom? N’avons-nous pas chassé de démons en Ton Nom? N’avons-nous pas  accompli de miracles en Ton Nom?».

Il ne s’agit donc pas de simples «pratiquants» occasionnels. Ce sont des êtres humains qui ont fait des choses extraordinaires. Ils ont prophétisé, ils ont chassé des démons, ils ont accompli des miracles. Selon tous les critères extérieurs, c’étaient des figures de proue de la Foi, ceux que tous les autres admiraient.

Est-ce que cela impressionne Jésus, Lui Qui – comme Son Père – a la capacité de « sonder les reins et les cœurs »? Non, pas du tout! Jésus les regarde et prononce ces terribles mots qui devraient faire trembler tout être humain qui, jusque-là, s’est seulement reposé sur ses seules pratiques religieuses. Il leur dit:

«Je ne vous ai jamais connus. Éloignez-vous de moi.».

Il ne dit pas: «Je vous ai connu autrefois.». Il ne dit pas, non plus: «Autrefois, nous avons eu un lien, mais, depuis lors, vous vous êtes éloignés.». Il dit: «Je ne vous ai jamais connus. Éloignez-vous de moi.». Cela veut dire qu’en réalité entre Lui et eux il n’y a jamais eu de véritable lien. Il n’y a jamais eu d’authentique relation. Cela veut dire: «Certes, en apparence, vous avez fait des choses pour Moi, mais, en réalité, vous n’avez jamais vraiment été avec Moi.».

Surtout pour tous ceux qui se considèrent comme des bons Chrétiens, cela soulève une immense question: Si des êtres humains qui ont prophétisé, chassé des démons et accompli des miracles peuvent être rejetés, alors qu’est-ce qui permet réellement d’entrer dans le Royaume de Dieu? Pour répondre à cette question, il faut notamment considérer une conversation que Jésus a eue avec un jeune homme qui est venu lui poser l’une des plus importantes questions – si ce n’est même la question la plus importante – que l’on puisse jamais poser.

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Jésus et le jeune homme riche

Jésus et le jeune homme riche

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Le jeune homme riche

Cet épisode est relaté dans l’Évangile de Matthieu, au chapitre XIX, et c’est probablement l’un des passages les plus mal compris de toute la Bible. C’est le célèbre épisode dit «du jeune homme riche». Un jeune homme riche s’approche de Jésus en courant et il Lui pose la question, celle qui – nous seulement pour lui mais pour tout le monde! – compte plus que tout le reste:

«Maître, quelle bonne action dois-je accomplir pour obtenir la Vie éternelle?».

Maintenant, faites bien attention à la façon dont Jésus répond, parce qu’Il ne donne pas forcément la réponse à laquelle l’on pourrait s’attendre. Il commence, toutefois, de classique manière, par évoquer les Commandements:

«Tu ne dois pas tuer.» «Tu ne dois pas briser un mariage.» «Tu ne dois pas voler.» «Tu ne dois pas porter de faux témoignages contre Ton prochain.» «Tu dois honorer Père et Mère.» «Aime Ton prochain comme Toi-même.».

En entendant cela, le jeune homme riche ne montre aucune hésitation. Il dit:

«Tout cela je le pratique déjà. Que me manque-t-il encore?».

Et là, l’on sent presque ce moment suspendu dans l’air, parce que, en apparence, ce jeune homme a tout fait comme il faut. Il a suivi les bonnes Règles depuis sa jeunesse. Il est  moral, il est obéissant à Dieu. Manifestement, il est sincère, il ne fait pas semblant. Mais Jésus le regarde et voit ce que personne d’autre ne peut voir. Il voit la seule chose à laquelle ce jeune homme s’accroche plus fort qu’à Dieu. Et alors, Il prononce la Parole qui fait tout basculer: 

«Si Tu veux être parfait, va, vends ce que Tu possèdes et donne-le aux pauvres et Tu auras un Trésor dans les Cieux. Puis viens et suis-Moi.».

Là, pour le jeune homme riche au nom inconnu, c’est le coup de massue. Et le jeune homme s’en va tout triste, «parce qu’il avait de grands biens».

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Le Christ et le jeune homme riche

Le Christ et le jeune homme riche

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Voici maintenant où, souvent, les êtres humains se trompent sur cette histoire. Ils entendent «grands biens» et ils pensent alors que Jésus dit que l’argent est mauvais, que les riches ne peuvent pas entrer au Paradis, qu’il faut – comme les moines de nombreux ordres monastiques (exemple, les Franciscains de François d’Assise) –  faire vœu de pauvreté pour être sauvé.

Mais ce n’est pas du tout ce qui se passe ici. Jésus n’a pas dit à chaque être humain qu’Il rencontrait sur Son chemin de tout vendre. Par exemple, il ne l’a pas dit à Zachée, le collecteur d’impôts. Il ne l’a pas dit, non plus, à Nicodème, membre du Sanhédrin. Il ne l’a pas dit, non plus, à Joseph d’Arimathie, autre membre du Sanhédrin, qui, lui aussi, était riche et qui est pourtant décrit comme étant l’un des 72 Disciples de Jésus. 

Alors, pourquoi l’a-t-il dit à ce jeune homme, en particulier? Probablement parce que, pour ce jeune homme, la richesse était le problème. Il y était attaché. C’était le seul domaine de sa vie qu’il n’était pas prêt à abandonner. Il aurait suivi chaque Commandement, assisté à chaque office, obéi à chaque Règle. Mais quand Jésus, en substance, lui a dit: «Donne-moi la seule chose à laquelle Tu T’accroches plus qu’à Moi», là c’était trop pour lui, il n’a pas pu le faire. Et c’est la vraie leçon. Fondamentalement, cela n’a jamais été une question d’argent. C’était la question de savoir ce qui, pour l’être humain, a le plus d’importance: Dieu ou Mammon. Qu’est-ce qui, en lui, occupe la première place? Donc ce qui se tient au plus haut dans son cœur, en lieu et place de Dieu.

Pour ce jeune homme, c’était la richesse, mais pour d’autres, cela pourrait être une femme ou un enfant, la carrière ou la célébrité, ou le besoin de tout contrôler (tyrannie) ou l’approbation des autres, ou le confort, ou une relation dont un être humain sait qu’elle l’éloigne de là où il devrait être, mais qu’il refuse de lâcher. Jésus a mis en lumière quelque chose que le comportement religieux seul ne peut jamais suffire à satisfaire. Il a mis en lumière ce qu’il est possible d’appeler la «loyauté divisée».

Et c’est exactement ce qui fait le lien avec les êtres humains mentionnés dans Matthieu VII, qui ont été rejetés. Ils disaient: «Seigneur, Seigneur», ils faisaient des choses impressionnantes en Son Nom, mais – fondamentalement –, en premier lieu, leur cœur appartenait à autre chose. Ils voulaient les avantages que procure le fait de connaître Dieu, mais sans payer le prix d’un véritable Abandon à Lui.

Certes, en apparence, le jeune homme riche œuvrait pour Dieu, mais il Le servait avec son intellect, sans jamais vraiment Lui appartenir.

Qui peut être sauvé?

Après que le jeune homme riche s’en soit allé, Jésus Se tourne vers Ses Disciples et Il prononce alors l’une des Paroles les plus célèbres de toute l’Écriture Sainte:

– «En Vérité, je vous le dis, il est plus facile à un chameau de passer par le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu.».

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Il est plus facile à un chameau d'entrer dans le chas d'une aiguille

Il est plus facile à un chameau d’entrer dans le chas d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu

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Et les Disciples sont stupéfaits, complètement déstabilisés, parce que, dans leur culture, la richesse était perçue comme un signe de la Bénédiction de Dieu. Si un homme riche ne pouvait pas y entrer, alors qui le pouvait? L’un Lui pose d’ailleurs alors la question:

«Alors, qui peut être sauvé?».

Et Jésus répond par une Phrase qui bouleverse tout le cadre de la réflexion: 

– «Aux êtres humains, c’est impossible, mais à Dieu tout est possible.».

Autrement dit, cela pourrait vouloir dire que personne ne gagnerait seul sa place au Paradis. Personne ne serait assez bon de par ses propres mérites. Le riche ne peut bien évidemment pas acheter son entrée au Paradis. L’homme moral ne peut pas y arriver rien qu’en suivant des règles morales, même excellentes. L’homme religieux ne peut pas y parvenir rien que par ses performances religieuses. Le Salut ne serait pas un accomplissement humain mais plutôt un Sauvetage divin, exigeant, toutefois, un Abandon total.

Cette impuissance apparente de l’être humain à se sauver lui-même, voilà, précisément, ce qui désespérait Martin Luther. Et voilà ce qui l’a aussi incité à élaborer sa doctrine dite des « Cinq Sola », à commencer par « Sola Fidéi », soit, en français: « Seulement par la Foi », s’exprimant pas la maxime: « Il n’y a que la Foi qui sauve! », dont le sens originel a, par la suite, souvent été détourné en essayant, par exemple, de lui faire faussement dire: « Même si ce n’est pas vrai, ce n’est pas grave, vrai ou non, l’important c’est d’y croire! ».

L’Enseignement sur la Porte étroite

Et c’est là qu’intervient l’Enseignement sur la Porte étroite, parce que c’est peut-être l’Enseignement de Jésus le plus mal compris de tous.

Dans Matthieu VII, verset 13, Il dit: 

– «Entrez par la Porte étroite. Car large est la porte et spacieux le chemin qui mène à la perdition, et nombreux sont ceux qui s’y engagent. Mais étroite est la Porte et resserré le Chemin qui mènent à la Vie, et il y en a  peu qui les empruntent.».

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La Porte Etroite

La Porte Étroite

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Quand les êtres humains entendent «Porte étroite», ils pensent généralement que cela signifie des règles strictes. Vivre une vie plus disciplinée, être moralement plus rigoureux que la moyenne. En gros, faire plus d’efforts dans la religion. Mais cette interprétation a un défaut fatal, parce que, justement!, les pharisiens faisaient plus d’efforts dans la religion que quiconque par ailleurs.

Pensez à qui étaient les pharisiens. C’étaient des êtres humains qui avaient mémorisé les cinq premiers Livres de la Bible (le «Pentateuque»), mot pour mot. Ils donnaient la Dîme sur tout, même sur leurs épices de cuisine. Ils jeûnaient deux fois par semaine. Ils priaient plusieurs fois par jour, à des heures précises. Ils avaient construit toute leur identité et leur raison d’exister autour de l’obéissance à la Loi de Dieu.

Pourtant, Jésus les a regardés et leur a adressé certaines des Paroles les plus dures jamais consignées dans les Ecritures. Il les a appelés des «sépulcres  blanchis», beaux à l’extérieur, remplis d’ossements et de pourriture à l’intérieur. Il les a appelés des guides aveugles. Il leur a dit que les collecteurs d’impôts et les prostituées entreraient dans le Royaume de Dieu avant eux. Les êtres humains qui suivaient chaque règle, mémorisaient chaque verset et consacraient toute leur vie à la discipline religieuse se faisaient dire que ceux qu’ils méprisaient intérieurement entreraient en premier, avant eux, au Paradis. C’était raide! Et dur à digérer…

Pourquoi? Parce que les pharisiens avaient maîtrisé le jeu des apparences, tandis que leur cœur restait à eux. Ils aimaient l’apparence de la vertu plus que la Vertu elle-même. Ils aimaient les flatteries des êtres humains plus que l’Approbation de Dieu. Ils aimaient être considérés comme des justes plus qu’être réellement des Justes.

Et c’est le Point sur lequel Jésus revenait sans cesse, encore et encore, conversation après conversation. L’extérieur n’a aucune importance, si l’intérieur n’a pas changé. Alors, si la Porte étroite ne concerne pas des règles strictes, de quoi s’agit-il? C’est ce qu’il est possible d’appeler l’Abnégation ou encore l’Abandon. Un Abandon total, inconditionnel, sans rien retenir. C’est  la mort du «vieil homme», de l’«ego», de l’«Eigensinn», c’est-à-dire du sens personnel obstiné.

C’est lâcher prise sur l’idée que vous dirigez votre propre vie et admettre que vous avez besoin de Quelqu’un d’Autre pour la guider. C’est  ce que le jeune homme riche n’a pas pu  faire. C’est ce que les pharisiens ont refusé de faire et c’est ce que les êtres humains décrits dans Matthieu VII pensaient pouvoir contourner avec des états de «service religieux» absolument impressionnants..

L’Enseignement de Jésus sur l’Abnégation, l’Humilité et la Modestie

Dans Matthieu, chapitre VI, Jésus dit:

– « Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les êtres humains, pour en être vus; autrement, vous n’aurez point de Récompense auprès de votre Père qui est dans les Cieux. »

– « Lorsque, donc, Tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant Toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les êtres humains. Je vous le dis, en Vérité, ils reçoivent {là déjà} leur récompense. Mais quand Tu fais l’aumône, que Ta main gauche ne sache pas ce que fait Ta main droite, afin que Ton aumône se fasse en secret; et Ton Père, qui voit dans le secret, Te le rendra. »

– « Lorsque vous priez, ne soyez pas comme les hypocrites, qui aiment à prier debout dans les synagogues et aux coins des rues, pour être vus des êtres humains. Je vous le dis en Vérité, ils ont déjà reçu leur récompense. Mais quand Tu pries, entre dans Ta chambre, ferme Ta porte, et prie Ton Père Qui est là dans le lieu secret; et Ton Père, qui voit dans le secret, Te le rendra. ».

« Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux êtres humains qu’ils jeûnent. Je vous le dis, en Vérité, ils reçoivent {déjà} leur récompense. Mais quand Tu jeûnes, parfume Ta tête et lave Ton visage, afin de ne pas montrer aux êtres humains que Tu jeûnes, mais à Ton Père qui est là dans le lieu secret; et Ton Père, qui voit dans le secret, Te le rendra. »

Le Secret dont il s’agit ici n’est autre que le Secret Magnifique dont nous avons déjà parlé. C’est le Silence autour de la bonne action qui en fait tout le prix et toute la valeur. Le fait d’en parler à la cantonnade lui fait perdre toute sa valeur. Le vaniteux bavard nourrissant son ego en attirant l’attention sur lui et en recherchant des flatteries a ainsi lui-même perdu la Récompense que Dieu lui destinait.

Il est évident que – de quoi qu’il s’agisse – si un être humain accomplit une bonne action pour être vu, la valeur de son acte est annihilée dès le départ. La Force Divine qui reflue en Bénédiction est détournée de son cours normal et ne sert qu’à nourrir et faire s’enfler encore davantage les démons de la vanité auxquels – qu’il en soit ou non le producteur initial – il est, de ce fait, auto-activement relié.

Suivre Jésus en portant sa Croix

Comment l’être humain peut-il et doit-il se laisser guider par Jésus? Jésus l’a formulé de la manière la plus claire possible dans l’Évangile de Luc chapitre IX, verset 23:

– «Si quelqu’un veut être Mon Disciple, qu’il renonce à lui-même, que, chaque jour, il prenne sa Croix et qu’il Me suive.

Avec le mot «Croix» beaucoup pensent qu’il s’agit d’accompagner Jésus sur Son chemin de croix (Sa passion). Mais il ne s’agit nullement de la croix comme gibet mais de la Croix de la Vérité. Prendre sa Croix ou porter sa Croix ne signifie pas aller à la mort par crucifixion, mais vivre en totale correspondance avec la Vérité!

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Vivre selon la Vérité

Vivre selon la Vérité

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Si Jésus a dit à Ses Disciples que l’accès au Royaume de Dieu exige une mort, il ne s’agit pas la mort du corps gros-matériel, mais de la mort du «vieil homme», la mort de l’ego! La mort de cette version de vous qui s’assoit sur son propre trône, établit ses propres règles et traite Dieu comme un valet à son service plutôt que comme un Roi à qui il convient de rendre des comptes.

C’est cela la Porte étroite. C’est cela qui est exigeant. Et c’est pour cela que peu la trouvent. Non pas parce que la Porte est cachée quelque part, au contraire elle se tient là devant «tout le monde».  Mais la franchir vous coûte tout ce que vous pensiez avoir le droit de posséder. Vos idées reçues, vos projets, votre maîtrise sur votre propre vie, votre identité, votre cadre de vie, votre confort.

Et pour beaucoup d’êtres humains, ce prix est tout simplement «trop élevé». Ils préfèrent une version de la foi qui leur permette de continuer à diriger leur propre vie à leur guise, tout en y ajoutant Dieu comme un élément de décor, plaisant mais accessoire, un filet de sécurité, une assurance pour quand les choses tournent mal.

Mais Jésus n’a jamais proposé cette version de la Foi. Ce qu’Il a exigé, c’est tout ou rien, et, dès le départ, Il a été parfaitement clair à ce sujet. Dans Luc, chapitre XIV, Il rend cela douloureusement clair. Il dit:

– «Celui qui ne porte pas sa Croix et ne Me suit pas ne peut pas être Mon Disciple.».

Un homme construit une tour et un roi part en guerre

Puis Il donne deux exemples. Un homme qui construit une tour et qui doit calculer le coût avant de commencer le chantier et un roi qui part en guerre et qui doit évaluer s’il a assez de soldats avant d’affronter l’ennemi. Le sens de ces deux exemples est le même: « Ne commencez pas quelque chose si vous n’êtes pas prêt à le finir. » « Ne dites pas que vous Me suivez si vous n’êtes prêts à le faire que lorsque cela vous arrange. ».

Dans ce même passage, Il dit quelque chose qui Le ferait immédiatement rejeter s’Il le disait aujourd’hui. Quiconque, parmi vous, ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut pas être mon Disciple. Il ne dit pas: «devrait envisager de renoncer». Il ne dit pas: «pourrait y réfléchir». Il dit: «ne renonce pas.». C’est une Ligne ferme et c’est là que le Christianisme «moderne» a combattu avec insistance, parce que la version de la Foi qui est devenue culturellement dominante dans de nombreuses parties du monde ne met l’accent sur rien de tout cela. Le message qui est diffusé, amplifié et emballé pour la consommation de masse tend à être bien plus «soft». Cela ressemble à: «Dieu (ou Jésus) vous aime. Il a un plan pour votre vie. Croyez simplement, dites cette prière et ça y est, vous faites partie de la famille.».

Il est vrai que Dieu aime infiniment les êtres humains. Cela est clairement enseigné dans toute l’Écriture Sainte. Mais l’amour et l’abandon ne sont pas des contraires dans la Bible. Dans «Abandon» il y a «Don». Les deux vont parfaitement ensemble. En  fait, Jésus a défini l’Amour par l’obéissance (d’origine latine, le mot «obéir» veut dire «aller en haut»).

Dans Jean, chapitre XIV, Jésus dit:

– «Si vous M’aimez, gardez mes Commandements.».

Et dans la première Épître de Jean, chapitre V, il  est écrit:

– «L’Amour de Dieu consiste à garder Ses Commandements.».

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Honore Père et Mère

« Honore Père et Mère »

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L’idée qu’on peut aimer Dieu et en même temps refuser de se soumettre à Lui ne se trouve nulle part dans le Texte. C’est une invention culturelle, une réécriture confortable qui rend l’Évangile plus «socialement-correct» et facile à accepter, mais qui le dépouille de ce qui le rend vrai et salvateur. Et, dans Son Omnisagesse, Jésus avait anticipé cela. Il savait que les êtres humains s’empareraient de Son Message et le dilueraient. C’est notamment pour cela qu’Il a donné la Parabole du Semeur, dans Matthieu, chapitre XIII.

La Parabole du Semeur

Un Semeur sort pour répandre des graines. Certaines tombent sur le chemin et les oiseaux les mangent. D’autres tombent sur un sol rocailleux, germent rapidement mais meurent, parce qu’elles n’ont pas de racines. D’autres encore tombent parmi les épines qui poussent et étouffent la plante, et d’autres enfin tombent sur la bonne terre et produisent une abondante récolte. Jésus explique ensuite chaque cas. La graine sur le chemin représente quelqu’un qui, certes, entend le Message mais ne le comprend pas. L’ennemi vient et l’arrache. La graine sur le sol rocailleux représente quelqu’un qui entend le Message et le reçoit avec Joie. Il est enthousiaste, il est à fond. Mais quand les difficultés ou la persécution arrivent à cause de la Parole, il abandonne vite. Il n’y a pas de racines, pas de profondeur. C’était une adhésion sentimentale sans véritable engagement. La graine parmi les épines représente quelqu’un qui entend la Parole, mais les soucis de cette vie et l’attrait trompeur de la richesse l’étouffent et la rendent stérile. C’est le jeune homme riche. C’est la  personne qui veut Dieu et le monde à parts égales et le monde finit par gagner.

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Parabole du Semeur

La Parabole du Semeur

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Interprétation

Seule la graine dans la bonne terre représente quelqu’un qui entend la Parole, la comprend et produit du fruit. 30, 60 ou même 100 fois ce qui a été  semé. 3 cas sur 4 se terminent donc par un échec. Et remarquez que deux de ces trois cas concernent des personnes qui avaient effectivement accueilli la Parole. Elles l’avaient entendue, elle l’avait acceptée. L’une d’entre elles l’avait même acceptée «avec Joie». Mais cela n’a pas duré, parce qu’il n’y avait pas de profondeur, pas de racines, pas de volonté de perdurer dans le temps. C’est cela le Chemin étroit. Il ne s’agit pas seulement de s’y engager, il s’agit d’y rester quand le Chemin devient difficile et le Chemin devient effectivement difficile. Jésus n’a jamais affirmé le contraire. Dans Jean, chapitre XVI, Il a dit clairement à Ses Disciples:

– «Dans ce monde, vous aurez des épreuves.».

Pas «vous pourriez avoir des épreuves», pas «si vous  n’avez pas de chance des épreuves pourraient survenir». Vous aurez des épreuves. C’est une certitude.

Mais Il ajoute:

– «Ayez Courage, J’ai vaincu  le monde.».

La Promesse n’a jamais été une vie sans épreuves. La Promesse c’était Sa Présence au milieu des épreuves et c’est une offre très différente de ce qui est souvent présenté aujourd’hui. Et Jésus n’a pas seulement enseigné cela à travers des Paraboles et des Entretiens. Il l’a aussi montré par la façon dont Il a choisi Ses propres Disciples.

Le Choix des Apôtres

Pensez à qui Jésus a choisi pour être Ses 12 Apôtres. Il n’est pas allé dans les synagogues recruter les meilleurs élèves. Il n’a pas choisi les êtres humains ayant la meilleure formation théologique ou les parcours religieux les plus impressionnants.

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Jésus choisit Ses premiers Apôtres

Jésus choisit Ses premiers Apôtres

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Il est allé sur les rives du Lac de Génésareth et a choisi des pêcheurs. Il a aussi appelé un collecteur d’impôts – Matthieu -, un métier considéré, dans la société  juive, comme de la trahison et moralement méprisable. Il a choisi des hommes ordinaires sans instruction, issus du petit peuple, qui n’avaient aucune référence religieuse.

Et les êtres humains qui, au contraire, avaient, eux, des références, les scribes, les pharisiens, les élites religieuses, c’étaient, en fait, ceux qui – le plus violemment – se sont opposés à Lui. Ce sont, d’ailleurs, eux qui, en définitive, ont fini par réussir à Le faire arrêter, condamner et assassiner.

Ce schéma traverse d’ailleurs toute la Bible. Dieu a constamment choisi les êtres humains les plus « improbables », apparemment les moins qualifiés mais qui étaient capables de s’abandonner à Lui, plutôt que les gens polis, intelligents, puissants et autosuffisants.

David était le plus jeune fils – le Benjamin de la famille -, un simple berger, lorsque Dieu l’a choisi pour devenir Roi d’Israël. Moïse avait un problème d’élocution et était un fugitif d’Égypte. Gédéon se cachait dans un pressoir quand l’Ange l’a appelé un vaillant guerrier. Rab était une prostituée qui a fini par figurer dans la Lignée de Jésus. Aucun d’entre eux n’avait un parcours impressionnant. Tous avaient un point commun. Quand Dieu a appelé, ils ont répondu oui. Quand Il leur a demandé d’avancer, ils ont avancé. Pas parfaitement, pas sans doutes ni sans échecs. Mais ils ont confié leur direction à Sa Guidance.

Et c’est exactement ce que le jeune homme riche, les pharisiens et les faiseurs de miracles dont il est question dans Matthieu VII ont refusé de faire. Ils voulaient Dieu à leurs conditions. Ils voulaient garder le contrôle du volant et avoir Dieu comme passager, un passager qui offre un joli paysage et une protection contre les accidents. Mais Dieu ne monte pas comme passager. C’est tout le propos. Jésus a illustré cela davantage dans la Parabole du Festin de Noces, racontée dans Matthieu XXII.

La Parabole du Festin des Noces

Un roi prépare un banquet de noces pour le mariage de son fils et envoie des invitations aux convives attendus. Mais ils refusent de venir. Ils ont autre chose à faire, ils trouvent des excuses. L’un a un champ à cultiver, un autre a un commerce à gérer. Ils sont trop occupés, trop absorbés par leur propre vie pour accepter l’invitation. Alors le roi envoie ses serviteurs dans les rues et les ruelles pour inviter tous ceux qu’ils peuvent trouver. Les pauvres, les handicapés, les exclus, etc. des gens qui n’auraient jamais pensé recevoir une invitation à un mariage royal, et la salle du banquet se  remplit…

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Parabole du Festin des Noces

Parabole du Festin des Noces

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Mais il y a, dans cette histoire, un détail auquel les êtres humains, souvent, ne font pas attention. Le roi entre dans la salle et voit un homme qui ne porte pas le vêtement de noces et il le questionne: «Mon ami, comment es-Tu entré ici, sans l’habit de noces?!».

L’homme reste  sans voix et le roi le fait jeter dehors. Cela semble sévère, jusqu’à ce que l’on comprenne le contexte. Dans la culture du Moyen-Orient, au 1er siècle, l’hôte d’un mariage fournissait lui-même les vêtements de noces aux invités. L’homme sans habit de noces n’avait pas été privé de vêtement de noces. Le Maître de maison le lui avait offert et il l’avait juste refusé.

Par conséquent, il s’était présenté à ses propres conditions, avec ses propres habits, en rejetant ce que le Roi avait lui-même mis à sa disposition. Et c’est toute l’image. Dieu fournit le vêtement. Dieu fournit la Justice. Dieu fournit le moyen d’entrer. Mais il faut accepter de retirer ce avec quoi l’on est venu et de revêtir ce qu’Il offre à la place. Il faut échanger sa propre version contre la Sienne. L’homme qui a été jeté dehors ne l’a pas été parce qu’il n’en était pas digne. En réalité, personne, dans cette salle, n’en était digne. C’étaient des mendiants venus des quatre coins des rues. Il a été jeté dehors parce qu’il a refusé le Don. Il voulait entrer, mais il voulait entrer avec ses propres habits, sa propre justice, ses propres conditions.

L’Apôtre Paul a abordé cela directement dans son Épitre aux Romains. Il a écrit au sujet du Peuple d’Israël qui a cherché la Justice par ses propres efforts et ne l’a pas atteinte, tandis que les païens qui ne la cherchaient même pas l’ont reçue par la Foi. Parce qu’Israël a essayé d’établir sa propre justice, il ne s’est pas soumis à celle de Dieu. Cette phrase est essentielle. Ils ne se sont pas soumis. Ce n’est pas qu’ils n’ont pas fait assez d’efforts. Ce n’est pas qu’ils n’en savaient pas assez. Ils ne se sont pas soumis. Ils ont refusé l’Abandon.

Et cela nous amène à autre chose que Jésus a dit et qui est souvent sorti de son contexte. Dans Jean, chapitre III, verset 16, peut-être le verset le  plus connu de la Bible, il est dit: «Car Dieu a tant aimé le Monde qu’Il a donné Son Fils, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais ait la Vie éternelle.»

Le mot « Crois », en grec ancien, vise haut et ne signifie pas un simple accord intellectuel. Il ne veut pas dire «J’accepte que ceci est un fait.». Il signifie faire confiance, s’appuyer sur, s’engager envers. C’est le genre de croyance qui change la façon dont l’on vit. Le genre de croyance qui met vos pieds en mouvement, pas seulement votre tête. Même les démons croient que Dieu existe. Jacques le souligne directement. Tu crois qu’il y a un seul Dieu? C’est bien. Les démons aussi le croient et ils tremblent. Une croyance qui ne produit pas d’Abandon n’est pas le genre de croyance dont Jésus parlait. C’est un savoir intellectuel sans transformation du cœur. C’est le fils aîné, dans la Parabole de l’Enfant Prodigue, certes présent dans la maison du père mais vivant comme un étranger.

Alors où cela nous mène-t-il? Si la Porte est étroite, si peu la trouvent, si même des faiseurs de miracles peuvent être rejetés, y a-t-il le moindre espoir??? Oui! Et cet espoir est, en réalité, plus simple que ce que les êtres humains en font.

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Jésus Enseignant

Jésus Enseignant

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Le Cep et les sarments

Dans Jean, chapitre XV, Jésus utilise une Image qui change toute la perspective. Il dit:

– «Je suis le Cep. Vous êtes les sarments. Si vous demeurez en Moi et Moi en vous, vous  porterez beaucoup de fruits. Sans Moi, vous ne pouvez rien faire. Demeurez en Moi.».

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Je suis le Cep et vous êtes les sarments

Je suis le Cep et vous êtes les sarments

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Voilà l’Instruction. Il ne dit pas «travaillez pour moi», Il ne dit pas «impressionnez-moi avec vos exploits religieux», pas «construisez un parcours spirituel qui prouve que vous méritez d’être là». Non, Il dit: «Demeurez en Moi», c’est un langage relationnel. C’est le langage du lien, de la proximité, de la constance. Il s’agit de bâtir toute sa vie autour de la présence auprès de Lui plutôt que de la performance pour Lui. Et remarquons l’Avertissement contenu dans cette image. Il dit «Si quelqu’un ne demeure pas en Moi, il est jeté dehors comme le sarment et il sèche. On ramasse les sarments, on les jette au feu et ils brûlent.».

Ce n’est pas une image rassurante, c’est un Avertissement direct montrant que Connexion n’est pas facultative. Ce n’est pas un ajout à la vie chrétienne, c’est la vie chrétienne elle-même. Sans le Cep, le sarment ne fait pas que lutter, il meurt. Et remarquez que Jésus ne dit pas: «Sans Moi, vous pouvez faire moins.». Il dit: «Sans Moi, vous ne pouvez rien faire.». Rien. Toute l’activité impressionnante, les prophéties, les exorcismes, les miracles. Si cela ne découlait pas d’un lien authentique avec le CEP, ce n’était rien. C’était un sarment qui semblait vivant mais qui était déjà coupé du Cep et donc, en réalité, mort.

Cela explique quelque chose qui intrigue beaucoup d’êtres humains au sujet de l’état du Christianisme, aujourd’hui: Pourquoi y a-t-il autant de personnes qui se disent chrétiennes mais dont la vie ressemble en tous points à celle de « tout le monde »? Pourquoi les sondages montrent-ils constamment que les personnes qui se déclarent croyantes mentent au même rythme, trompent au même rythme, divorcent au même rythme et sont en proie aux mêmes addictions que celles qui ne croient pas du tout, les mécréants?

La réponse est toute simple: Parce que beaucoup d’entre elles sont des sarments qui ne sont pas reliés au CEP. Elles ont l’étiquette, elles ont l’identité culturelle, elles ont peut-être même un registre d’assiduité à l’église (genre «carte de messe») et un autocollant pieux sur leur voiture. Mais il n’y a pas de sève qui circule. Il n’y a pas de vie qui passe à travers le lien. C’est le contenant sans le contenu. Manifestement ces personnes adhèrent à l’intellect collectif, cet immense égrégore constitué de toutes les pensées humaines se voulant «humanistes» mais, en réalité, inféodées aux ténèbres.

C’est exactement contre cela que Paul a mis Timothée en garde. Il a écrit au sujet d’êtres humains qui ont l’apparence de la piété mais qui en renient la puissance. Ils en ont l’allure, ils en ont le discours. Mais quand on regarde le fruit, il n’y a rien. Et le fruit est le critère que Jésus a donné. Pas l’activité, pas le bruit, pas la performance religieuse, le fruit. « C’est à leurs œuvres que vous les reconnaîtrez. ».

Dans Matthieu, chapitre VII, juste avant le passage sur «Je ne vous ai jamais connus», Il dit: « Vous les  reconnaîtrez à leur fruits. Cueille-t-on du raisin sur des ronces ou des figues sur des chardons? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. ». Le fruit dont Il parle, ce ne sont pas les miracles ni le succès dans le ministère. Paul décrit le fruit de l’esprit dans l’Épître aux Galates, chapitre V. L’Amour, la Joie, la Paix, la Patience, la Bonté, la Bienveillance, la Fidélité, la Douceur, la Maîtrise de soi. Ce sont les marques  d’une vie réellement reliée au CEP.

Ce sont les choses qui poussent naturellement quand quelqu’un demeure véritablement dans le Christ plutôt que de jouer un rôle devant un public. L’on peut imiter des miracles, l’on peut imiter des prophéties, l’on peut imiter l’enthousiasme religieux, mais l’on ne peut pas imiter la Patience quand tout s’effondre. L’on ne peut pas imiter un Amour sincère pour quelqu’un qui vous a fait du tort. L’on ne peut pas imiter la Paix au milieu du chaos. Ce genre de fruit ne pousse qu’à partir de vraies racines.

Les êtres humains dont il est question dans Matthieu VII et qui ont été rejetés faisaient des choses pour Jésus. Ils prophétisaient pour Lui. Ils chassaient des démons pour Lui, ils accomplissaient des miracles pour Lui, mais ils n’ont jamais vécu avec Lui. Ils  avaient le parcours mais pas la relation, les références mais pas le Lien. Et c’est pourquoi Il a dit: «Je ne vous ai jamais connus.».

Parce que «connaître», au sens biblique, n’est pas une question d’information, c’est une question d’intimité. C’est le même mot utilisé quand la Genèse dit qu’Adam connut Ève. Cela implique de la profondeur, de la proximité, une communion mutuelle, qui va bien au-delà d’une interaction superficielle.

Dieu ne cherche pas des  employés, mais en tant que Père de Ses créatures, Il cherche des enfants. Pas des travailleurs engagés qui pointent le Dimanche et repartent le lundi, mais des fils et des filles qui vivent dans la Maison et reconnaissent la Voix du Père.

 

Jésus enseigne

Jésus enseigne

 

La Parabole de l’enfant prodigue

Jésus a raconté une Parabole à ce sujet dans Luc, chapitre XV. C’est la Parole dite du fils perdu dans la culture germanique et de l’enfant prodigue dans la culture francophone. La voici: Un  homme a deux fils. Le plus jeune prend son héritage, quitte la maison et gaspille tout, au cours d’une vie de  débauche. Il finit par se retrouver ruiné, affamé. Réduit à nourrir des cochons, il reprend ses esprits et rentre chez lui, prêt à supplier son père de le prendre comme serviteur. 

Mais le père ne le laisse pas finir son discours. Il court vers lui, le prend dans ses  bras, lui met un manteau sur le dos, un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Il organise une fête, parce que son fils était perdu et maintenant il est retrouvé. Il était mort et maintenant il est vivant. Voilà l’image. Le père ne se tient pas à la porte avec un registre pour cocher des reproches ou des conditions. Il descend le chemin en courant à la rencontre de celui qui est enfin rentré à la maison. 

Mais voici la partie de la Parabole que les êtres humains passent souvent sous silence. Cela concerne le fils aîné. Le fils aîné est resté à la maison, tout ce temps. Il a suivi les règles. Il a travaillé aux champs. Il n’est jamais parti, ne s’est jamais rebellé, n’a jamais gaspillé un sou et, lorsqu’il apprend que son père organise une fête pour le retour du plus jeune, il est furieux. Il dit: «Voilà tant d’années que je travaille pour Toi comme un esclave et je n’ai jamais désobéi à Tes ordres et Tu ne m’as jamais donné ne serait-ce qu’une chèvre pour que je festoie avec mes amis.».

Vous entendez ce qu’il dit? Il dit: « Je travaille pour Toi comme un esclave. ». Il a été dans la maison tout ce temps, mais il vivait comme un serviteur, pas comme un fils. Il obéissait par obligation, pas par Amour. Il restait par devoir, pas par aspiration. Il suivait chaque règle, mais son cœur n’y était jamais vraiment.

Et c’est l’attitude même du pharisien. C’est l’être humain religieux qui coche toutes les cases mais n’agit vraiment jamais par pur Amour du Père. Il est dans la maison, mais il ne connaît pas le Cœur du Père. Il travaille aux champs, mais il ne s’assied jamais à sa table.

Jésus a raconté cette Parabole pour mettre en lumière les deux faces du problème. L’on peut certes fuir loin de Dieu, comme l’a fait le fils cadet de la Parabole du Fils perdu, mais l’on peut aussi se tenir juste à côté de Dieu et, dans les faits, se tenir encore loin de Lui, comme le fils aîné.

Un cœur de chair au lieu d’un cœur de pierre

La Porte étroite ne dépend pas du lieu dans lequel l’on se trouve physiquement. Elle dépend de là où se trouve votre cœur. Et voici la partie qui relie tout cela. Dans Ézéchiel, chapitre XXXVI, Dieu fait une Promesse par la bouche du Prophète. Il dit:

«Je vous donnerai un Cœur nouveau et Je mettrai en vous un Esprit nouveau. J’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. Je mettrai Mon Esprit en vous et Je ferai en sorte que vous suiviez Mes Lois et que vous observiez Mes Commandements.

Voilà la solution. Pas faire plus d’effort, pas s’acharner à obéir par la seule force de la volonté intellectuelle, la solution c’est un cœur nouveau, pour ainsi dire une greffe. Dieu retire le cœur de pierre, celui qui résiste, qui s’accroche, qui partage sa loyauté avec des choses sans réelle valeur et le remplace par un cœur de chair. Un cœur qui veut réellement Le suivre, un cœur qui répond naturellement à Sa Voix, non pas parce qu’il le doit, mais parce qu’il est devenu Nouveau.

C’est manifestement ce que Jésus voulait dire lorsqu’Il a dit à Nicodème: «Tu dois naître de nouveau.». Nicodème  était un pharisien, un docteur de la Loi en Israël, un homme qui connaissait les Saintes Écritures «par cœur», ou plutôt «par tête». Et Jésus lui a dit que tout ce qu’il savait, que tout ce qu’il avait accompli sur le plan religieux ne suffisait pas. Il avait besoin d’un complet nouveau départ, d’une Nouvelle Naissance, pas gros-matérielle mais spirituelle.

Et cette Nouvelle Naissance n’est pas vraiment quelque chose que l’on fabrique soi-même. C’est quelque chose que l’on reçoit. Elle se produit – la Nouvelle Naissance – lorsque l’on arrête d’essayer de mériter sa place et que l’on admet qu’en réalité l’on en est incapable. Quand on arrête de jouer un rôle et que l’on commence à s’abandonner. Quand l’on arrive au bout de soi-même et que l’on dit: «Je n’y arrive pas tout seul. J’ai besoin de Toi.». Voilà la Porte étroite. Pas une épreuve de force, mais plutôt un Abandon à la Force.

Et Jésus a donné une dernière illustration qui rend cela parfaitement clair. Dans Matthieu, chapitre XVIII, Ses Disciples viennent vers Lui et posent une question qui révèle exactement leur état d’esprit. Ils demandent qui est le plus grand dans le Royaume des Cieux. Ils pensent en termes de hiérarchie, de statut, qui, parmi eux, obtiendra la meilleure place, qui se classe au plus haut niveau?

C’est une question enracinée dans la même logique que celle des pharisiens, la même que celle du jeune homme riche. Qui a assez fait, assez accompli, assez mérité pour siéger au sommet? Lui, celui-là, un autre, moi? Que fait Jésus? Jésus appelle un petit enfant et le place au milieu d’eux. Puis Il dit:

«En Vérité, Je vous le dis, si vous ne changez pas et ne devenez pas comme les petits enfants, vous n’entrerez jamais dans le Royaume des Cieux. Jamais!».

Il ne dit pas: «Ce sera plus difficile.». Il ne dit pas: «Le chemin sera plus difficile.». Il dit: «Jamais. Et qu’est-ce que Jésus désigne chez un enfant? Les enfants ne viennent pas avec un curriculum à présenter. Ils n’ont pas de réalisations ou de performances à énumérer ni de références à brandir. Un enfant arrive avec rien d’autre que son besoin. Une dépendance totale, une confiance absolue. Un enfant ne négocie pas les termes de la relation avec son père ou sa mère. Il tend simplement la main et prend celle qu’on lui offre. 

C’est l’attitude que Jésus présente comme indispensable pour pouvoir entrer au Paradis. Ce n’est pas celle de l’être humain accompli, pas celle du puissant, pas celle de l’autosuffisant. C’est l’attitude d’un enfant qui sait qu’il ne peut pas y arriver seul et qui n’a pas honte de l’admettre. Le jeune homme riche ne pouvait pas devenir comme un enfant, parce que son identité reposait sur ce qu’il possédait. Les pharisiens ne pouvaient pas devenir comme des enfants, parce que leur identité reposait sur ce qu’ils savaient et sur la rigueur avec laquelle ils suivaient la Loi. Les faiseurs de miracles mentionnés dans Matthieu VII ne  pouvaient pas devenir comme des enfants, parce que leur identité reposait sur ce qu’ils avaient accompli. Chacun d’eux s’accrochait à autre chose que Dieu comme source de sécurité.

Et Jésus demandait à chacun d’eux de lâcher prise. C’est la même demande qu’Il adresse à quiconque veut franchir la Porte étroite. Lâchez ce que vous utilisez comme substitut à Ma Place. Lâchez ce sur quoi vous avez bâti votre identité en dehors de Moi. Venez les mains vides comme un enfant et recevez ce que J’offre. Le jeune homme riche n’a pas voulu abandonner sa richesse. Les pharisiens n’ont pas voulu abandonner leur orgueil. Les êtres humains dont il est question dans Matthieu VII n’ont pas voulu abandonner leur confiance en eux-mêmes. Ils continuaient de montrer ce qu’ils avaient fait, comme si le Paradis était un tribunal et que leurs œuvres étaient des épreuves à surmonter pour y accéder.  Mais le Paradis n’est pas un tribunal, c’est un Foyer. Et l’on ne gagne pas sa place dans un Foyer. L’on y est invité, l’on y est accueilli. Mais il faut vraiment franchir la Porte et l’on ne peut pas la franchir en portant tout ce que l’on a apporté de l’extérieur. Jésus l’a dit Lui-même:

– «Celui qui trouvera sa vie la perdra et celui qui perdra sa vie à cause de Moi la trouvera.».

Perdre sa vie pour la trouver. Abandonner le contrôle pour gagner la Liberté. Tout donner pour tout recevoir, c’est un paradoxe et c’est le Cœur même de l’Évangile. Alors, lorsque Jésus a dit que la raison pour laquelle la plupart des êtres humains n’entreront pas au Paradis n’est pas liée aux péchés évidents, il allait  bien plus en profondeur que quiconque ne s’y attendait. La vraie  barrière, ce n’est pas ce que vous avez fait de mal, c’est ce que vous refusez de lâcher. C’est l’emprise que vous voulez garder sur votre propre vie, le trône que vous ne voulez pas quitter, l’Abandon que vous ne voulez pas faire. Et ce n’est pas un événement ponctuel. Ce n’est pas juste une prière que l’on dit une fois pour passer à autre chose. Jésus a dit: «Prenez votre Croix chaque  jour», c’est chaque jour, chaque matin, le même choix. Est-ce que je dirige ma vie, aujourd’hui, ou est-ce que je Le laisse faire?

Paul avait compris cela. Dans son Épitre aux Galates, il a écrit:

«J’ai été crucifié avec le Christ et ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. La vie que je vis maintenant dans mon corps, je la vis dans la Foi au Fils de Dieu Qui m’a aimé et Qui S’est donné pour moi.».

Voilà le Chemin étroit. Ce n’est pas un chemin de  perfection, c’est un chemin de mort quotidienne de l’ego et de résurrection quotidienne de l’esprit. Mourir à soi-même, revivre dans le Christ, tomber et se relever, échouer et être pardonné, mais toujours avancer vers Lui, ne jamais  s’en éloigner. Et la Beauté de ce Chemin, c’est qu’on ne le parcourt pas seul. Parce que lorsque Jésus a dit «Je suis le Chemin», Il ne voulait pas dire qu’Il montrait « un chemin » en vous souhaitant bonne chance. Il voulait dire qu’Il est le Chemin. Il marche avec vous. Il vous porte quand vous ne pouvez plus  avancer. Il vous relève quand vous  tombez.

Le Berger n’envoie pas une carte routière aux brebis, afin qu’elles la lisent. Il marche devant elles et elles suivent Sa Voix. C’est la relation que Jésus recherche. Pas des serviteurs qui obéissent à des ordres de loin, mais des brebis qui connaissent si bien la Voix du Berger que quand Il  parle, elles avancent. Non par peur, mais par Confiance. Non parce qu’elles le doivent, mais parce qu’elles ont appris que là où Il les conduit c’est toujours mieux que là où elles seraient allées, si elles étaient restées toutes  seules. 

Dans le Livre de l’Apocalypse de Jean, chapitre III, Jésus dit quelque chose qui résume tout en une seule image. Il dit:

– «Me voici. Je me tiens à la porte et Je frappe. Si quelqu’un entend Ma Voix et ouvre la porte, J’entrerais chez lui et Je mangerais avec lui, et lui avec Moi.».

Il n’enfonce pas la porte, Il ne force pas l’entrée. Il frappe et Il attend que quelqu’un ouvre. L’Invitation est là. La Porte est étroite, mais elle n’est pas verrouillée. La question n’a jamais été de savoir si Dieu veut de vous. La question est de savoir si vous Le voulez assez pour lâcher tout ce à quoi vous vous accrochez à Sa place.

Et si vous entendez cela et que quelque chose frémit en vous, quelque chose qui reconnaît que vous avez été sur le large chemin, ou que vous étiez dans la maison comme le fils aîné, mais que vous viviez comme un serviteur ou que vous jouiez un rôle sans véritable Lien avec le Père, ce n’est pas une condamnation, c’est une invitation. Le Père descend le chemin en courant en ce moment même, pas avec la liste de tous vos défauts, de tous vos péchés, et tout ce que vous avez fait de travers, mais avec un manteau, un anneau et, oui, une place à Sa Table. La Porte est étroite, mais elle est ouverte et Il se tient juste là, derrière, attendant que vous la franchissiez… enfin!

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