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La Cène
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La Cène dans son vrai sens
La vénération de l’ostensoir et de l’hostie – même consacrée – n’est pas justifiée. Elle contrevient clairement au Premier Commandement. Mais, étant donné que – pour autant que l’on puisse le savoir – Jésus a clairement dit « Faites ceci en Mémoire de Moi », ceci veut clairement dire que la célébration de la Cène (mot issu du latin «cena» et signifiant «repas du soir» ou «souper») ou « Sainte Cène » (aussi appelée « Eucharistie » ou « Communion » par l’église catholique) ou « Repas du Seigneur », n’aurait pas sa pleine raison d’être. Tout au contraire, il est très important de mettre en pratique la Parole de Jésus. Il convient juste de lui conférer son juste sens.
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La Cène
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Que pouvons-nous savoir au sujet de l’instauration de la Cène par Jésus?
Si l’on se penche sur les récits disponibles, que peut-on apprendre?
Ce que dit l’Apôtre Paul
Étonnamment le plus ancien récit relatif à l’instauration de la Cène ne se trouve pas dans les Évangiles, mais est à découvrir dans une Épitre de l’Apôtre Paul, plus précisément dans sa Première Épître aux Corinthiens (1 Corinthiens XI, 23-34), rédigée vers 54-55 après Jésus-Christ. Paul y précise qu’il a « reçu du Seigneur » ce qu’il transmet là, ce qui suppose – étant donné que Paul n’a lui-même terrestrement pas connu Jésus – une Tradition orale déjà bien établie.
Là l’on peut voir que Paul invite toute la Communauté des Corinthiens à célébrer régulièrement ce Repas spécial pour proclamer la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’Il revienne.
Il dit:
«La nuit où Il fut livré, le Seigneur Jésus prit du Pain, puis, ayant rendu Grâce, Il le rompit, et dit: «Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en Mémoire de Moi.». Après le repas, il fit de même avec la Coupe, en disant: «Cette Coupe est {la Coupe de} la nouvelle Alliance en Mon Sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en Mémoire de Moi.». Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce Pain et que vous buvez cette Coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’Il vienne.» (1 Corinthiens XI, 23-26).

La Cène
Il est assez étonnant que Paul dise « chaque fois que vous mangez ce Pain et que vous buvez cette Coupe, vous proclamez la mort du Seigneur« , car cette interprétation ne figure pas dans les Paroles de Jésus telles que rapportées par les trois Évangiles synoptiques. De même l’Exhortation à renouveler ce Repas de la Dernière Cène ne se trouve pas non plus dans les Évangiles synoptiques.
Encore plus étonnant, l’épisode de l’Instauration de la Cène ne se trouve pas dans l’Évangile considéré comme le plus spirituel, écrit par celui qui avait le mieux compris Jésus: l’Évangile de Jean!
Cette orientation de la Cène vers le Royaume à venir donnée par Paul va pourtant se révéler fondamentale dans la pratique des premières communautés chrétiennes qui, dans leur liturgie, incluront le « Maranatha » («Viens, Seigneur Jésus»).
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Jésus instaure la Cène le soir du Jeudi-Saint
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Les autres Sources
Les trois récits de l’institution de la Cène se trouvent donc dans Matthieu XXVI, 26-29, Marc XIV, 22-26 et Luc XXII, 14-20. L’Évangile de Jean n’évoque pas l’instauration de la Cène par Jésus, mais, à l’inverse, est le seul à rapporter l’important épisode du lavement des pieds (podonipsie) des Apôtres, survenu le même soir.
Ce que dit Marc
Selon les exégètes et historiens, l’Évangile de Marc semble avoir été rédigé seulement vers 65-70 après Jésus-Christ. Dans l’ordre chronologique, il s’agit du premier Évangile synoptique à avoir été rédigé. Le récit de Marc est concis, direct et de style dépouillé. Marc met l’accent sur la dimension sacrificielle de la Cène (« Ceci est Mon Sang, le Sang de l’Alliance, versé pour la multitude »). L’on peut remarquer qu’il ne contient pas la Parole « Faites ceci en mémoire de Moi », qui est pourtant présente chez Paul.
Marc XIV, 22-25:
«22 Pendant le Repas, Jésus, ayant pris du Pain et prononcé la Bénédiction, le rompit, le leur donna, et dit: «Prenez, ceci est mon corps.» 23 Puis, ayant pris une Coupe et ayant rendu Grâce, Il la leur donna, et ils en burent tous. 24 Et Il leur dit: «Ceci est Mon Sang, le Sang de l’Alliance, versé pour la multitude. 25 Amen, Je vous le dis: Je ne boirai plus du fruit de la vigne, jusqu’au jour où J’en boirai, nouveau, dans le Royaume de Dieu.».
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La Cène – D’après Léonard de Vinci
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Ce que dit Matthieu
Selon les exégètes et historiens, l’Évangile de Matthieu semble avoir été rédigé seulement vers 80-85 après Jésus-Christ, donc dix à vingt ans après celui de Marc. Matthieu semble reprendre le même schéma narratif que Marc, mais s’adresse plus spécifiquement aux communautés juives susceptibles de devenir chrétiennes. Dans le passage relatif à la Cène il est le seul à mentionner que le sang est versé « pour la rémission des péchés ». Il pourrait donc s’agir d’une interprétation personnelle.
Matthieu XXVI, 26-29:
«26 Pendant le Repas, Jésus, ayant pris du Pain et prononcé la Bénédiction, le rompit et, le donnant aux Disciples, Il dit: «Prenez, mangez: Ceci est Mon Corps.». 27 Puis, ayant pris une Coupe et ayant rendu Grâce, Il la leur donna, en disant: «Buvez-en tous, 28 car Ceci est Mon Sang, le Sang de l’Alliance, versé pour la multitude en rémission des péchés. 29 Je vous le dis: Désormais Je ne boirai plus de ce fruit de la vigne, jusqu’au jour où Je le boirai, nouveau, avec vous, dans le Royaume de Mon Père.»».
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La Communion et la Dernière Cène – Fra Angelico
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Ce que dit Luc
Luc, compagnon de route de Paul, semble harmoniser la Tradition de Marc avec celle de l’Apôtre des Nations. Il mentionne la Parole « Faites ceci en Mémoire de Moi » (que Marc et Matthieu ne mentionnent pas). Son récit relatif au déroulement de la Cène (Luc XXII, 14-20) – qu’il place dans le cadre du Repas Pascal – est un peu plus détaillé.
Par exemple, selon certains Il mentionnerait deux Coupes. Deux Coupes? Regardons cela de plus près:
Extrait de l’Évangile de Luc (XXII, 14-20):
«14 L’Heure étant venue, Il Se mit à table, et les Apôtres avec Lui. 15 Il leur dit: «J’ai désiré vivement manger cette Pâque avec vous, avant de souffrir…; 16 car, Je vous le dis, Je ne la mangerai plus, jusqu’à ce qu’elle soit accomplie dans le Royaume de Dieu.…».
17 Et, ayant pris une Coupe et rendu Grâces, Il dit: «Prenez cette Coupe, et distribuez-la entre vous; … 18 car, Je vous le dis, Je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne, jusqu’à ce que le Royaume de Dieu soit venu.…».
19 Ensuite Il prit du Pain; et, après avoir rendu Grâces, Il le rompit, et le leur donna, en disant: «Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en Mémoire de Moi.…».
20 Il prit de même la Coupe, après le souper, et la leur donna, en disant: «Cette Coupe est la nouvelle Alliance en Mon Sang, qui est répandu pour vous.…».
Dans le Récit de Luc il est donc possible de voir (verset 17) que Jésus commence le dernier Repas en prenant une Coupe, qu’Il donne ensuite à Ses Apôtres en leur disant de la distribuer ensuite entre eux. Qu’y a-t-il dans la Coupe? Le texte de l’Évangile de Luc ne le dit pas précisément mais le sous-entend quand même en disant: « Je ne boirai plus désormais du fruit de la vigne ». Le « fruit de la vigne », c’est le raisin avec lequel – en le pressant – l’on peut faire du jus de raisin, qui – une fois fermenté – se transforme en vin.
De même « après le souper » Il prend (de nouveau?) la Coupe (l’emploi de l’article défini « la » donne à penser qu’il s’agit bien de la même Coupe et non d’une autre) et la leur donne (de nouveau?) (sous-entendu à boire) en {leur} disant «Cette Coupe est la nouvelle Alliance en Mon Sang, qui est répandu pour vous.…». Cette double mention de la Coupe dans le Récit de Luc veut-elle dire que Jésus aurait donné deux fois la Coupe à boire à Ses Apôtres, une fois au début du Repas, la deuxième fois à la fin?
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Jésus instaure la Cène le soir du Jeudi-Saint
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Ce que dit Jean
L’on estime généralement que l’Évangile de Jean est le dernier à avoir été rédigé, seulement entre l’an 90 et l’an 100 après Jésus-Christ. Il s’agit donc d’une rédaction très tardive, une soixantaine d’années au moins ou même davantage après les événements mentionnés. L’Évangile de Jean met l’accent sur la signification théologique et symbolique des Paroles de Jésus.
Comme déjà dit plus haut, de façon très surprenante, dans son Récit de la Passion, Jean ne parle pas de l’Institution de la Cène (Consécration du Pain et du Vin et distribution aux Apôtres) par Jésus. A la place, il est le seul à mentionner le Lavement des pieds (Jean XIII). Toutefois, plus avant dans son Évangile, il rapporte la Parole de Jésus prononcée lors du Discours à Capharnaüm sur « Le Pain descendu du Ciel »: « Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang aura la Vie éternelle. » (Jean VI, 54).
Jean VI, 29-59:
«29 Jésus leur [NDLR: Il s’agit d’êtres humains venus à Capharnaüm pour Le questionner] répondit: «L’Œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en Celui qu’Il a envoyé.».
30 Ils lui dirent alors: «Quel Signe vas-Tu accomplir pour que nous puissions le voir, et Te croire? Quelle œuvre vas-Tu faire? 31 Au désert, nos pères ont mangé la Manne; comme dit l’Écriture: Il leur a donné à manger le Pain venu du Ciel.»
32 Jésus leur répondit: «Amen, Amen, Je vous le dis: Ce n’est pas Moïse qui vous a donné le Pain venu du Ciel; c’est mon Père qui vous donne le vrai Pain venu du Ciel. 33 Car le Pain de Dieu, c’est Celui qui descend du Ciel et qui donne la Vie au Monde.».
34 Ils lui dirent alors: «Seigneur, donne-nous toujours de ce Pain-là.».
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Jésus instaure la Cène le soir du Jeudi-Saint
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35 Jésus leur répondit: «Moi, je suis le Pain de la Vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim; celui qui croit en moi n’aura jamais soif. 36 Mais je vous l’ai déjà dit: vous avez vu, et pourtant vous ne croyez pas. 37 Tous ceux que me donne le Père viendront jusqu’à moi; et celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors. 38 Car je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de Celui Qui m’a envoyé. 39 Or, telle est la volonté de Celui Qui m’a envoyé: Que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés, mais que je les ressuscite au dernier jour. 40 Telle est la Volonté de mon Père que celui qui voit le Fils et croit en Lui ait la Vie éternelle; et Moi, Je le ressusciterai au dernier Jour.».
41 Les Juifs récriminaient contre Jésus, parce qu’Il avait déclaré: «Moi, Je suis le Pain qui est descendu du Ciel.». 42 Ils disaient: «Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph? Nous connaissons bien son père et sa mère. Alors comment peut-il dire maintenant: “Je suis descendu du Ciel”?»
43 Jésus reprit la Parole: «Ne récriminez pas entre vous. 44 Personne ne peut venir à Moi, si le Père Qui M’a envoyé ne l’attire, et Moi, Je le ressusciterai au dernier jour. 45 Il est écrit dans les Prophètes: Ils seront tous instruits par Dieu Lui-même. Quiconque a entendu le Père et reçu Son Enseignement vient à Moi. 46 Certes, personne n’a jamais vu le Père, sinon Celui Qui vient de Dieu: Celui-là Seul a vu le Père. 47 Amen, Amen, Je vous le dis: il a la Vie éternelle, celui qui croit. 48 Moi, Je suis le Pain de la Vie. 49 Au désert, vos pères ont mangé la Manne, et ils sont morts; 50 mais le Pain qui descend du Ciel est tel que celui qui en mange ne mourra pas. 51 Moi, Je suis le Pain Vivant, Qui est descendu du Ciel: Si quelqu’un mange de ce Pain, il vivra éternellement. Le Pain que Je donnerai, c’est Ma Chair, donnée pour la vie du Monde.».
52 Les Juifs se querellaient entre eux: «Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger?.
53 Jésus leur dit alors: «Amen, amen, Je vous le dis: Si vous ne mangez pas la Chair du Fils de l’Homme, et si vous ne buvez pas Son Sang, vous n’avez pas la Vie en vous. 54 Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang a la Vie éternelle; et Moi, Je le ressusciterai au dernier Jour. 55 En effet, Ma Chair est la vraie Nourriture, et Mon Sang est la vraie Boisson. 56 Celui qui mange Ma Chair et boit Mon Sang demeure en Moi, et Moi, Je demeure en lui. 57 De même que le Père, Qui est Vivant, M’a envoyé, et que Moi Je vis par le Père, de même celui qui Me mange, lui aussi, vivra par Moi. 58 Tel est le Pain qui est descendu du Ciel: Il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts; celui qui mange ce Pain vivra éternellement.».
59 Voilà ce que Jésus a dit, alors qu’il enseignait à la synagogue de Capharnaüm.».
Conclusion
De nos jours, la Cène est donc un Repas de Commémoration du si grand Sacrifice effectué par Jésus lorsqu’Il est venu sur la Terre enténébrée pour, par Sa Sainte Parole, apporter aux êtres humains autrement déjà perdus une Possibilité de Rédemption. Le fait de la répétition de la Cène à intervalles réguliers vise à ne jamais oublier ce que Dieu a fait pour nous en faisant le Sacrifice d’envoyer Son Fils sur la Terre.
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