Ecole de l'art de vivre

Jean Choisel

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La libre volonté existe-t-elle?

La libre volonté existe-t-elle?

La libre volonté existe-t-elle?

Par Jean Choisel

Qu’invoquent comme raisons ceux qui affirment l’existence de la libre volonté?
« Subissant ainsi tant d’influences de toutes sortes qui façonnent ses états d’âme sans qu’il le sache, conditionnent son être petit à petit, lui imposant une direction, l’y poussant et finalement le déterminant à son insu, les savants demandent non sans raison où pourrait donc encore résider la libre volonté [NDLR: généralement appelé « libre arbitre » par les philosophes] dans l’être humain? Comme, jusqu’à ces derniers temps, la science n’avait pas encore pu apporter de réponse satisfaisante à cette question, la plupart des savants et des philosophes matérialistes refusent encore de croire à l’existence de la libre volonté.
Par contre, les philosophes idéalistes, les moralistes, les hommes de loi, les théologiens et les poètes affirment eux – souvent d’ailleurs non quelque embarras! – que, «quelque part» au fond de lui-même, l’homme doit nécessairement être libre. Cette prise de position – plus morale que scientifique, disent les savants – se comprend aisément. En effet, pour que l’être humain soit responsable de ses actes, il faut de toute nécessité qu’il puisse se décider librement. Car si les décisions que prend un homme ne sont pas entièrement libres, on ne peut évidemment pas lui imputer la responsabilité de ses actes.
Or, la vie au sein des sociétés humaines exige absolument que les hommes soient considérés comme responsables de leurs actes. Faute de quoi la vie en société deviendrait rapidement impossible; elle ne serait bientôt plus régie que par la loi de la jungle, c’est-à-dire par la raison du plus fort. Même les malfaiteurs les plus endurcis reconnaissent à l’évidence la responsabilité de l’individu en général.
De plus, les châtiments que la société inflige à ceux qui ont enfreint ses lois ne seraient que monstrueuses injustices si les délinquants n’étaient pas libres mais obligés, c’est-à-dire déterminés d’agir d’une façon plutôt que d’une autre. Car – répétons-le – pour que l’homme soit responsable, il faut de toute nécessité, et il suffit, qu’il soit libre et non pas déterminé.
C’est pourquoi nos moralistes, législateurs, philosophes, etc., défendant les fondements même de toute vie en société, éprouvent non sans raison que, au fond, l’homme doit nécessairement être doté d’une libre volonté. Quoi qu’il en soit, savants et philosophes – négateurs et partisans de la libre volonté – demeurent le plus souvent perplexes et songeurs sur la nature même de cette insaisissable libre volonté.

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La Rédemption – Simplicité Naturelle de la Vérité – Par Jean Choisel

La Rédemption – Simplicité Naturelle de la Vérité – Par Jean Choisel

La Rédemption – Simplicité naturelle de la Vérité – Complexité des explications théologiques

«Dieu créa l’homme à Son Image, mais nous le Lui avons bien rendu.»
– Voltaire –

Vis-à-vis de la Simplicité naturelle de la Vérité… (…) Quelle différence avec les recherches compliquées et trop souvent aberrantes de tant de théologiens «professionnels» d’hier et d’aujourd’hui! Précisément parce que les cogitations intellectuelles de ces théologiens sont trop souvent dépourvues de logique, de clarté et de simplicité naturelle, en vue de les faire malgré tout paraître profondes, il leur faut les présenter de manière compliquée. Si fâcheusement compliquée que le lecteur est obligé de se prendre la tête à deux mains en se demandant: «Mais qu’est-ce que ça peut bien vouloir dire?». Et lorsque, après mûre réflexion, il a enfin compris, il s’aperçoit que leurs explications sont parfaitement incohérentes, parce qu’elles sont illogiques. Or, la Vérité ne saurait évidemment pas se passer de logique ni de cohérence.
Voici seulement quelques exemples caractéristiques de ce qu’il y a d’inintelligible, et, par conséquent, d’inacceptable, dans la dogmatique de la Rédemption de toutes les églises chrétiennes.
Dans un livre récent intitulé «Le meurtre de Jésus, moyen de Salut?» (*)[1] – titre dont le point d’interrogation final montre que les théologiens chrétiens ne peuvent plus éviter de remettre en question les réponses qu’eux-mêmes prétendent apporter au problème de la Rédemption – dans ce livre, donc, l’auteur, Nathan Leites, établit un véritable recensement de l’évolution des conceptions successives des théologiens relatives à la Rédemption. Tout au long de son livre, il cite, en effet, à ce sujet, page après page, l’opinion des plus éminents théologiens d’hier et d’aujourd’hui.
Citant un passage de l’ouvrage du théologien Karl Barth, ouvrage intitulé «La Doctrine de la Réconciliation» (tome I, édition «Labor et Fides» – Genève 1966), à la page 131 de son propre ouvrage, Nathan Leites rapporte ainsi la pensée de Karl Barth:
«Notre péché est le sien, le péché de Jésus-Christ. En tant que Fils obéissant du Père, c’est Dieu Lui-même qui l’a fait Sien. Luther n’est pas allé trop loin en posant cette alternative: il faut que notre péché devienne le propre péché du Christ, ou bien nous périrons à jamais. Le commentaire de Luther est juste d’après lequel Dieu le Père a dit à Son Fils: «Sois Pierre le renégat, Paul le persécuteur, le blasphémateur et le violent, David l’adultère, le pécheur qui mangeait le fruit du Paradis, le brigand sur la Croix; en somme, c’est Toi qui a commis les péchés de tous les hommes.». Ainsi, le Christ a dû alors, et a voulu, Se tenir en posture de coupable, le plus grand de tous: brigand, homicide, adultère, voleur, sacrilège, blasphémateur, etc.» (Karl Barth. 1960, pages 261-262.)
Citant encore d’autres théologiens, Nathan Leites rapporte (p. 132): «Pour le pécheur, il ne peut pas y avoir de plus grande Grâce que d’être délivré de son péché». (B. Steffen in «Das Dogma von Kreuz», 1920.)
«Je puis être sûr que le péché n’habite plus en moi, car je sais bien où il réside maintenant: en Jésus. Notre péché n’est plus le nôtre, car il est le péché de Jésus-Christ.» (Karl Barth, opus cit., page 261.)
Celui qui est abandonné est entièrement déterminé par la Volonté du Père qui le charge de cette réalité qu’est «le péché du monde» (Urs von Balthazar, 1969, b. traduction: «La Gloire et la Croix», collection «Théologie», Paris. Aubier. 1975.)
«Celui qui montre du doigt le monde et pense: «Là est le péché!», celui-là indique la mauvaise direction. Celui qui veut savoir où se tient le péché, mon péché et le tien, doit montrer le Christ… Le Christ et le péché vont ensemble  (sic!). Le Christ n’est pas l’homme «pieux» par excellence, mais celui qui porte le péché (*)[2]. Il le porte et nous en sommes libérés «Du fait qu’Il (Jésus)… est allé à la mort, il a mis fin à notre condition de pécheurs, et par là, il a aboli le péché…» (K. Barth), etc.
Pitié pour Lui!

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Intuition et intellect – Par Jean Choisel

Intuition et intellect – Par Jean Choisel

Intuition et intellect

Par Jean Choisel

«… Pour simplifier, classons les plus importantes des grandes facultés de l’être humain dans chacune de ces deux grandes catégories: les facultés spirituelles (donc intuitives) st les facultés intellectuelles (donc cogitatives).
En tête des grandes facultés intuitives il faut placer la conscience morale, autrement dit ce «sens moral» qui, lorsque nous le cultivons et ne le laissons ni péricliter ni dévoyer par de spécieuses spéculations intellectuelles, nous permet de distinguer le Vrai du faux, le Juste de I’injuste, le Bien du mal.
Il faut y ajouter le sens des responsabilités qui, également émane de I’esprit, impose à celui qui ne I’a pas étouffé en lui de mesurer les conséquences de ses pensées, de ses paroles et de ses actes; le sens de l’équité, générateur d’équilibre et de Paix; le sens de la Beauté, promoteur des arts, dont les témoignages (monuments, peinture, sculptures, etc…) ont souvent survécu à I’effondrement de très nombreuses civilisations.

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La Sélection naturelle – Par Jean Choisel

La Sélection naturelle – Par Jean Choisel

La Sélection naturelle

La grande crise de notre civilisation (dont nous avons jusqu’à présent observé les principales manifestations), et la mutation progressive dans les conceptions et les modes de vie que cette crise commence à provoquer aujourd’hui (mutation que nous allons désormais étudier au cours de ce second cycle de conférences) s’inscrivent toutes les deux dans le cadre d’un vaste phénomène naturel d’évolution planétaire, qui s’accomplit progressivement sous nos yeux.
Lorsque se produisent certains grands phénomènes naturels, comme des tremblements de terre ou des éruptions volcaniques, par exemple, il arrive souvent que ces phénomènes soient précédés de diverses manifestations préliminaires, telles que des secousses sismiques de faible amplitude, des grondements souterrains, des éclairs, des perturbations du champ magnétique local, etc. La durée et l’intensité de ces phénomènes préliminaires sont très variables. L’intensité peut en être faible, voire imperceptible à nos sens, comme elle peut aussi être de courte durée et de forte intensité. Mais, après cette période avertisseuse, le phénomène se déclenche souvent brutalement, bouleversant complètement l’équilibre ancien pour le remplacer par un nouvel équilibre.
Dans la succession des phases de tout phénomène évolutif naturel, il se produit donc des mutations brusques. Mais ces changements brusques sont presque toujours préalablement préparés et annoncés par des transformations qui, de lentes et imperceptibles qu’elles sont au début, s’accélèrent progressivement et croissent en importance jusqu’à un point de rupture où l’ordre ancien est brusquement et entièrement remplacé par un ordre nouveau.
Il en va exactement de même pour le grand phénomène de mutation de notre civilisation, tel qu’il s’effectue présentement sous nos yeux. Cependant, afin de mieux distinguer la manière dont s’accomplissent les grands processus évolutifs naturels, sans doute conviendrait-il de les considérer à partir d’une échelle d’observation qui nous soit humainement plus proche. Aussi, pour bien comprendre de quelle façon la nature cherche en toutes circonstances à promouvoir l’évolution générale en maintenant entre les règnes vivants ces subtils et rigoureux équilibres biologiques que l’on nomme les équilibres naturels, il nous faut commencer par les observer in vivo.

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L’importance pour la Santé d’une Hygiène mentale consciente – Par Jean Choisel

L’importance pour la Santé d’une Hygiène mentale consciente – Par Jean Choisel

L’IMPORTANCE POUR LA SANTÉ D’UNE HYGIÈNE MENTALE CONSCIENTE

«Tout est à faire pour nous donner, dès l’enfance, une culture psychophysique humaniste, une culture enfin humaine. Innombrables sont, dans nos villes, les écoles de conduite automobile, mais où sont les écoles de conduite humaine? Non pas, certes, dans nos écoles, nos lycées ou nos facultés.» 
– Paul Chauchard –
« Mens sana in corpore sano. » Ce vieil adage latin a été très mal traduit par l’expression française « Un esprit sain dans un corps sain ». Car le substantif latin « mens » (génitif « mentis ») n’a jamais traduit le mot français « esprit », qui vient directement du latin « spiritus ». Par contre, « mens » est à l’origine des substantifs français « mental » et « mentalité ».
Quelle importance, dira-t-on, puisque tous ces termes désignent la vie de l’esprit? Et il est bien vrai que l’homme moderne, presque exclusivement axé sur les réalités matérielles et terrestres, confond tout; l’intellect et l’esprit, la psyché et le mental, spiritualité et divinité, etc. Et, il est d’autant plus difficile de mettre un peu d’ordre dans tous ces concepts que, au fond, tout cela ne l’intéresse pas. Gagner de l’argent pour « bien vivre » a tellement plus d’importance, n’est-il pas vrai?
Et pourtant la vie mentale, cogitative, a dans l’existence de chacun une importance primordiale, puisque c’est elle qui la conditionne, allant même souvent jusqu’à la déterminer. Tentons de montrer par quels processus:
Toutes les activités de l’être humain, peu importe qu’il s’agisse de ses actes, de ses paroles, de ses pensées ou de ses intuitions, s’expriment, se manifestent ou encore se traduisent dans la nature créée, visible et invisible, par des mouvements, des expressions ou des manifestations qui sont de diverses natures.
On peut parfaitement comparer ces diverses activités de l’être humain à des productions, à des émanations ou à des émissions d’ondes dont la nature est différente suivant le plan (matériel, mental, psychique ou spirituel) sur lesquels elles s’effectuent.
Il est évident que sur le plan terrestre, la production d’un acte physique nous est immédiatement visible et sensible; de même que l’émission de la parole nous est physiquement audible sans difficulté.
L’émission de la pensée humaine est un phénomène qui été scientifiquement constaté et enregistré grâce à l’électroencéphalographie. Chacun sait que, tout comme nos capsules surrénales, notre hypophyse ou nos glandes salivaires, notre cerveau est une glande. Il est même, avec le foie, une des plus grasses glandes de notre organisme.

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L’Éternel Retour – Par Jean Choisel

L’Éternel Retour – Par Jean Choisel

L’ÉTERNEL RETOUR
«Mourir, c’est sortir de l’existence pour entrer dans la Vie.»
– Charles Gounod – Musicien –
Il s’ensuit donc que, corollairement:
«Naître, c’est sortir de la Vie pour entrer dans l’existence terrestre».  
A plusieurs reprises, une notion vieille comme le monde et universellement répandue – sauf en Occident chrétien – la notion de «réincarnation», a probablement frappé certains lecteurs et plus ou moins offusqué leur conscience de Chrétiens.
Car , bien entendu, nous ne nous adressons plus désormais aux matérialistes, dont nous n’espérons plus être compris, tant ils se sont depuis longtemps rendus incapables de pressentir les vérités sous-jacentes aux réalités qui apparaissent à nos observations.
La notion de réincarnation – également nommée «palingénésie» – fut en effet écartée des préoccupations théologiques chrétiennes à partir du Concile de Constantinople en 533. Elle ne fut pas déclarée fausse, ni absurde, elle ne fut pas davantage niée ni déclarée anathème mais, par un vote majoritaire des Pères conciliaires, il fut simplement décidé de l’écarter  définitivement des préoccupations théologiques chrétiennes, lors de l’élaboration progressive d’un dogme alors en pleine formation. Comme si la décision d’écarter une hypothèse capable d’expliquer un si grand nombre d’observations pouvait changer quoi que ce soit aux réalités extra- sensorielles que cette hypothèse tente d’appréhender…!
Pourtant, la notion de réincarnation n’était pas absente des préoccupations chrétiennes, antérieurement au Concile de Constantinople, comme nous le verrons plus loin en consultant les textes évangéliques. Mais, dans leur souci compréhensible d’éliminer des enseignements chrétiens jusqu’au moindre reste d’un paganisme encore demeuré très vivace, les théologiens des premiers siècles du Christianisme, dont plusieurs Pères de l’Église, ont fait tant et si bien que, dans les meilleures intentions, ils ont rejeté certains enseignements déjà très répandus avant la venue du Christ, enseignements porteurs de vérités, tel, en particulier, celui de la réincarnation.

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Le Cosmos Intérieur – Par Jean Choisel

Le Cosmos Intérieur – Par Jean Choisel

LE COSMOS INTÉRIEUR
«Connais-Toi Toi-même Et Tu connaîtras l’Univers et les Dieux!»
– Inscription au fronton du Temple de Delphes –
Jean Choisel
(1921-2001)
Nous partirons seulement de l’origine de cet esprit qui, elle, ne se situe pas au Sommet de la Création, mais beaucoup plus bas, très au-dessous de ce Sommet.
L’Homme, tel que nous le connaissons, étant une créature – une Création de Dieu – il est impossible, si l’on veut s’en faire une juste image, de le séparer de la Création dans laquelle il a pris forme et dont l’existence est absolument fondamentale, au sens littéral du terme, pour sa formation. Car la Création constitue le substratum de l’être humain, tout comme chaque plante et chaque être vivant est, ici-bas, le produit du sol sur lequel il vit:
L’existence de l’homme est donc ainsi subordonnée à l’existence préalable de la Création. C’est la raison pour laquelle le Texte de la Genèse enseigne que furent créés le Ciel et la Terre avec tout ce qu’ils contiennent avant que le Créateur ne formât l’homme de la substance même de la Création.
Cette explication de la Genèse se trouve, d’ailleurs, en parfait accord avec les découvertes scientifiques dans le domaine de l’évolution, telle qu’elle s’est accomplie ici-bas. On sait en effet que l’homme fut le dernier-né dans l’échelle des êtres vivants.
C’est pourquoi, afin de montrer comment s’est constitué l’être humain que nous sommes, nous allons être dans l’obligation de schématiser d’abord à grands traits, et en partant d’en haut, la structure immanente et transcendante de la Création.
LA CRÉATION
Une formule dynamique d’Aristote à propos de Dieu, formule reprise ultérieurement par Thomas d’Aquin, explique que «Dieu est Energie pure».

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