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Tous les fleuves vont à la mer
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Réincarnation et confession religieuse
Voici une question plutôt naïve: « Si les stigmatisations sont, pour la plupart, des répercussions du karma, alors elles ne devraient survenir que chez les Juifs, qui, jadis, crucifièrent le Christ. ».
Qu’en est-il de la réponse? Il faut être très naïf pour s’imaginer qu’un être humain se réincarne toujours dans la même religion, car – même si cela peut, bien sûr, occasionnellement, aussi se produire – fondamentalement une âme humaine ne se réincarne pas en fonction de son appartenance à la religion qui était la sienne au cours de sa vie précédente, mais bien plutôt en fonction de la maturité de son esprit au moment où elle se réincarne, de même aussi qu’en fonction de ses caractéristiques animiques, celles qu’elle s’est donc nouvellement gagnées, ou celles qu’elle portait déjà en elle. De façon générale, lors des réincarnations, c’est le niveau de maturité de l’esprit, de même aussi que le genre des caractéristiques de l’âme, qui active{nt} les effets de la Loi de l’Attraction du Genre Semblable, plutôt qu’une conception religieuse ou l’appartenance à une confession particulière.
Parmi les Chrétiens actuels se trouvent donc incarnés beaucoup d’anciens Juifs, de même que parmi les Juifs actuels se trouvent de nombreux anciens Chrétiens. C’est la même chose pour les Musulmans et les autres appartenances religieuses. Le fait pour un Chrétien de regarder de haut un Juif ou un Musulman ou un Bouddhiste, etc., est une absurdité, de même aussi que les rivalités ou hostilités entre les diverses appartenances nationales ou raciales. Ces barrières artificielles ne sont érigées que par la mentalité humaine, la réincarnation ne se soucie pas de cela, puisque ces barrières – ou frontières – sont artificielles et, en regard des Lois, ne correspondent à rien de vivant. Ce ne sont, en réalité, que de petites choses secondaires, que seul le petit être humain de la Terre considère comme importantes et grandes, par amour de … l’influence terrestre!
Très souvent, un Chrétien est Juif dans son incarnation suivante, pour, peut-être, plus tard, de nouveau, redevenir Chrétien catholique, protestant, orthodoxe ou autre, et inversement, et c’est la même chose pour les appartenances à d’autres religions.
Une appartenance religieuse déterminée n’a donc que peu ou même pas du tout à voir avec la réelle Valeur – ou absence de Valeur – d’un esprit humain. En outre, la haine religieuse – ou la haine nationale – est quelque chose de petit, de mesquin, et même de carrément ridicule, parce que complètement dépourvu de sens, mais cela montre que – le plus souvent – les concepts d’une religion donnée ne peuvent jamais, non plus, devenir suffisamment vivants dans un être humain pour que leur influence soit réellement déterminante et intervienne plus profondément dans la vie du supposé Chrétien Juif, Musulman, Bouddhiste, Parsiste Taoïste, etc., demeurer plus persistante.
Les quelques êtres humains qui se tiennent réellement vivants dans leurs convictions religieuses et leur demeurent donc aussi fidèles plus durablement, de sorte que cela se révèle déterminant lors de leurs réincarnations et qu’ils poursuivent leur adhésion religieuse d’une vie à l’autre sur plusieurs vies, ne peuvent donc pas être considérés comme des cas représentatifs de l’ensemble des êtres humains.
Considérons un être humain qui a longtemps été dans le Judaïsme et en a reçu une forte influence. Si, par exemple, cet être humain était présent en Palestine à l’époque de Jésus, alors que le Judaïsme n’était valable que pour une époque déterminée, sa supposée « fidélité » au Judaïsme – alors que la seule raison d’être du Judaïsme était de préparer un Peuple pour qu’il soit – le moment venu – prêt à accueillir le Christ, a pu l’empêcher de reconnaître le Fils de Dieu Jésus!
Au fil des millénaires les Révélations changent de Formes, et ce n’est pourtant pas à la Forme que l’esprit humain doit s’attacher mais uniquement au Contenu. Celui qui donne trop d’importance a la forme est comme celui qui, mourant de soif dans un désert, arrivé à une oasis au centre de laquelle se trouve un puits, refuserait de boire l’eau fraîche seule capable d’étancher sa soif ardente parce qu’il était habitué à un seau carré et que celui de ce puits serait circulaire!
Voici maintenant une image: Les grandes religions existant sur la Terre sont comme des fleuves. Un prophète ou un visionnaire qui initie une nouvelle religion ou philosophie est comme la source de l’un de ces fleuves. Au fur et à mesure que les nouveaux adeptes de cette nouvelle religion rejoignent son fondateur, le ruisseau se transforme en rivière, puis en fleuve. Alimenté par de nombreux affluents, le fleuve se constitue ensuite et coule à travers le temps, à travers les siècles et les millénaires. Les partisans contribuent à ce mouvement, à travers des œuvres d’art, des cathédrales, mosquées, pagodes ou synagogues, de la littérature et de la musique, etc., et le fleuve devient toujours plus grandiose et profond.
Imaginons que nous sommes comme des poissons qui, en provenance de l’Au-delà, descendent et plongent dans ces fleuves. Dans une incarnation donnée, nous nageons dans le fleuve d’Abraham Isaac et Jacob, dans une autre nous nageons dans le fleuve de Zoroastre, dans une autre dans le fleuve de Moïse, dans une autre dans le fleuve de Lao-Tsé, dans une autre dans le fleuve de Bouddha, dans une autre dans le fleuve du Christ, dans une autre encore le fleuve de Mahomet, dans une autre dans le fleuve de l’Hindouisme, et ainsi de suite. Lorsque l’on est immergé dans une rivière particulière, l’on a tendance à s’identifier complètement à ce Courant religieux, social, culturel. Nous devenons Juifs, Mazdéens, Chrétiens, Musulmans, Hindous ou Bouddhistes, etc.
Nous nous identifions à la race, au peuple, à l’ethnie, à la religion et à la nationalité particulières dans lesquelles nous nous trouvons. Mais ce n’est que momentané! Nous oublions que, dans d’autres vies, nous avons aussi nagé dans une bonne partie des autres fleuves. Nous oublions que tous les fleuves arrivent à la même mer où toutes les eaux particulières se rejoignent et fusionnent en un seul et même océan universel, nous oublions que l’important ce n’est pas comment – par quel fleuve particulier – les poissons migrateurs arrivent à l’océan, l’important c’est d’y arriver!
Considérons une autre image: Une Pyramide! Elle a quatre arêtes et chaque arête constitue un chemin spécifique pour parvenir au Sommet. Pendant l’Ascension celui qui est sur l’arrête Sud-Est ne voit pas celui qui escalade la Pyramide en face de lui sur l’arête Nord-Ouest. Mais « Tout ce qui monte converge! » (Teilhard de Chardin) et les deux – même s’ils ne se voient pas, s’élèvent; c’est seulement au Sommet qu’ils se rencontreront! L’important ce n’est pas avec quelle religion nous nous sommes élevés pour parvenir au Paradis, l’important c’est de s’élever et d’arriver ainsi au Paradis!
Pour que la Paix et l’Harmonie règnent sur la Terre, pour qu’elle devienne un Reflet du Paradis, nous devons prendre conscience des différents chemins que nous empruntons et des différentes identités que nous adoptons. Nous devons nous rappeler que, d’un point de vue spirituel, nous sommes les poissons, pas les fleuves. Nous sommes des germes d’esprits en cours d’évolution qui vivent et progressent en se laissant porter par ces courants variés. Vivons dans cette conscience, afin que nous puissions tous vivre dans la Paix et la Fraternité.
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Le fleuve de la vie – William Blake


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