Ecole de l'art de vivre

Le Cheval d’Orgueil

par | 19 Nov 2023 | Contes, Autres Articles, Eveil Spirituel | 0 commentaires

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LE CHEVAL D’ORGUEIL

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– Exposition –

 

«L’être humain récoltera ce qu’il aura semé.»
– Jésus –

 

Beaucoup d’êtres humains ont entendu parler du karma et certains s’en effrayent et, du coup, préfèreraient ne pas y penser.

La peur vient du fait que l’être humain ressent souvent le karma comme une puissance aveugle extérieure à lui et contre laquelle il ne peut rien.

Il n’en est pourtant pas ainsi. Car si quelqu’un se met à faire attention à ce qu’il vit, il va vite reconnaître que loin d’être arbitraire, le karma ne se confond nullement avec le funeste fatum décrit par les auteurs de l’Antiquité et qui a encore inspiré de nombreux auteurs plus modernes («Je me livre en aveugle au destin qui m’entraîne!» dit Oreste, dans l’Andromaque de Jean Racine ou «Je suis une force qui va!» dit l’Hernani de Victor Hugo). Le karma obéit, en fait, à des Lois très précises, de sorte que, vis-à-vis de l’être humain, il ne fait jamais que lui « rendre la monnaie de sa pièce ».

Si l’être humain observe attentivement « ce qui lui arrive », alors il comprend vite que le « hasard » n’est que le nom donné à son ignorance, ou bien que le Hasard est, au contraire, le nom signifiant la souveraine Conformité aux Lois de tout événement venu d’En Haut…

De ce fait, la peur, toujours liée au caractère imprévisible de ce qui pourrait arriver, perd sa raison d’être, car, sur la base des Lois de la Création, le karma est, au contraire, tout à fait prévisible, même si la prévision ne peut se vérifier que dans une existence ultérieure…

 


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Le comte Philippe de la Flèche était né sous le signe du Sagittaire et aimait les chevaux. A 27 ans, c’était un homme en pleine force physique, qui passait son temps dans les écuries du château et n’accordait que bien peu d’attention à son épouse Liliane, qu’il avait prise pour femme deux années plus tôt après l’avoir rencontrée dans la forêt au cours d’une promenade équestre.

Liliane montait en amazone une jument nommée Walkyrie et Philippe, en la poursuivant, avait cru courir après le vent…

Lorsqu’il n’était pas au château, la principale occupation de Philippe était la chasse. Monté sur Pégase, il pourchassait cerfs, biches, chevreuils, etc., dont les trophées s’alignaient, les uns après les autres, sur les murs de la salle d’armes.

Lors d’une expédition africaine, il avait même tué un énorme lion, dont le chef trônait à la place d’honneur au-dessus de la grande cheminée.

Tout le temps que Liliane avait pu l’accompagner dans ses randonnées, l’harmonie avait régné entre eux, et Philippe avait apprécié son épouse, mais, depuis qu’elle était enceinte et que le médecin avait interdit les promenades à cheval, Liliane avait brusquement cessé d’intéresser Philippe, qui, n’ayant plus de compagne pour capter son attention au cours de ses chevauchées, ne pensait plus qu’à tuer du gibier. Seuls, aux écuries, Pégase et Walkyrie avaient continué à s’entendre. La jument était d’ailleurs pleine.

Ce jour-là – c’était Noël -, lasse de voir les murs se couvrir toujours davantage de têtes empaillées, Liliane, qui était végétarienne et avait horreur du sang, proposa à Philippe de l’accompagner en calèche.

– Non ! A cheval!, fut sa répartie.

Liliane refusa, puis, devant son insistance, finit par céder, à la condition de rester au pas. Elle était du signe du Lion et l’inaction lui pesait autant que le malheureux regard léonin au-dessus de la cheminée, quand, dans la grande salle, elle brodait l’après-midi.

La promenade se déroula paisiblement, jusqu’au moment où un sanglier traversa le chemin. Philippe éperonna sa monture et bondit à sa poursuite; Walkyrie, qui ne quittait jamais Pégase, lui emboîta le pas. Tirant sur les rênes, Liliane s’efforça de la retenir, mais, peine perdue, son museau ne quittait pas la queue de Pégase.

En dépit des cris de Liliane, Philippe continuait la poursuite. Arrivant sous une branche basse, Philippe baissa la tête, mais, la branche étant masquée par lui, Liliane ne la vit pas à temps et la heurta de plein fouet.

Désarçonnée, elle fut précipitée au sol.

* * *

Liliane était alitée et le bébé avait été tué, sous le choc, sur le coup, dans le ventre de sa mère.

Philippe, ne s’accommodant pas d’une épouse devant garder la chambre toute la journée, l’avait renvoyée chez sa mère Léontine et vivait, désormais, seul au château.

Liliane ne se remit pas et mourut de chagrin autant que d’anémie, au bout d’une année. Philippe, qui venait la voir tous les jours à cheval, en fut peiné, et ses promenades furent, désormais, sans but.

Un jour, il décida de ne plus sortir à cheval, il vendit ses chevaux, ne gardant juste que le fils de Pégase et de Walkyrie, qu’il finit par donner à son serviteur. Il voulait oublier.

Il vécut au château, cultivant ses terres et se perfectionnant sans cesse dans l’art du tir à l’arc. Les derniers temps, il s’initia à modeler avec de la glaise les trophées qui ornaient sa salle d’armes.

Puis, sans famille, sans but spirituel, sans attaches terrestres, il aspira bientôt à l’Au-delà et se désincarna, trois ans après Liliane, à l’âge de 45 ans seulement.

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– Dénouement –

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«Tu ne sortiras pas d’ici que Tu n’aies payé le dernier sou.»   
Jésus –

 

Dans le domaine de la Symbolique liée au karma, un acte apparemment banal mais chargé de sens, comme, par exemple, le fait de devoir déménager ou même seulement réaménager une seule pièce de son logement, peut terrestrement symboliser la fin et signifier l’abolition d’une culpabilité, dont, autrement, l’expiation ou la répercussion aurait nécessité un beaucoup plus grand bouleversement, générateur de désagréments, voire de tourments, eux aussi bien plus grands.

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Élisabeth et Leonhardt s’étaient rencontrés à un vernissage d’exposition, dans une galerie de Vienne. Élisabeth, qui était née sous le Signe du Scorpion, peignait des aquarelles pour des livres d’enfants, tandis que Leonhardt était sculpteur animalier.

Une fois mariés, ils allèrent habiter un appartement de plain-pied et haut de plafond de la Mozartstraße.

La toute première réalisation de Leonhardt était un immense cheval, qui occupait à lui tout seul la moitié de son atelier et qui, cloué sur place, ne pouvait pas sortir de la pièce.

Quelque chose d’irrésistible les avait poussés l’un vers l’autre. Élisabeth avait, d’emblée, été attirée par la crinière d’artiste de Leonhardt, qui avait vécu, jusqu’alors, avec sa mère Léonie.

Quant à Leonhardt, il avait épousé Élisabeth en opposition avec sa mère, à qui elle ne plaisait pas. Étant un entêté, Leonhardt s’était ancré dans sa détermination et avait outrepassé la volonté maternelle. Un sentiment puissant s’était emparé de lui.

Lorsqu’il connut Élisabeth, il venait juste de terminer son cheval, auquel il aurait voulu adjoindre une cavalière, mais la hauteur du plafond étant insuffisante, il en avait été empêché.

Un jour, Leonhardt assista, à Vienne, à un Exposé sur le Mystère de l’être humain et de sa destinée, où il était notamment question du Karma et de la possibilité de Rachat offerte par la Miséricorde Divine.

Il en fut profondément ébranlé et cet Exposé marqua un tournant dans son existence. Une grande compassion pour autrui s’ensuivit en lui et il mit son art au service des plus affligés.

Peu de temps après, conséquence de leur union, Élisabeth devint enceinte. Une Joie extraordinaire l’envahit, quant à elle, à la perspective de la naissance, tandis qu’une mystérieuse et secrète oppression s’emparait de l’âme de Leonhardt.

Léo, mon chéri, qu’as-tu?, demandait Élisabeth, qui le scrutait de son regard pénétrant.

Mais Leonhardt, qui n’en savait rien, ne voulait rien laisser paraître, pour ne pas gâter la joie de sa compagne.

Lorsqu’ils avaient décidé d’unir leurs existences, c’est Élisabeth qui était venue occuper l’appartement de Leonhardt. Celui-ci était constitué d’un très vaste atelier, d’une salle de séjour, d’une chambre, d’une cuisine et d’une salle d’eau.

Au bout de cinq mois, Élisabeth demanda où l’on allait mettre le bébé. Leonhardt ne sut que répondre. Après avoir passé moult solutions en revue, ils s’aperçurent qu’il n’en restait qu’une. Mais Élisabeth ne voulait pas la dire et Leonhardt encore moins. Le moment de la naissance approchant, il fallut bien se décider, et, un soir, d’un seul souffle, Leonhardt déclara:

Il faut vendre le cheval et faire une cloison au milieu de l’atelier!

Mais le propriétaire de l’immeuble n’autorisa pas l’agrandissement considérable de la porte, nécessité pour permettre la sortie du cheval.

La mort dans l’âme, Leonhardt décida de procéder à la refonte de son cheval de bronze.

Chose extraordinaire, dès lors où il eut entamé l’opération et que, peu à peu, le cheval se liquéfiait, perdant sa forme, une jubilante allégresse s’empara de lui, atteignant son paroxysme au moment où tout le solide fût devenu liquide. Et son oppression intérieure disparut du même coup.

Aussitôt, il procéda à l’édification de la cloison et à l’aménagement de la chambre du bébé.

Une semaine après l’achèvement, le bébé arrivait.

Il fut nommé Matthieu, car, pour eux – pour lui surtout -, cet enfant, qui avait dû attendre pas moins de trois cents ans pour faire son entrée dans leur foyer, était vraiment, plus que jamais, un « Don de Dieu ».

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