Ecole de l'art de vivre
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Les Fables de La Fontaine

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«Je me sers d’animaux pour instruire les hommes

Jean de La Fontaine

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Jean de La Fontaine - Nicolas de Largillire

Jean de La Fontaine – Fabuliste – Par Nicolas de Largillire

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Les Fables de la Fontaine sont souvent utilisées pour l’éducation de la jeunesse. Mais sont-elles conformes aux Lois de la Création?

Pour tenter de répondre à cette importante question, en nous promenant dans Le Monde Imaginaire de La Fontaine, nous allons en choisir quelques-unes…

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Les Fables de La Fontaine

Les Fables de La Fontaine

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Le Charretier embourbé

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Le phaéton d’une voiture à foin
Vit son char embourbé. Le pauvre homme était loin
De tout humain secours. C’était à la campagne
Près d’un certain canton de la basse Bretagne,
 Appelé Quimper-Corentin.
On sait assez que le Destin
Adresse là les gens quand il veut qu’on enrage:
              Dieu nous préserve du voyage!
Pour venir au Chartier embourbé dans ces lieux,
Le voilà qui déteste et jure de son mieux,
Pestant, en sa fureur extrême,
Tantôt contre les trous, puis contre ses Chevaux,
Contre son char, contre lui même.
Il invoque à la fin le Dieu dont les travaux
  Sont si célèbres dans le monde :
Hercule, lui dit-il, aide-moi ; si ton dos
              A porté la machine ronde,
              Ton bras peut me tirer d’ici
Sa prière étant faite, il entend dans la nue
              Une voix qui lui parle ainsi :
              Hercule veut qu’on se remue,
Puis il aide les gens. Regarde d’où provient
              L’achoppement qui te retient.
              Ôte d’autour de chaque roue
Ce malheureux mortier, cette maudite boue
              Qui jusqu’à l’essieu les enduit.
Prends ton pic, et me romps ce caillou qui te nuit.
Comble-moi cette ornière. As-tu fait ? Oui, dit l’homme.
Or bien je vas t’aider, dit la voix : prends ton fouet.
Je l’ai pris. Qu’est ceci?, mon char marche à souhait.
Hercule en soit loué. Lors la voix: Tu vois comme
Tes Chevaux aisément se sont tirés de là.

 Aide-Toi, le Ciel T’aidera.

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 – Jean de La Fontaine, Fables de La Fontaine, « Le Chartier embourbé » . –

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Moralité: « Aide-Toi, le Ciel T’aidera! ». Excellente Morale! Tout à fait conforme à la Loi du Mouvement. Le premier mouvement doit toujours partir de l’être humain.

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Le Lion amoureux

[D’après Ésope]

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Le lion amoureux - Gustave Doré

Le lion amoureux – Gustave Doré

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À Mademoiselle de Sévigné (*)

(*) [NDLR: Il s’agit de la fille de la célèbre épistolière Madame de Sévigné.]

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Sévigné, de qui les attraits
Servent aux Grâces de modèle,
Et qui naquîtes toute belle,
À votre indifférence près,
Pourriez-vous être favorable
Aux jeux innocents d’une fable,
Et voir, sans vous épouvanter,
Un lion qu’Amour sut dompter?

Amour est un étrange maître.
Heureux qui peut ne le connaître
Que par récit, lui ni ses coups!
Quand on en parle devant vous,
Si la vérité vous offense,
La fable au moins se peut souffrir:
Celle-ci prend bien l’assurance
De venir à vos pieds s’offrir,
Par zèle et par reconnaissance. 

Du temps que les bêtes parlaient,
Les Lions entre autres voulaient
Être admis dans notre alliance.
Pourquoi non?, puisque leur engeance
Valait la nôtre en ce temps-là,
Ayant courage, intelligence,
Et belle hure outre cela. 

Voici comment il en alla:
Un Lion de haut parentage,
En passant par un certain pré,
Rencontra bergère à son gré:
Il la demande en mariage. 

Le père aurait fort souhaité
Quelque gendre un peu moins terrible.
La donner lui semblait bien dur;
La refuser n’était pas sûr;
Même un refus eût fait possible
Qu’on eût vu quelque beau matin
Un mariage clandestin. 

Car outre qu’en toute manière
La belle était pour les gens fiers,
Fille se coiffe volontiers
D’amoureux à longue crinière. 

Le père donc ouvertement
N’osant renvoyer notre amant,
Lui dit: « Ma fille est délicate;
Vos griffes la pourront blesser
Quand vous voudrez la caresser. 

Permettez donc qu’à chaque patte
On vous les rogne, et pour les dents,
Qu’on vous les lime en même temps.
Vos baisers en seront moins rudes,
Et pour vous plus délicieux;
Car ma fille y répondra mieux,
Étant sans ces inquiétudes ». 

Le Lion consent à cela,
Tant son âme était aveuglée!
Sans dents ni griffes le voilà,
Comme place démantelée. 

On lâcha sur lui quelques chiens:
Il fit fort peu de résistance.

Amour, Amour, quand Tu nous tiens
 On peut bien dire: « Adieu, Prudence. ».

« Le Lion amoureux »

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Moralité: L’on dit souvent que « l’amour est aveugle », mais ce n’est pas l’Amour qui rend aveugle, mais seulement l’amour aveugle, donc la passion, basée sur l’exacerbation du sentiment. Parce qu’en réalité le véritable Amour – lequel ne peut être que spirituel -, tout au contraire, rend clairvoyant.

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L’Ours et les deux compagnons

[Ésope + Abstémius + Philippe de Commynes]

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L'ours et les deux compagnons - Image d'Epinal - Jean de La Fontaine

L’ours et les deux compagnons – Image d’Épinal – Jean de La Fontaine

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.Deux Compagnons, pressés d’argent,
À leur voisin fourreur vendirent
La peau d’un Ours encor vivant,
Mais qu’ils tueraient bientôt, du moins à ce qu’ils dirent.

C’était le roi des ours, au compte de ces gens.
Le marchand à sa peau devait faire fortune;
Elle garantirait des froids les plus cuisants;
On en pourrait fourrer plutôt deux robes qu’une.

Dindenaut prisait moins ses moutons qu’eux leur Ours:
Leur, à leur compte, et non à celui de la bête.
S’offrant de la livrer au plus tard dans deux jours,
Ils conviennent de prix, et se mettent en quête,
Trouvent l’Ours qui s’avance, et vient vers eux au trot.

Voilà mes gens frappés comme d’un coup de foudre.
Le marché ne tint pas; il fallut le résoudre:
D’intérêts contre l’Ours, on n’en dit pas un mot.

L’un des deux Compagnons grimpe au faîte d’un arbre;
L’autre, plus froid que n’est un marbre
Se couche sur le nez, fait le mort, tient son vent,
Ayant quelque part ouï dire
Que l’Ours s’acharne peu souvent
Sur un corps qui ne vit, ne meut, ni ne respire.

Seigneur Ours, comme un sot, donna dans ce panneau.
Il voit ce corps gisant, le croit privé de vie,
Et de peur de supercherie
Le tourne, le retourne, approche son museau,
Flaire aux passages de l’haleine.

« C’est, dit-il, un cadavre: Ôtons-nous, car il sent. »
À ces mots, l’Ours s’en va dans la forêt prochaine.
L’un de nos deux marchands de son arbre descend,
Court à son compagnon, lui dit que c’est merveille
Qu’il n’ait eu seulement que la peur pour tout mal.
« Eh bien, ajouta-t-il, la peau de l’Animal?

Mais que t’a-t-il dit à l’oreille?
Car il s’approchait de bien près,
Te retournant avec sa serre.

– Il m’a dit qu’il ne faut jamais
 Vendre la peau de l’ours qu’on ne l’ait mis par terre.

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Moralité: Elle est, pour une part, comparable à celle de « Perrette et le pot au lait »: Il ne faut jamais – même envers soi – prendre des engagements que l’on n’est pas sûr de pouvoir tenir. En langage spirituel: « Tenez votre parole et répondez d’elle! ».

Par exemple, dans les films et les feuilletons l’on entend souvent des personnages faire des promesses abusives du genre: « Je te promets que cela va bien se passer. ». Étant donné que, de façon générale, personne ne connaît l’avenir, lequel est, par définition, fait de nombreux éléments imprévisibles que l’être humain ne maîtrise pas (« L’homme propose, mais Dieu dispose »), personne ne devrait se permettre de faire ce genre de promesses inconsidérées.

Car – ainsi que l’a écrit Victor Hugo, s’adressant à Napoléon 1er dans « La Légende des siècles » -: « Non, l’avenir n’est à personne! Sire, l’avenir est à Dieu! ».

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La Laitière et le Pot au Lait

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La Laitière - Huet

La Laitière – Huet

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 Perrette, sur sa tête, ayant un Pot au lait,
Bien posé sur un coussinet,
Prétendait arriver sans encombre à la ville.
Légère et court vêtue, elle allait à grands pas,
Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
Cotillon simple, et souliers plats.
Notre laitière ainsi troussée
Comptait déjà dans sa pensée
Tout le prix de son lait, en employait l’argent;
Achetait un cent d’œufs, faisait triple couvée:
La chose allait à bien par son soin diligent.
  Il m’est, disait-elle, facile
D’élever des poulets autour de ma maison;
Le renard sera bien habile
S’il ne m’en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s’engraisser coûtera peu de son;
Il était quand je l’eus de grosseur raisonnable:
J’aurai le revendant de l’argent bel et bon.
Et qui m’empêchera de mettre en notre étable,
Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
Que je verrai sauter au milieu du troupeau?»
Perrette là-dessus saute aussi, transportée.
Le lait tombe; adieu veau, vache, cochon, couvée.
La Dame de ces biens, quittant d’un œil marri
 Sa fortune ainsi répandue,
 Va s’excuser à son mari,
 En grand danger d’être battue.
 Le récit en farce en fut fait;
 On l’appela le «Pot au lait».

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La laitière et le pot au lait

La laitière et le pot au lait

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 Quel esprit ne bat la campagne?
 Qui ne fait châteaux en Espagne?
 Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
 Autant les sages que les fous?
 Chacun songe en veillant, il n’est rien de plus doux:
 Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes;
 Tout le bien du monde est à nous,
 Tous les honneurs, toutes les femmes.
 Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi;
 Je m’écarte, je vais détrôner le Sophi;
 On m’élit Roi, mon peuple m’aime;
 Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant:
 Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même;          
 Je suis gros Jean comme devant.

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Moralité: La rêverie exaltée (en allemand: « Schwärmerei ») basée sur la seule imagination – laquelle, à l’inverse de l’Intuition – n’enflamme qu’elle-même – ne mène nulle part.  Le véritable être humain idéal a non seulement la tête dans le Ciel mais aussi les pieds solidement posés sur la Terre!

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Le Lion et le Rat

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Le Lion et le Rat - Gustave Doré

Le Lion et le Rat – Gustave Doré

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Il faut, autant qu’on peut, obliger tout le monde:
On a souvent besoin d’un plus petit que soi.
De cette vérité deux fables feront foi,
Tant la chose en preuves abonde.

Entre les pattes d’un Lion
Un Rat sortit de terre assez à l’étourdie.
Le Roi des animaux, en cette occasion,
Montra ce qu’il était, et lui donna la vie.

Ce bienfait ne fut pas perdu.
Quelqu’un aurait-il jamais cru
Qu’un Lion d’un Rat eût affaire?
Cependant il advint qu’au sortir des forêts
Ce Lion fut pris dans des rets,
Dont ses rugissements ne le purent défaire.

Sire Rat accourut, et fit tant par ses dents
Qu’une maille rongée emporta tout l’ouvrage.

Patience et longueur de temps
 Font plus que force ni que rage.

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Le Lion et le Rat - Legrand-Oury

Le Lion et le Rat – Legrand-Oury

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Moralité: Comme on peut le voir dans le texte de l’excellente fable ci-dessus, bien que courte, cette fable comporte, en fait, deux Morales, l’une au début: « On a souvent besoin d’un plus petit que soi. », l’autre à la fin: « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. ».

La Morale initiale incite à ces deux grandes Vertus que sont la Modestie et l’Humilité et la Morale finale incite à ces deux autres grandes Vertus que sont la Patience et la Persévérance. Beaucoup est donc donné en peu de lignes! « In der Kürze, die Würze » [« Dans la concision, l’épice. »]

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Le Corbeau et le Renard

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Le Corbeau et le Renard - Gaston Gelibert

Le Corbeau et le Renard – Gaston Gelibert

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Maître corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître renard, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage:
«Hé! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli! que vous me semblez beau!
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois.»

À ces mots, le corbeau ne se sent pas de joie;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le renard s’en saisit, et dit: «Mon bon monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage sans doute.».

 Le corbeau honteux et confus,
 Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.

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Le Corbeau et le Renard

Le Corbeau et le Renard – A la japonaise…

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Moralité: A l’inverse de – par exemple – « Le Lion et le Rat », Cette célèbre fable « Le corbeau et le renard » n’exalte directement aucune Vertu mais met sérieusement en garde contre l’un des plus graves des 7 péchés capitaux: La vanité.

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Parfois, les animaux de Jean de La Fontaine sont remplacés par des végétaux, qui, eux aussi, ont quelques leçons de vie à nous donner… En voici maintenant un célèbre exemple…

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Le Chêne et le Roseau

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Le Chêne et le Roseau - Tony Johannot

Le Chêne et le Roseau – Tony Johannot

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Le chêne un jour dit au roseau:
«Vous avez bien sujet d’accuser la nature;
Un roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent qui, d’aventure,
Fait rider la face de l’eau
Vous oblige à baisser la tête:
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d’arrêter les rayons du soleil,
Brave l’effort de la tempête.
Tout vous est Aquilon, tout me semble Zéphyr.

Encor si vous naissiez à l’abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage,
Vous n’auriez pas tant à souffrir:
Je vous défendrais de l’orage.
Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des royaumes du vent.
La nature envers vous me semble bien injuste.

— Votre compassion, lui répondit l’arbuste,
Part d’un bon naturel; mais quittez ce souci.
Les vents me sont moins qu’à vous redoutables.
Je plie et ne romps pas. Vous avez jusqu’ici
Contre leurs coups épouvantables
Résisté sans courber le dos;
Mais attendons la fin.»
Comme il disait ces mots,

Du bout de l’horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût portés jusque-là dans ses flancs.

L’arbre tient bon; le roseau plie.
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu’il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l’empire des morts.

 

Moralité: La Fontaine n’en tire pas ici lui-même, laissant ses lecteurs tirer leurs propres conclusions. De cette histoire l’on peut tirer au moins trois Morales:

1) La vantardise (parente de la présomption) est un vilain défaut (le chêne crâne auprès du roseau). Il vaut bien mieux cultiver la Modestie et l’Humilité.

2) Nul ne connaît l’avenir. Ce qui n’est encore jamais arrivé peut quand même finir par arriver… Raison de plus pour être modeste!

3) A la rigidité intellectuelle capable de détruire son but il vaut bien mieux préférer la souplesse de l’esprit capable d’adaptation permanente.

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Le Renard et l’Écureuil

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Le Renard

Le Renard …

 

Il ne se faut jamais moquer des misérables,
Car qui peut s’assurer d’être toujours heureux?
Le sage Ésope dans ses fables
Nous en donne un exemple ou deux;
Je ne les cite point, et certaine chronique
M’en fournit un plus authentique.
Le Renard se moquait un jour de l’Écureuil
Qu’il voyait assailli d’une forte tempête:
Te voilà, disait-il, près d’entrer au cercueil
Et de ta queue en vain tu te couvres la tête.
Plus tu t’es approché du faîte,
Plus l’orage te trouve en butte à tous ses coups.
Tu cherchais les lieux hauts et voisins de la foudre:
Voilà ce qui t’en prend; moi qui cherche des trous,
Je ris, en attendant que tu sois mis en poudre.
Tandis qu’ainsi le Renard se gabait,
Il prenait maint pauvre poulet
Au gobet;
Lorsque l’ire du Ciel à l’Écureuil pardonne:
Il n’éclaire plus, ni ne tonne;
L’orage cesse; et, le beau temps venu,
Un chasseur ayant aperçu
Le train de ce Renard autour de sa tanière:
«Tu paieras, dit-il, mes poulets.»
Aussitôt nombre de bassets
Vous fait déloger le compère.
L’Écureuil l’aperçoit qui fuit
Devant la meute qui le suit.
Ce plaisir ne lui dure guère,
Car bientôt il le voit aux portes du trépas.
Il le voit; mais il n’en rit pas,
Instruit par sa propre misère.

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L'écureuil

et … l’Écureuil

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Moralité: Certes, il ne faut jamais se moquer des misérables, de même que – misérable ou pas – il ne faut jamais se moquer de qui que ce soit, de façon générale. Il n’y a qu’un Juge, et c’est Dieu. Qui, en fonction de la Loi de la Pesanteur, connaît sa véritable hauteur dans la Création? Qui, en fonction de la Loi de l’Attraction du Genre Semblable, peut se croire mieux que ceux qu’il fréquente? Qui, en fonction de la Loi de l’Effet de Réciprocité, sait ce qui l’attend encore – ou pas – à l’avenir?

Jésus a dit: « Aime Ton prochain comme Toi-même. ». Cela veut dire: « Respecte-le en tant que tel. ». Se réjouir du malheur d’autrui est toujours une faute et railler un être qui souffre, accablé par le destin, est méprisable. « Tel qui rit vendredi, Dimanche pleurera. » Ayons la sagesse de l’Écureuil!

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Le Renard et le Bouc

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Le renard et le bouc - Jean de La Fontaine

Le renard et le bouc – Jean de La Fontaine

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Capitaine Renard allait de compagnie
Avec son ami Bouc des plus haut encornés.
Celui-ci ne voyait pas plus loin que son nez;
L’autre était passé maître en fait de tromperie.
La soif les obligea de descendre en un puits.

Là chacun d’eux se désaltère.
Après qu’abondamment tous deux en eurent pris,
Le Renard dit au Bouc: « Que ferons-nous, compère?
Ce n’est pas tout de boire, il faut sortir d’ici.

Lève tes pieds en haut, et tes cornes aussi:
Mets-les contre le mur. Le long de ton échine
Je grimperai premièrement;
Puis sur tes cornes m’élevant,
A l’aide de cette machine,
De ce lieu-ci je sortirai,
Après quoi je t’en tirerai.

– Par ma barbe, dit l’autre, il est bon; et je loue
Les gens bien sensés comme toi.
Je n’aurais jamais, quant à moi,
Trouvé ce secret, je l’avoue. »

Le Renard sort du puits, laisse son compagnon,
Et vous lui fait un beau sermon
Pour l’exhorter à patience.
« Si le ciel t’eût, dit-il, donné par excellence,
Autant de jugement que de barbe au menton,
Tu n’aurais pas, à la légère,
Descendu dans ce puits. Or adieu: j’en suis hors.
Tâche de t’en tirer, et fais tous tes efforts;
Car, pour moi, j’ai certaine affaire
Qui ne me permet pas d’arrêter en chemin. »

En toute chose il faut considérer la fin.

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Moralité: Eh oui, en effet, en parfaite connaissance de l’infaillible Loi de l’Effet de Réciprocité et avec une constante Vigilance, en toute chose il faut toujours considérer la … fin! – « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se brise… ».

Cela signifie d’une part, toujours semer de bonnes semailles afin d’avoir de bonnes récoltes, mais aussi, d’autre part, dans un monde largement enténébré, discerner veulent en venir tous ceux qui vous font des promesses mirifiques…

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Conclusion

Les Fables de La Fontaine sont d’autant plus pertinentes que celui qui est initié au Savoir de la Création sait qu’en réalité le comportement des animaux – qui, à la différence des êtres humains (lesquels sont des créatures spirituelles) sont des créatures entéalliques – est, de façon générale, très largement influencé par celui des êtres humains et, en particulier, par leurs formes-pensées.

Ce n’est donc pas si surprenant si, parfois, à maints égards, ils nous ressemblent tant! L’idée de dépeindre la nature humaine (qui, déjà, avec Ésope [Palindrome: «Ésope reste ici et se repose»] et d’autres, remonte à l’antiquité) à travers des animaux porteurs de caractéristiques humaines – sur un plan littéraire – était sûrement une bonne idée. Cela a permis à Jean de La Fontaine de contourner la censure et de dire des vérités qu’autrement il n’aurait pas pu dire.

Chacun sait qu’au sens du langage humain les animaux ne parlent pas. Mais les caractéristiques humaines qu’ont les animaux de la Fontaine permettent aux êtres humains de s’y reconnaître comme dans un miroir… Et s’ils acceptent les leçons que leur donnent ces animaux et les Morales qu’en tire leur concepteur peuvent encore servir de guides à qui aspire à une vie plus conforme aux Lois de la Création et aux Commandements Divins.

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Exercice Spirituel

Rechercher, parmi les 243 Fables de Jean de La Fontaine, une Fable dont il n’est pas déjà question sur la présente page et dont la Morale est d’une particulière valeur sur le plan spirituel.

Lorsque vous l’avez trouvée, partagez votre découverte en commentaire au bas de cette page. Mentionnez le titre de la Fable, résumez l’histoire, citez quelques phrases parmi les plus importantes sur le plan de l’enseignement philosophique dispensé par La Fontaine, et mentionnez la Morale de l’histoire.

Si La Fontaine la mentionne lui-même au début et/ou à la fin de sa Fable, citez le ou les passages concernés. Sinon – ou en plus -, formulez vous-même la ou les Morales à tirer de cette Fable…. Vous rendrez un précieux service à tous les visiteurs de cette page!

Tant il est vrai que le But de la vie est la constante amélioration de son ressenti, de sa pensée, de sa parole et de son comportement… Les uns vis à vis des autres, nous sommes tous des éducateurs et tous des élèves…, c’est-à-dire des êtres humains en cours d’élévation spirituelle…

 Bonne Ascension!

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Jean de La Fontaine - Hyacinthe Francois Rigaud

Jean de La Fontaine – Hyacinthe François Rigaud

2 Commentaires

  1. Jean OLIVER

    Dans toutes ces fables Jean de La Fontaine dégage de chaque situation une conduite à tenir, mais qui, visiblement, n’a pas toujours été tenue, ce qui a amené l’homme face aux conséquences de ses propres faiblesses.

    Il sait également dégager, par l’intermédiaire des animaux, des qualités et des comportements utiles pour l’être humain, ainsi que des pièges à éviter.

    Réponse
  2. Deh Assy

    Les Fables de La Fontaine

    Belles fables instructives pour qui sait les lire en profondeur.

    Ces fables qui donnent des enseignements et sont très d’actualité aujourd’hui peuvent permettre un changement d’orientation intérieure bénéfique pour qui est lucide.

    Réponse

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