Ecole de l'art de vivre

Hautes lisses – Par Nicole Weisskopf

par | 31 Jan 2024 | Poèmes | 1 commentaire

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  Hautes lisses (*)

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Sur le mur d’un musée, une tapisserie

Encor bien conservée mais aux teintes pâlies,

Représente une image des temps moyenâgeux

Qui, grâce à ce tissage, prennent vie sous nos yeux.

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Combien étaient habiles les maîtres-artisans

Qui jouaient de leurs fils comme d’un instrument

Sur les cadres de bois devenus des métiers

Où s’affairaient leurs doigts avec dextérité.

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Des matériaux divers sont tissés en montant,

A l’endroit, à l’envers, régulièrement.

Chaque fil suit son cours, du début à la fin,

Créant sur son parcours une part du dessin.

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L’espace se remplit, le tissage prend corps,

Le tableau se construit par bribes de décor.

Vont ensuite émerger de nobles personnages,

Des chevaux harnachés, des dames et des pages.

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Quel art et quels talents sont ici révélés,

Et, inlassablement, que d’efforts conjugués !

Quelle diversité dans toutes les couleurs

Qui devront suggérer la vie et la chaleur.

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Commandés par des rois qui donnaient le motif,

Ces ornements de choix sont représentatifs

Du vivant paysage entourant l’être humain

Et du subtil tissage des fils de son destin.

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Sur un plan plus léger, que nous ne pouvons voir,

De petits ouvriers retracent notre histoire,

Formant d’une main sûre l’entourage adéquat,

Unique et sur mesure, de l’âme dans l’au-delà.

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Comment s’y prennent-ils ? Qui donne le modèle ?

D’où leur viennent les fils et tout le matériel ?

La matière première, l’être humain la fournit,

Par son vécu d’hier et celui d’aujourd’hui.

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Il ne peut s’empêcher, qu’il le désire ou non,

De toujours générer quantité de rayons.

Rien jamais ne se perd de ce que l’homme émet,

Qu’il soit encor sur Terre ou après son décès.

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Les Lois du Créateur veulent nous éduquer

En forçant l’émetteur à rester relié,

Par-delà l’existence, avec ce qu’il produit,

Toutes les fois qu’il pense, qu’il parle ou qu’il agit.

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Dès que les fils sont nés, ils vont à l’aventure,

Rencontrent des alliés de la même nature,

Prennent de la vigueur puis viennent se ranger,

Par genre et par couleur, prêts à être employés.

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Et c’est ce potentiel encore en suspension

Qui devient matériel pour la fabrication,

Sur un autre métier, d’une tapisserie

Qu’il va se préparer pour sa prochaine vie.

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C’est lui qui la commande quand il en a besoin.

Ses fils alors se tendent, ils réclament des soins.

Les petits tisserands, serviteurs du Très-Haut,

En groupes différents, se chargent des travaux.

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D’abord entre en action l’équipe de la chaîne.

Avant l’incarnation, ils préparent la scène,

Placent sur l’ourdissoir les fils qui sont donnés

Puis les fixent en miroir sur un de leurs métiers.

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La chaîne est bien tendue, tout peut recommencer.

On attend la venue, ici-bas incarné,

Du maître de l’ouvrage qui déterminera

Le dessin du tissage à chacun de ses pas.

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Si aux fils de la chaîne il ne peut rien changer

Puisque, tous, ils proviennent de son vécu passé,

Il va directement influencer la trame

Par ce qu’il rend vivant, en son corps et son âme.

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Le vouloir de l’esprit donne un fin matériau ;

Plus denses sont les fils des pensées et des mots.

Et ce que l’homme fait, caché ou au grand jour,

Aura, lui, son reflet sur le plan le plus lourd.

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Il a la liberté de ses résolutions

Mais ne peut échapper à leurs répercussions.

C’est ainsi qu’il apprend, acquiert des connaissances

Qui haussent lentement son niveau de conscience.

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Lorsqu’il aura compris que tout ce qui l’atteint

N’émane que de lui, qu’il fait seul son destin,

Ne voudra plus jamais se créer un enfer,

Lâchera le mauvais, tendra vers la Lumière.

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C’est bien là la raison de ses nombreuses vies,

La participation à la Grande Harmonie,

Dans le respect des Lois, parfaites à jamais,

Qui font de l’homme un roi quand il les reconnaît.

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Mais avant d’arriver au terme du voyage,

L’homme doit progresser, faire l’apprentissage

De son métier de roi dans la postcréation,

Titre qui lui échoit après initiation.

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Voilà donc notre élève revenu ici-bas !

Pendant l’enfance, il rêve, après, il agira.

Dès qu’il arrive à l’âge où l’on peut décider,

Il dirige l’ouvrage qui est sur le métier.

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Les petits tisserands se règlent d’après lui,

Tissant fidèlement tous les fils qu’il produit.

C’est de lui que dépend l’harmonie des couleurs,

Selon ce qu’il ressent et vit à l’intérieur.

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C’est lui qui met en scène de mouvantes images,

Où parfois se démènent d’étranges personnages.

C’est lui qui fait jaillir de beaux jardins de fleurs

Ou bien qui fait venir des monstres qui font peur.

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Tout peut toujours changer, car l’ouvrage est vivant.

Rien n’est jamais fixé, tout est en mouvement.

Un éclair de lumière tout à coup peut surgir

Ou du noir au contraire venir tout assombrir.

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A-t-il une pensée altruiste et généreuse ?

La trame est éclairée et devient plus joyeuse.

S’efforce-t-il encore d’aider, de secourir ?

Voilà quelques fils d’or qui vont tout embellir.

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Et s’il cherche vraiment Lumière et Vérité,

Tout naturellement, l’ouvrage va s’orner

De fils de pure soie, aux reflets chatoyants

Pour la plus grande joie des petits artisans.

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Tant que l’on est sur Terre, nos tapis s’élaborent

Dans la fine matière que l’on ne voit encore

Mais qu’on va retrouver, après notre décès,

Solide sous nos pieds et palpable à souhait.

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Oui, nos œuvres sont là, nous marchons au travers,

Tombant à chaque pas dans de vastes ornières,

Ou effleurant à peine, tant nous sommes légers,

Les sentiers qui nous mènent vers un but élevé.

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Sur le mur d’un musée, une tapisserie,

Encor bien conservée, mais aux teintes pâlies,

A suscité l’image des fils de nos destins,

Dans le vivant tissage de nos futurs chemins.

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Nicole Weisskopf

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Note:

(*) Lisse – Nom commun

  • (Technique, Tissage) Ensemble de fils métalliques verticaux intégrés dans un métier à tisser, destinés à accueillir un ou plusieurs fils horizontaux de la chaîne.

    « Il se fait aux Gobelins des tapisseries de haute et de basse lisse. ».

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Hautes lisses

Hautes lisses

1 Commentaire

  1. Deh Assy

    « Hautes lisses » (*)

    Grand merci à l’auteure de cet article, qui nous rappelle, une fois de plus, que c’est nous-mêmes qui traçons les sillons de notre destinée.

    À partir de cette œuvre picturale l’auteur nous montre comment nous faisons tisser pour nous la trame de ce que nous allons devenir et cela de façon auto-active.

    Allons donc vaillamment au tissage de notre tapis, qui nous portera selon les caractéristiques que nous lui avons conférées.

    Réponse

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