Ecole de l'art de vivre

La Nostalgie de la Lumière

par | 25 Avr 2024 | Poèmes, Autres Articles, Notions Justes | 3 commentaires

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La Nostalgie de la Lumière

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Dans notre découverte du lyrisme et du romantisme nous nous sommes déjà penché sur le poème « L’enfant » du poète romantique Alphonse de Lamartine.

Dans le sujet « Qu’est-ce que le Temps? » nous avons aussi cité le célèbre poème « Le Lac » du même Alphonse de Lamartine.

Cette fois-ci, dans le cadre de notre évocation du thème « La Nostalgie de la Lumière », nous examinons (les enrichissements sont de nous) un autre poème de Lamartine…:

L’isolement

Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs:
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports;
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
 Et je dis: « Nulle part le bonheur ne m’attend. ».

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé!

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un œil indifférent je le suis dans son cours;
En un ciel sombre ou pur, qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil?, je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts:
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire;
Je ne demande rien à l’immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai Soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux!

Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour!

Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes vœux, m’élancer jusqu’à toi!
Sur la terre d’exil pourquoi resté-je encore?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.

Quand la feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie:
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons!

Alphonse de Lamartine
(1790-1869).

 Extrait du recueil « Méditations poétiques » (1820).

C’est donc de ce poème « L’isolement » qu’est extrait le célèbre alexandrin:

  « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé! ».

L’on comprend que, frappé par un deuil, le poète Alphonse de Lamartine exprime son regret d’être encore sur Terre, dans sa croyance qu’une fois libéré de son corps de chair (« Si je pouvais laisser ma dépouille à la Terre ») il pourra enfin voir le merveilleux Au-delà dont il a tant rêvé (« Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux! »), Au-delà dans lequel il espère revoir sa bien-aimée (« Que ne puis-je (…) m’élancer jusqu’à toi! »).

Exercice spirituel

Répondez à la question suivante:

La conception de l’au-delà exprimée par l’auteur du poème « L’isolement » dans son poème éponyme est-elle spirituellement juste? Si oui ou si non, pourquoi?

Merci – si cela vous convient – de partager votre réponse (même en choisissant d’utiliser un pseudonyme) en commentaire ci-dessous.

Le poète vit donc l’Adieu dont il parle dans son célèbre poème « Adieu à Graziella », dont voici donc, maintenant, les deux premiers quatrains:

« Adieu! mot qu’une larme humecte sur la lèvre;
Mot qui finit la joie et qui tranche l’amour;
Mot par qui le départ de délices nous sèvre;
 Mot que l’éternité doit effacer, un jour!

 Adieu!…. Je t’ai souvent prononcé dans ma vie,
 Sans comprendre, en quittant les êtres que j’aimais,
 Ce que tu contenais de tristesse et de lie,
   Quand l’homme dit: « Retour ! » et que Dieu dit: « Jamais! »« .

Exercice spirituel

Répondez à la question suivante:

La conception de l’Adieu exprimée par l’auteur du poème « Adieu à Graziella » dans son poème éponyme est-elle spirituellement juste? Si oui ou si non, pourquoi?

Merci – si cela vous convient – de partager votre réponse (même en choisissant d’utiliser un pseudonyme) en commentaire ci-dessous.

La Nostalgie … n’est plus … ce qu’elle était!

L’on peut donc voir que l’être humain peut éprouver toutes sortes de nostalgies, en particulier la nostalgie d’un être aimé absent. Ce la peut être la nostalgie envers  une amante ou un amant, une épouse ou un mari, un enfant, un ami, etc.

Mais il existe aussi, souvent, la nostalgie à l’égard de la patrie terrestre – que les politiques et les généraux exploitent habilement, sous forme de « patriotisme »,  auprès de la population, pour envoyer de jeunes hommes au « casse-pipe ».

Pourtant, ainsi que l’écrit Jean Choisel (page 326), dans son livre « Le Grand Virage »:

« Placer la Patrie au même niveau que Dieu
a toujours eu comme conséquences
  des listes et des champs de cadavres. ».

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Placer la Patrie et Dieu sur un même niveau

Placer la Patrie et Dieu sur un même niveau

 

Il parle, bien sûr, ici de la patrie terrestre, car – pour ce qui est de la Patrie céleste, c’est un autre sujet

D’autres éprouvent aussi de la nostalgie envers la richesse, ou bien envers les plaisirs, les jouissances physiques, le repos, la détente, le changement pour le changement (il est bien connu que « l’herbe est plus verte, ailleurs… ») ou les plaisirs variés, bref, le mot « nostalgie » est utilisée à toutes les sauces, lorsqu’il s’agit, en fait, de désirs bien terrestres.

Pourtant, le salaire de telles soi-disant « nostalgies » c’est, bien souvent, le même que le salaire du péché (selon Paul de Tarse): la maladie ou même à la mort.

Ce que, trop souvent, l’être humain appelle « nostalgie », cependant, a comme conséquences le mal et l’avilissement, abaisse au lieu d’élever, opprime au lieu de libérer, affaiblit au lieu de renforcer, rend maussade au lieu de rendre gai, rend grincheux au lieu de rendre joyeux, rend insatisfait au lieu de combler. C’est bien la preuve qu’il y a « quelque chose qui cloche ».

La nostalgie, selon les représentations actuelles, n’est même rien d’autre que le résultat de désirs inexaucés, c’est l’accroissement maladif de penchants n’inclinant que vers le purement terrestre, et dont l’exaucement apporte généralement, aussitôt la première ivresse passée, en définitive, uniquement la déception.

Avez-vous fait l’expérience de – des années après – retourner sur ce qui, pour vous, était la « terre natale »? Plus rien n’est comme vous l’aviez laissé, beaucoup de changements sont intervenus, des lieux qui vous étaient chers ont disparu. Le jardin de votre enfance où vous cueillez des fruits délicieux a été transformé en … parking! L’époque est révolue. Une telle « nostalgie » ne mène … nulle part! La réalité est devenue toute grise. C’est la déception assurée!

Décidément, « la nostalgie n’est plus … ce qu’elle était »!

La vraie Nostalgie

L’on remarque que dans son poème « L’isolement » le poète – puisque « un seul être lui manque » et que, de ce fait, « tout est dépeuplé » confie avoir perdu le goût de vivre. Il veut mourir, il aspire au tombeau! Cet être qui lui manque tant serait-il, par hasard, son Dieu et Créateur, dont il espèrerait se rapprocher en partant tout de suite pour l’Au-delà?

Eh bien non!, c’est manifestement un être humain qui lui manque. Mais ne s’agirait-il pas là d’une évidente transgression du 1er Commandement: « Je suis l’Éternel Ton Dieu, Tu n ‘auras pas d’autres dieux à côté de Moi! »? Les Lois de l’Éternel Dieu ont fait en sorte, en effet, qu’il soit encore présent sur la Terre au moment où il est écrit son poème. N’est-ce pas mettre en doute l’Omnisagesse Divine que de vouloir être dans l’Au-delà, lorsque l’on doit être sur la Terre?

Tout cela parce que le poète a la nostalgie d’une femme (possiblement la même que pour son poème « Le Lac »?) et qu’il estime (faussement) qu’il « ne peut pas vivre sans elle ». Ce faisant, il crée lui-même, entre l’ainsi dénommé « en-deçà » et le soi-disant « au-delà », une barrière qui, dans la réalité, n’existe pas.

Pourtant l’esprit humain ne devrait connaître qu’une seule Nostalgie, parce qu’en réalité il n’y en a qu’une! C’est la Nostalgie de la Lumière, qui repose dans l’esprit. La Nostalgie envers la Lumière est l’unique Canal pour toutes les Aides, arrivant d’En Haut, pour toutes les Forces en provenance de la Lumière. Celui qui, via sa Nostalgie, est relié à la Lumière n’est jamais « isolé ».

Là où n’existe pas ou plus de véritable Nostalgie envers la Lumière, chaque canal en vue de la réception des Grâces Divines est bouché, et le meilleur « déboucheur » n’y fera rien. La Nostalgie envers la Lumière est inséparable de l’Humilité. Tant qu’un être humain éprouve de la Nostalgie pour la Lumière, il est sauvable. Le jour où il n’en éprouve plus, il est perdu!

Sondez-vous vous-mêmes, êtres humains. Aspirez-vous vraiment à la Lumière? Cela se montre par la Candeur. La Candeur est la Vertu qui laisse passer la Lumière. Dans son étroitesse, la présomption intellectuelle ne laisse rien passer de la Lumière Divine arrivant d’En Haut. Se ressentir comme un enfant dans la Création, se tenant dans la Confiance envers son Père Céleste, est le seul Chemin vers le Salut!

Exercice spirituel

Sonder en soi pour y reconnaître la Nostalgie envers la Lumière, laquelle ne peut provenir que de l’esprit. L’exprimer avec des mots et, éventuellement (de façon anonyme ou non), partager ces mots en commentaire ci-dessous.

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Lumière au bout du Chemin

Lumière au bout du Chemin

3 Commentaires

  1. Jean Oliver

    La conception de l’au-delà exprimée par l’auteur du poème n’est pas juste, étant donné qu’elle est
    complètement influencée par le sentiment.

    Par ailleurs, il ne faut pas confondre la nostalgie vers la Lumière avec la nostalgie d’un être absent;
    nous sommes dans des régions complètement différentes.

    Que chaque nostalgie reste à sa place pour ce qu’elle est, ce qui ne l’empêche pas d’apporter sa capacité d’élévation pour l’esprit humain.

    La nostalgie envers la Lumière ne peut être qu’une Aspiration qui grandit, chaque jour, pour l’esprit humain qui s’efforce de cheminer de tout son cœur, selon les Lois de la Création.

    Réponse
  2. Jean Oliver

    La conception de l’au-delà exprimée par l’auteur du poème n’est pas juste, étant donné qu’elle est
    complètement influencée par le sentiment.

    Par ailleurs, il ne faut pas confondre la nostalgie envers la Lumière avec la nostalgie d’un être absent;
    nous sommes dans des régions complètement différentes.

    Que chaque nostalgie reste à sa place pour ce qu’elle est, ce qui ne l’empêche pas d’apporter sa capacité d’élévation pour l’esprit humain.

    La nostalgie envers la Lumière ne peut être qu’une Aspiration qui grandit, chaque jour,
    pour l’esprit humain qui s’efforce de cheminer de tout son cœur, selon les Lois de la Création.

    Réponse
  3. Deh Assy

    Je dirais: la Nostalgie Salvatrice; c’est bien cela le but ultime à viser.

    L’être humain de la Terre ne devrait avoir que cet objectif comme boussole, s’il veut sincèrement réussir à atteindre le but de sa présence dans cette matière.

    Encore faudrait-il pour cela qu’il sache pourquoi il est sur Terre!

    Et c’est bien là que se situe le vrai problème pour lui insurmontable.

    Réponse

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