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Le bon et le mauvais côté
de l’esprit de famille
L’« esprit de famille » – plus exactement le « sens de la famille » (le mot « esprit » ne se réfère pas exactement ici au spirituel) – est souvent exalté. Bien sûr, la famille et le foyer sont et demeurent des Valeurs sûres. C’est aussi le lieu où la maternité rayonne et éduque, où les animaux domestiques trouvent leur place, où, pour les enfants, se font les Apprentissages fondamentaux, où, entre autres, ils apprennent la Loi de la Compensation et à remercier Dieu.
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Mais là où l’intellect et le sentiment prennent la première place au détriment de l’esprit l’« esprit de famille » ou – mieux dit – le « sens de la famille » [en allemand: « Familiensinn« ] peut devenir un véritable fossoyeur pour les âmes.
Un proverbe dit joliment: « L’on est de son enfance comme l’on est d’un pays ». La famille est, bien sûr, le terreau idéal pour permettre à l’être humain de grandir, se développer, s’épanouir, découvrir les Vertus, développer ses facultés, et devenir un être humain accompli. Il n’est, bien sûr – surtout à notre époque -, ici pas question de remettre cette réalité bien établie en cause.
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Chaque esprit humain est, toutefois, en fait, une individualité. Même si, sur une rive certains le regardent partir et sur l’autre rive d’autres le regardent arriver, l’être humain naît seul et meurt seul. Devant son Dieu – même lorsqu’il a accepté des conceptions venant d’autrui et en particulier d’une collectivité quelconque – il est seul responsable de ses pensées, de ses paroles et de ses actes.
Personne ne peut s’abriter derrière sa famille, sa communauté, la société dans laquelle il vit ou quelque autre collectivité que ce soit, pour tenter d’excuser ses œuvres (dont font aussi partie ses pensées et ses paroles) et son comportement. Dans la Création il n’y a pas de communisme! L’«esprit de famille» déformé est une forme de communisme à l’échelle de la famille, tandis que le communisme est une sorte de sens de la famille à l’échelle d’un état. Tout cela est faux!
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Chacun est, en effet, seul responsable de lui-même, de ses choix, de ses orientations, de ses décisions. Chacun doit choisir seul quelle orientation il veut donner à sa vie, chacun doit vivre sa vie et non pas celle des autres. Chacun a son karma propre et chacun a sa tâche de vie à accomplir et ce n’est pas la même que celle des autres membres de sa famille.
Une famille doit donc être respectueuse de la liberté spirituelle chacun de ses membres, de même que chaque membre doit être respectueux de la liberté spirituelle de tous les autres membres. Une famille ne doit pas être une famille-ventouse ni une famille-glu, elle ne doit pas être une collectivité communiste en miniature.
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Le conditionnement existe à l’échelle des états totalitaires et – dans une moindre mesure et de manière plus insidieuse – aussi de ceux qui le sont moins. Il peut aussi – également de manière nettement plus insidieuse – à l’échelle des familles et des collectivités plus petites. De même qu’il existe le « politiquement correct » il existe aussi le « socialement correct » et le « familialement correct ». Ce qu’il est convenu d’appeler la « loyauté familiale » est souvent au détriment de ce qui est Juste et de l’être humain individuel.
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Les églises se sont constituées autour d’une conviction spirituelle commune, en particulier chrétienne. Dans une église se trouvent généralement des « fidèles », mais des fidèles à qui ou à quoi? Telle est la question. Selon ce qu’il est possible d’observer il est fréquent que les fidèles d’une église soient, en réalité, plus fidèles à leur église qu’à leur … Dieu! Ou encore au véritable Enseignement du Christ, dont ils se réclament pourtant.
Le « sens de la famille » est donc, à l’échelle la plus petite, la même chose que le sens de la communauté à une échelle plus grande. C’est le même principe qui, toujours, confronte l’individu à la collectivité, petite ou grande. L’être humain individuel ne doit jamais prendre égard à la collectivité – petite ou grande – mais doit toujours uniquement vouloir, penser, parler et agir en fonction de son intuition personnelle et de sa Reconnaissance propre de la Volonté Divine.
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« Le bon et le mauvais côté de l’esprit de famille »
Être assez lucide pour constater ce qui est entravant dans cet esprit de famille n’est plus facile de nos jours. A cause des fausses conceptions relatives à l’organisation de la vie en société l’esprit de famille a été conduit dans l’ensemble sur les voies non voulues par la Volonté Divine.
La libre volonté de l’esprit humain ne lui permet pas de vivre ces liens familiaux-là sans conséquences pour son évolution.
Il est temps que chacun de nous en prenne conscience dès maintenant pour éviter des liens qui l’entraveraient sûrement dans sa marche évolutive vers la Lumière.