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La mort, aujourd’hui

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Ce que sait chacun être humain sans exception, dès qu’il est conscient de sa vie, c’est qu’un jour il devra mourir! Chacun est convaincu de cela. C’est l’un des rares faits au sujet desquels il n’y a aucune discussion, aucun doute. Tout le monde le sait: Tout ce qui naît, meurt!

Dans notre société, l’on a favorisé l’oubli de la mort, plutôt que de la considérer comme le point culminant de la vie et un nouveau départ dans le domaine de la conscience. La littérature, l’art, et, de nos jours, le cinéma lui ont, le plus souvent, donné un caractère tragique. Comment s’étonner que la masse des individus en fasse{nt} autant? La mort apparaît comme un fléau qui nous frappe tous, que nous le voulions ou pas. Nous la déplorons en tant que fin de la vie, comme un vide qui nous appelle capricieusement à un moment inattendu. Les êtres humains évoquent cette fin abyssale sur le ton du regret en l’associant généralement à des angoisses, des souffrances et des larmes. Rien ne les rend plus mal à l’aise que de penser à la disparition de leurs parents, de leur épouse ou d’un ami très proche, ou même encore de leurs enfants.

Ce très profond fossé social concernant la mort l’a, en fait, coupée du sens même de la vie. Car c’est la Vie elle-même qui nous éduque à elle-même et nous l’avons oublié. La conséquence de cette attitude est que nous nions ainsi une part importante de la réalité de la vie et que nous négligeons la relation vitale qui existe entre la vie et la mort, celle-ci n’étant considérée que comme l’instant, le moment même de la fin de la vie.

L’on ne nous parle que très rarement de cette réalité des derniers moments de la vie et encore moins de l’importance et des conséquences de ceux-ci. La plupart des gens n’apprennent jamais à mourir et il ne leur est jamais donné l’occasion de se préparer à ce départ. Mais comment s’en étonner puisque l’on ne leur a pas appris non plus à vivre? Or la carence devant la mort n’est pas autre chose que la carence devant la vie! Sociétés « modernes et progressistes », mais qu’apprend-on dans vos écoles de plus important que l’art et la science de vivre et de mourir?

Le fait même de la mort provoque une résistance et un oubli aussi intense que possible dans la pensée des gens; l’on veut le cacher, le gommer. Le résultat est que les mourants sont laissés dans quelque recoin invisible inaccessible pour la société. Durant les dernières heures, ils sont, très souvent, exclus du reste de la vie et délaissés dans le monde impersonnel et technique de la médecine.

La médecine moderne s’est développée dans le sens de vouloir à tout prix maintenir la vie corporelle. Ainsi, plutôt que se nous montrer responsables vis à vis du processus de la mort, la médecine donne à la technologie des moyens pour le retarder. L’on distribue des médailles aux médecins qui réussissent à prolonger la vie de façon artificielle (inverse de l’euthanasie passive), mais pas à ceux qui les aident à mourir de façon digne et consciente.

Finalement, dans notre type de société basée sur la productivité et le culte de la jeunesse du corps, la mort représente l’ultime et insurmontable échec de toute les réalisations modernes. Cela signifie que l’ensemble de moyens utilisés pour prolonger la vie finit toujours par rencontrer une limite.

Dans cette fuite en avant, l’aberration maximale est atteinte par la pratique de cryogéniser (conservation par congélation) les corps dans l’espoir fou que l’on trouvera un jour le moyen de les « ressusciter » pour les rendre immortels.

À cause de l’importance donnée aux solutions technologiques nous faisons peu de cas de l’apprentissage consistant à accepter la mort et à s’y préparer. Les mêmes moyens qui nous ont permis de rallonger notre temps de vie nous ont aussi séparés de nos racines biologiques. Pour cette très rapide et aliénante ascension technologique, nous avons à payer le prix de notre corps et du monde dans lequel nous vivons!

Lorsque, au moment de la mort, notre fragilité biologique devient plus évidente, nous nous trouvons désarmés et incapables, privés de ce que nous avons à vivre et de la nouvelle direction dans laquelle nous devons nous engager. Essayer d’éviter le processus de la mort n’a servi qu’à nous la faire craindre davantage. Du fait que nous ne pourrons pas lui faire face, il sera impossible d’avoir sur elle une quelconque maîtrise. De la même façon que nous n’avons pas su diriger notre vie, nous ne saurons pas aborder ni maîtriser notre mort. La plupart du temps, lorsque arrive la mort, le mourant est sous sédatif, plus ou moins « assommé », et donc incapable de participer consciemment à son si particulier processus.

L’attitude courante consiste à considérer que moins le mourant aura eu connaissance et conscience de ce qui lui arrive, plus l’entourage et la médecine auront atteint leur but! Il faut absolument que le patient (mot qui indique bien l’attitude de soumission passive de celui-ci) meure et donc – selon l’opinion courante – glisse dans le néant de l’inconscience définitive sans s’être rendu compte de rien et, de préférence, en ayant cru jusqu’au bout qu’il était seulement atteint d’une affection bénigne dont il allait bientôt se rétablir!

Et tout ce que les membres de la famille trouvent à dire, après le départ d’un proche bien anesthésié par la médecine, c’est: «Au moins il n’a pas souffert!»; ils disent que c’est «une belle mort» et c’est tout ce qu’ils souhaitent pour eux-mêmes.

Car, après tout, c’est vivre qui leur est difficile. Ce genre de platitude n’est pourtant qu’un placebo; la plupart des gens craignent énormément la mort. À ce sujet, l’on peut remarquer que, bien que tous les êtres humains, dès leur enfance, soient certains de devoir, un jour, trépasser, la plupart d’entre eux cherchent néanmoins à en chasser la pensée. Le but est de faire comme si la mort n’existait pas. Beaucoup même peuvent s’énerver si, dans leur entourage, viennent à initier une conversation au sujet de la mort.

Les effrayés par la mort évitent avec soin d’entrer dans un cimetière. S’ils aperçoivent dans la rue, un convoi mortuaire, ils sont capables de faire un détour pour l’éviter. Et si le spectacle de la mort arrive sous leurs yeux, ils s’efforcent d’oublier le plus vite possible la pénible impression ressentie par eux. Une secrète appréhension les oppresse en permanence à l’idée que la mort pourrait, un jour, les surprendre sans qu’ils l’aient vu venir. Une vague crainte les empêche de sérieusement réfléchir à cette inéluctable fatalité.

Cette peur est, ô combien, stérile. En prétendant que la mort sera la fin de toutes les angoisses, une immense énergie se trouve gâchée. Car celle qui sert à entretenir des peurs nuisibles et paralysantes est automatiquement dérobée au service de la vie auquel elle est pourtant destinée. Le silence qui entoure l’énigme fondamentale de la vie est – c’est le cas de le dire! – «un silence de mort»!

Tout ce gâchis peut pourtant être évité. Il convient pour cela d’aborder la mort dans l’optique de la vie. Dans cette optique, le moment de la mort doit avoir sa juste place dans la société de sorte qu’il puisse avoir sa juste place dans la vie de l’individu. Car s’il est exact que – de même que (même en cas de jumeaux, de triplés ou autres) l’on naît seul – l’«on meurt seul», il n’en est pas moins vrai que l’on a besoin d’aide pour bien mourir, au départ comme à l’arrivée, tout comme pour le processus de la naissance.

L’on naît seul aussi comme l’on est seul. Mais qui, aujourd’hui, dans notre société, trouverait normal de laisser les femmes accoucher et les enfants naître, tout seuls, sans aucune assistance d’aucune sorte? Les parturientes tout comme les nouveaux-nés n’ont-ils pas droit aux soins vigilants de leurs maris, pères des enfants à naître, éventuellement assistés de sages femmes, voire de médecins accoucheurs dits «obstétriciens» ou encore «maïeuticiens»?

Que deviendrait l’enfant nouveau-né, incapable de se mouvoir, de se nourrir, de se protéger et de communiquer, sans les soins vigilants des parents, de l’entourage ou des infirmières? On le sait, il mourrait, peu après, de faim, de froid ou d’accident. Et même la mère a, après avoir enfanté, le plus souvent, pendant quelques jours, aussi besoin de repos et de soins.

Certes, il existe des hospices pour les vieillards, des hôpitaux et des « mouroirs ». Certes, les soins matériels sont assurés jusqu’au bout dans les sociétés civilisées et les personnes âgées prises en charge n’ont pas à mourir dans la rue. Mais, d’un point de vue humain, combien peu  sont-ils accompagnés pour ce dernier voyage et combien peu le personnel soignant est préparé à la délicate mission d’accoucher les âmes!

La mort n’est donc pas acceptée et les institutions s’avèrent incapables de répondre à l’insistante « présence » de la mort. Comment les agonisants ne se sentiraient-ils pas seuls sans personne pour réellement les accompagner? Il n’y a pas de rite de passage prévu pour faire face à l’inévitable et, bien souvent, le prêtre, quand il existe encore en ce domaine, n’intervient plus que – lorsque l’âme a déjà quitté le corps – pour l’enterrement, donc après coup.

Au moment où ceux qui doivent partir ont le plus besoin d’attention, on les place dans des institutions impersonnelles. Au moment où leur dernier souffle est rendu, ils ne sont plus que «la cinquième roue du carrosse» dans une société uniquement préoccupée par la «croissance» et les «indicateurs économiques».

Dans le meilleur des cas, les mourants seront entourés de confort matériel, mais, en ce qui concerne l’attention, l’écoute, la vigilance, la gravité et le respect du sacré de la vie et de la mort, ils devront en être privés et mourir le plus souvent dans la solitude affective et l’anonymat.

Redonner à la mort sa juste place d’étape décisive dans le processus continu de la vie sur différents plans, c’est aussi redonner ce si important moment au fil de la vie. C’est respecter l’âme et le corps au moment où l’âme le quitte et permettre à cette âme de naître ailleurs dans les meilleures conditions et de préparer ainsi son avenir dans le Monde de l’Au-delà.

Extrait de « Le Livre de la Mort Vivante ».

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Résurrection du fils de la veuve de Naïn

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1 Commentaire

  1. sylvie germain

    Je suis entièrement d’accord avec ce que je viens de lire, hélas.

    Réponse

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