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La convoitise
Comment est-il possible de définir la convoitise? Très simplement: La convoitise est un désir impur, donc illégitime! La jouissance n’est pas mauvaise en elle-même, elle ne le devient que lorsqu’elle est placée au premier plan ou lorsqu’elle s’exerce au détriment d’autrui.
Cette convoitise impure peut s’exercer dans de nombreux domaines. Lorsqu’il s’agit du domaine sexuel, la convoitise est alors appelée « luxure » et fait partie des « sept péchés capitaux ». Naturellement, la luxure s’exerce le plus souvent vis-à-vis de personnes étrangères comme, par exemple, les « péripatéticiennes » (« professionnelles » du « sexe »), mais pas seulement. Lorsqu’une telle convoitise se produit au sein de la famille cela donne lieu à des incestes avec ou sans consentement ou même – lorsqu’il n’y a pas de consentement, ce qui est encore bien pire – à des viols.
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Viol de Lucrèce – Par Le Titien
L’inceste selon la Torah
Dans la Torah, le tabou de l’inceste est longuement détaillé au chapitre XVIII du Lévitique (parasha A’harei):
- «Nul de vous ne s’approchera de sa parente, pour découvrir sa nudité.»
- «Nul ne prendra femme, la femme de son père et ne soulèvera la couverture du lit du père.».
Mais dans la Genèse, avant même la promulgation de la Loi, plusieurs épisodes traitent de cas d’inceste.
L’inceste selon le droit canon catholique
Dans le droit canon catholique, la prohibition de l’inceste s’étend à des degrés qu’il faut respecter: troisième degré inclus en ligne directe, jusqu’au quatrième en ligne collatérale. Le code de droit canonique de 1983 écrit:
«Canon 1091:
- – § 1. En ligne directe de consanguinité, est invalide le mariage entre tous les ascendants et descendants tant légitimes que naturels.
– § 2. En ligne collatérale, il est invalide jusqu’au quatrième degré inclusivement.
– § 3. L’empêchement de consanguinité ne se multiplie pas.
– § 4. Le mariage ne sera jamais permis s’il subsiste quelque doute que les parties sont consanguines à n’importe quel degré en ligne directe ou au second degré en ligne collatérale.»
Le code du droit canon ne prévoit donc pas d’autre peine que celle de l’invalidité du mariage.
Cas d’inceste dans la Bible
Tous les incestes (unions corporelles entres proches apparentés généralement considérées comme illégitimes) ne sont, pour autant, pas des viols et ne sont pas tous – de loin s’en faut! – motivés par la convoitise.
La Bible compte plusieurs cas d’inceste dont les causes peuvent être très différentes; en voici quelques-uns:
- Les filles de Loth (Genèse XIX, 30-38), après la mort de leur mère, enivrent leur père pour perpétuer sa lignée;

Loth et ses filles – Franceschini Marcantonio
Même si, en ce cas, la motivation principale ne semble pas être la convoitise sexuelle, il est clair que le comportement des filles de Lot est tout à fait répréhensible. Aucune « bonne raison » (comme la « perpétuation de la lignée ») ne peut justifier de telles pratiques!
- Abraham épouse sa demi-sœur Saraï (Genèse XII et XX). Naturellement, dans ce cas il ne s’agit nullement de violence, mais d’un mariage en bonne et due forme, avec un plein assentiment des deux côtés.
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Abram (Abraham) épouse sa demi-sœur Saraï (Sarah)
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Ruben, fils aîné de Jacob, et Bilha, servante de Rachel et concubine de Jacob
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Considéré isolément, le récit biblique (Genèse XXXV, 22) décrit clairement ici un acte de débauche, mais il peut apparaître sous un autre jour lorsqu’il est confronté au contexte immédiat, soit la mort de Rachel – épouse légitime de Jacob-Israël – et la liste généalogique des fils de Jacob qui survient juste après. L’insertion de l’acte de Ruben avant cette liste qui fait ostensiblement suite à la naissance du dernier fils de Jacob-Israël mais établit l’ordre des naissances d’après les mères, définit les relations entre les protagonistes de l’histoire: fils de Léa, Ruben est le premier-né de Jacob (Gn XXXV, 23), tandis que Bilha est la servante de Rachel (Genèse XXXV, 25) qui l’a donnée pour femme à Jacob afin qu’il enfante d’elle (Genèse XXX, 4). Dans ce contexte, l’acte de Ruben pourrait se comprendre comme la tentative d’un fils qui aurait voulu couper court à tout rapport entre son père et la rivale de sa mère, en déshonorant par cet acte celle qui lui avait été autrefois substituée.
Lorsque Jacob apprend la trahison de son fils aîné qu’il accuse d’avoir alors «attenté au lit paternel et flétri l’honneur de sa couche», il lui retire ses droits d’aînesse au profit de Joseph et de Juda.
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Amnon viole sa demi-sœur Tamar
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Amnon viole sa demi-sœur Tamar – Après le viol
Ici, encore plus qu’un cas d’inceste, il s’agit clairement d’un viol. Si les incestes sont rarement consentis, ils ne sont pour autant pas tous des viols. Toutefois, selon l’étymologie, le mot « inceste » vient du latin « incestum » signifiant « souillure », à rapprocher de « incesto »: « rendre impur ».
- Ruben et les mandragores
Par ailleurs, l’épisode des mandragores (Genèse XXX, 14-18) peut être interprété comme empêchant l’inceste de Ruben avec sa mère Léa:
« Ruben sortit au temps de la moisson des blés, et trouva des mandragores dans les champs. Il les apporta à Léa, sa mère. Alors Rachel dit à Léa: « Donne moi, je te prie, des mandragores de ton fils. ». Elle lui répondit: « Est-ce peu que tu aies pris mon mari, pour que tu prennes aussi les mandragores de mon fils? ». Et Rachel dit: « Eh bien!, il [Jacob] couchera avec toi cette nuit pour les mandragores de ton fils. ». Le soir, comme Jacob revenait des champs, Léa sortit à sa rencontre, et dit: « C’est vers moi que tu viendras, car je t’ai acheté pour les mandragores de mon fils. ». Et il coucha avec elle cette nuit. » (Genèse XXX, 14-16).
L’on peut remarquer, en effet, que Ruben a couché avec Bilha, qui, en tant qu’épouse de son père, est aussi la mère de plusieurs de ses demi-frères et l’une de ses belles-mères. Alors, pourquoi n’aurait-il pas voulu coucher aussi avec sa propre mère Léa, également épouse de son père Jacob?
Même en dehors du viol il existe de nombreux cas de relations sexuelles impures, même lorsque les deux parties sont « consentantes ». Cela se produit à chaque fois que l’Harmonie spirituelle liée à un pur Amour n’est pas à la base du rapprochement, autrement dit extrêmement souvent!
Il y a aussi des histoires comme cela dans la Bible, où il n’y a ni viol ni inceste. L’une des plus célèbres et la convoitise du roi David à l’égard de Bethsabée, la femme de Urie, par laquelle il a transgressé non seulement le Sixième Commandement (« Tu ne dois pas briser un mariage! ») mais aussi le Neuvième Commandement (« Ne convoite pas la femme de Ton prochain »), sans oublier le Cinquième Commandement (« Tu ne dois pas tuer »), puisqu’il a comploté pour que Urie se fasse tuer sur le champ de bataille! Dans le célèbre Psaume 50 – dont s’est inspiré Allegri pour composer son « Miserere » – le roi David exprime sa repentance pour sa faute.
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Du haut de son palais le roi David aperçoit Bethsabée prenant son bain
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Convoitise et jouissance
Dans notre page sur la jouissance nous avons déjà vu que la jouissance n’est nullement mauvaise en elle-même. Elle ne devient une faute que lorsqu’elle se produit aux dépens d’autrui. Dans la Création de son Créateur l’être humain peut jouir de tout, à condition que ce soit pur, modéré et que cela ne cause jamais de tort ni à autrui,ni, non plus, à soi-même.


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