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La Réincarnation – De la croyance au Savoir
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A notre époque (XXIème siècle) la réincarnation n’est plus seulement une question de croyance liée à la religion ou à la spiritualité, elle est aussi devenue une question scientifique, que plus personne de simplement honnête ne peut éluder d’un revers de la main. A la place de « Je crois en la réincarnation » sera-t-il bientôt possible de dire – comme une évidence naturelle partagée par tout être humain de bon sens -: « Je sais que la réincarnation existe »?
Ils croyaient en la réincarnation
La croyance en la réincarnation n’est pas seulement le fait de traditions orientales; elle a aussi traversé l’histoire de la pensée occidentale, inspirant des esprits ouverts tout en étant terrestrement rationnels, des scientifiques de renom et des artistes majeurs. Voici une liste de personnalités ayant publiquement affirmé ou écrit sur leur conviction en la réincarnation aussi appelée métempsychose (la transmigration des âmes).
Par exemple, déjà dans la Grèce antique, la réincarnation était une doctrine centrale de plusieurs écoles de pensée. Par exemple, Pythagore est considéré comme l’un des premiers à l’avoir enseignée en Occident. L’on raconte qu’il affirmait se souvenir de ses vies antérieures, notamment qu’il avait été un guerrier à Troie. Platon, dans ses dialogues (notamment le Phédon et La République avec le « Mythe d’Er »), expose sa conception selon laquelle l’âme est immortelle et revient s’incarner pour se purifier. Plotin, fondateur du néoplatonisme voyait le corps comme une prison temporaire pour une âme en cours de pérégrination.
De même de nombreux écrivains ont vu dans la réincarnation une explication à la précocité du génie ou aux affinités inexpliquées. Victor Hugo, qui avait expérimenté la communication avec les esprits, à la fin de sa vie, écrivait: « Quand je descendrai dans la tombe, je pourrai dire comme tant d’autres: « J’ai fini ma journée, mais je ne peux pas dire: « J’ai fini ma vie. ». Une autre journée commencera le lendemain matin. ». Johann Wolfgang von Goethe, le génie allemand affirmait: « Je suis certain d’avoir été ici mille fois auparavant, et j’espère revenir encore mille fois. ». Honoré de Balzac, dans son livre « Louis Lambert », explore longuement les théories de la survie de l’âme et des vies successives. Ralph Waldo Emerson, chef de file du Transcendantalisme américain, croyait que l’âme progressait à travers une série d’étapes infinies.
Dans le domaine de la science et et de la psychologie certains pionniers dans l’étude de l’esprit humain ont envisagé cette hypothèse pour expliquer les structures profondes du cerveau. Bien qu’il soit resté prudent sur le plan purement scientifique, le fondateur de la psychologie analytique Carl Gustav Jung a écrit dans son autobiographie: « Je pourrais fort bien avoir vécu dans des siècles antérieurs… que je ne sois né qu’à cause de questions auxquelles je n’avais pu répondre. ». En disant cela, il liait son propos à son concept d’inconscient collectif. Thomas Edison, l’inventeur notamment de l’ampoule électrique, imaginait que la vie était composée de « petites entités intelligentes » qui ne mouraient jamais et se réassemblaient dans de nouveaux corps. Gustav Fechner, physicien et fondateur de la psychophysique, a écrit un livre entier sur la vie après la mort et la renaissance.
Dans le domaine des Arts et de la Musique, par exemple, le compositeur Gustav Mahler était fasciné par les philosophies orientales et la survie de l’âme, thèmes que l’on retrouve dans sa Symphonie n°2 « Résurrection ». George Harrison, membre des Beatles, était, dans la pop culture moderne, le plus célèbre défenseur de la réincarnation, intégrant ces concepts dans ses chansons comme « Give Me Love ». Le célèbre peintre Salvador Dalí affirmait être la réincarnation de son frère aîné, également prénommé Salvador, mort neuf mois avant sa propre naissance.
Mais il n’y a pas que chez les philosophes, les écrivains et les artistes que l’on trouve des croyants en la réincarnation, il y en a aussi chez les politiciens et les capitaines d’industrie. Par exemple, Benjamin Franklin, l’un des pères fondateurs des États-Unis, dès l’âge de 22 ans, a écrit sa propre épitaphe, se comparant à un vieux livre dont le contenu ne serait pas perdu mais « paraîtrait une fois de plus dans une nouvelle et plus élégante édition, revue et corrigée par l’Auteur. ».
Henry Ford, le célèbre industriel constructeur d’automobiles, a déclaré, dans une interview au New York Times en 1928: « J’ai adopté la théorie de la réincarnation quand j’avais 26 ans… Le génie est le fruit d’une longue expérience dans de nombreuses vies. ». Le célèbre Général George Patton de la Seconde Guerre mondiale était convaincu d’avoir été un légionnaire romain, un chevalier médiéval et un soldat de Napoléon. Il est remarquable de voir comment ces deux figures de l’histoire américaine, symboles de pragmatisme, de science et d’industrie, ont utilisé la réincarnation non pas comme un dogme mystique, mais comme une théorie logique pour expliquer le progrès humain.
Aussi à l’époque moderne, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, a fait de la réincarnation et du karma les piliers de son enseignement spirituel. Le Dalaï-Lama Tenzin Gyatso, en tant que chef du Bouddhisme tibétain, est considéré comme la 14ème incarnation de sa lignée. Cette liste montre déjà que l’idée de réincarnation n’est pas une simple « superstition », mais une forte Notion qui a servi de moteur conceptuel à certains des plus grands fondateurs de notre civilisation.
Quelques conceptions vues de plus près
Benjamin Franklin (1706-1790): La réincarnation comme « Édition revue ». L’un des Pères fondateurs des États-Unis, inventeur du paratonnerre et diplomate de génie, Franklin voyait la réincarnation sous l’angle de la conservation de la nature (rien ne se perd). Son argument principal était que, pour lui, il était illogique de penser que Dieu crée une âme, lui permette d’accumuler de la sagesse et de l’expérience, pour ensuite la détruire après seulement quelques décennies. Sa célèbre métaphore: À l’âge de 22 ans, il rédigea sa propre épitaphe (bien qu’elle ne fut pas gravée sur sa tombe finale), comparant son corps à un livre:
« Le corps de Benjamin Franklin, imprimeur, (telle la couverture d’un vieux livre, dont les feuilles sont arrachées et le titre et la dorure effacés), repose ici, nourriture pour les vers. Mais l’ouvrage ne sera pas perdu, car il reparaîtra, comme il le croyait, dans une nouvelle et plus élégante édition, revue et corrigée par l’Auteur. ».
Pour Benjamin Franklin, chaque vie était donc une sorte de brouillon que, dans une perspective de progrès continu, il est possible d’améliorer lors de la prochaine édition…
Pour Henri Ford (1863-1947), la réincarnation était une « Accumulation d’expérience ». Le « père de l’automobile » moderne était un homme tout à fait rationnel. Il a découvert la réincarnation à l’âge de 26 ans en lisant un livre d’Orlando Smith, et cette idée a changé sa vision du travail et de la vie. Son argument principal était que le « Génie » n’est pas un don du hasard. Pour Henri Ford, si un enfant naît avec un talent immense (comme Mozart), c’est parce qu’il a déjà pratiqué son art pendant des siècles au cours de vies antérieures. Henri Ford ne voyait pas la réincarnation comme un repos, mais, au contraire comme une opportunité de continuer à apprendre.
En 1928 il déclarait:
« Le travail est futile s’il ne nous permet pas de recueillir l’expérience que nous emportons avec nous. […] Quand j’ai découvert la réincarnation, c’était comme si j’avais trouvé un plan universel. J’ai réalisé qu’il y avait une chance de travailler mes idées. Le temps n’était plus limité. Je n’étais plus l’esclave des aiguilles de l’horloge. ».
Cette conviction lui a apporté une grande sérénité face à l’échec. Si un projet échouait, ce n’était pas grave, car il aurait « une autre chance » dans une autre vie pour, cette fois, le réussir.
En quoi Benjamin Franklin et Henri Ford peuvent-ils se rejoindre? Bien qu’ils aient vécu à des époques différentes, leurs motivations étaient identiques: Ils ne supportaient pas l’idée qu’une incarnation puisse être gâchée sans être mise à profit. Ils voyaient la vie humaine comme une constante école, où l’individu progresse de vie en vie. Pour tous les deux, la conviction en l’existence de la réincarnation a supprimé la peur de la mort, leur permettant de prendre plus de risques dans leurs carrières respectives. C’est un contraste frappant avec l’image que l’on a souvent de la réincarnation comme d’une expérience uniquement passive ou contemplative. Pour Franklin et Ford, c’était un moteur pour l’action.
Pour Carl Jung, l’un des pères de la psychologie moderne, la question de la réincarnation n’était pas une simple croyance religieuse, mais une approche psychologique nécessaire pour expliquer la profondeur de l’inconscient humain. Carl Jung abordait ce sujet avec la prudence d’un scientifique, mais avec une vaste curiosité. Sa vision repose sur trois piliers:
La « Continuité de l’Âme » et les questions inachevées. Jung pensait que nous ne naissons pas comme une « page blanche » (tabula rasa). Il avait l’intime conviction que nous portons en nous des problèmes, des questions ou des missions qui n’ont pas été résolus par nos ancêtres ou par nous-mêmes dans un lointain « passé ».
Dans son autobiographie, « Ma vie: Souvenirs, rêves et pensées », il écrit:
« Je pourrais fort bien avoir vécu dans des siècles antérieurs et y avoir rencontré des questions auxquelles je n’avais pas encore pu répondre; que je dusse donc renaître parce que je n’avais pas accompli la tâche qui m’était assignée. ».
Carl Jung a théorisé l’existence de l’Inconscient Collectif, une sorte de réservoir universel d’images et de symboles (les archétypes) partagés par toute l’humanité. Pour Carl Jung, ce que nous interprétons comme des « souvenirs de vies antérieures » pourrait être une connexion profonde avec ce réservoir universel. Si l’humanité est un océan, chaque individu est une vague. La vague disparaît, mais l’eau (l’information, l’expérience) retourne à l’océan avant de former une nouvelle vague.
Carl Jung a raconté une expérience troublante qui a renforcé son questionnement. Lors d’un voyage à Ravenne en Italie, alors qu’il visitait le baptistère néonien avec une amie, ils virent tous deux des mosaïques d’une beauté époustouflante représentant le Baptême du Christ.
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Ils en discutèrent longuement. En rentrant, Jung voulut commander des reproductions de ces mosaïques. C’est alors qu’il découvrit qu’elles n’existaient pas! Les murs étaient nus et – de mémoire d’homme – ne les avaient « jamais » abritées. [NDLR: Cela rappelle fortement l’histoire de Barbro Karlén voyant sur un mur de la chambre d’Anne Frank des photographies qui n’y étaient plus!]
Carl Jung en conclut qu’il avait eu une vision d’un passé qui n’était plus là, une sorte de « glissement temporel » suggérant que la psyché peut accéder à des strates de temps qui échappent au contrôle de l’intellect. C’est bien le cas, en effet, car, dans ses collections, le Temps conserve tout et ne perd rien. C’est avec ses yeux fin-matériels qu’il avait vu ces magnifiques mosaïques du Baptême de Jésus et non avec ses yeux gros-matériels.
Pour Carl Jung, si la réincarnation existe, elle a un but, c’est ce qu’il appelle l’« Individuation ». C’est le processus par lequel un être humain devient psychiquement complet. Une seule vie humaine est généralement trop courte pour atteindre cette complétude. La renaissance serait donc un mécanisme permettant à la conscience de poursuivre son expansion à travers différents contextes historiques et corporels.
Carl Jung ne disait pas: « Je sais que la réincarnation existe », mais plutôt « Il se passe des choses dans l’esprit humain qui ne peuvent être expliquées que si l’on considère que l’âme a une histoire bien plus longue qu’une seule vie. ».
Thomas Edison, l’homme aux 1093 brevets, abordait la question de la vie après la mort avec la même rigueur que ses expériences sur l’électricité ou le phonographe. Sa vision est particulière: elle se situe à mi-chemin entre la biologie cellulaire et la physique. Thomas Edison était tellement convaincu de la persistance d »une vie après la port du corps qu’il a tenté de construire un appareil pour communiquer avec elle. Cet appareil a souvent été appelé le « Nécrophone ».
En 1920, il a, en, effet, annoncé dans le magazine « Scientific American » qu’il travaillait sur un appareil extrêmement sensible capable de détecter les fréquences émises par ces « entités de vie », une fois sorties hors du corps humain. Il disait: « Si notre personnalité survit, il est strictement logique et scientifique de supposer qu’elle laisse une trace physique. Si nous pouvons construire un instrument assez sensible, nous pourrons enregistrer cette trace. ».
D’une certaine manière, Thomas Edison anticipait des concepts que l’on retrouve aujourd’hui dans la microbiologie (l’idée que nous sommes un écosystème – le microbiome – plutôt qu’un individu isolé) et la physique de l’information (l’idée que la conscience pourrait être une propriété fondamentale de la vie dans la matière, qui ne disparait jamais). Il est remarquable de voir que même l’un des plus grands inventeurs « matérialistes » de l’histoire ne pouvait se résoudre à l’idée que la conscience disparaisse totalement à la mort.
Victor Hugo et la réincarnation
Victor Hugo n’était pas seulement « le plus grand écrivain français » (Question à André Gide: « Quel est le plus grand écrivain français? » – Réponse d’André Gide: « Victor Hugo … hélas! »); il était aussi un chercheur passionné de l’Invisible. Sa conviction dans la réincarnation (qu’il appelait souvent la métempsychose) n’était pas une simple curiosité, mais le pilier central de sa philosophie de vie et de son œuvre monumentale.
Voici comment cette expérience a façonné l’homme et l’écrivain… Lors de son exil à Jersey (1852-1855), sous l’influence de son amie Delphine de Girardin, Victor Hugo participe à des séances de « tables tournantes ». A partir de ce moment-là Victor Hugo semble persuadé d’entrer en contact avec les esprits de Dante, Shakespeare, Jésus, mais aussi de sa fille décédée lors de sa noyade à Villequier, Léopoldine. Ces expériences renforcent sa certitude que l’âme transmigre à travers le temps et l’espace. Il commence à voir la vie terrestre comme une simple étape dans une ascension infinie…
Pour Victor Hugo, la réincarnation est la seule explication logique à l’injustice du monde. Pourquoi un enfant naît-il riche et en bonne santé, tandis qu’un autre naît dans la misère et la maladie? Pour lui, ce n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence des actes accomplis au cours des vies antérieures. Il croyait que l’âme pouvait monter ou descendre. On pouvait se réincarner dans une condition inférieure (pour expier des crimes) ou monter vers des sphères plus lumineuses.
« Je suis une âme. Je sens bien que ce que je donnerai au tombeau n’est pas moi. Ce qui est moi s’en ira ailleurs. […] La Terre n’est qu’un lieu de passage, une sorte de douane pour l’éternité. » — Victor Hugo.
L’on retrouve ces thèmes dans ses plus grands écrits: « Les Misérables »: Jean Valjean est souvent interprété comme une figure de l’âme qui se transforme et se rachète à travers une succession d’épreuves, presque comme plusieurs vies en une seule. « La Légende des Siècles »: Cette épopée immense décrit l’évolution de l’humanité de l’ombre vers la Lumière, un mouvement qui, selon Victor Hugo, se joue aussi au niveau individuel par les renaissances successives. « Ce que dit la bouche d’ombre »: Ce célèbre poème expose sa cosmogonie complète: tout dans l’Univers (pierres, arbres, animaux, êtres humains) contient une particule d’âme en voyage.
Peu avant sa mort, Victor Hugo a résumé sa pensée avec une clarté limpide: « Vous dites que l’âme n’est que le résultat des forces corporelles? Pourquoi donc mon âme est-elle plus lumineuse quand mes forces corporelles commencent à défaillir? L’Hiver est sur ma tête, et le Printemps éternel est dans mon cœur. […] Plus je vais vers la fin, plus j’entends autour de moi les Symphonies immortelles des Mondes qui m’appellent. ».
Victor Hugo a permis de « dédiaboliser » la notion de réincarnation en France. À une époque où l’Église catholique et le matérialisme scientifique s’affrontaient, il a proposé une troisième voie: une spiritualité universelle et humaniste, basée sur l’évolution perpétuelle de l’âme…
Diverses conceptions sur la Réincarnation
Si l’on récapitule, tandis que Benjamin Franklin voit la réincarnation comme la réédition d’un livre, Henri Ford la perçoit comme une accumulation d’expériences, Car Jung comme la poursuite d’une recherche antérieurement inachevée, Victor Hugo la voit comme une possibilité d’Ascension vers la Lumière. Chacun de ces grands esprits a trouvé dans la réincarnation une réponse à une problématique différente: l’injustice, l’oubli, le pourquoi de l’effort ou la poursuite de la conscience.
C’est un sujet crucial, car, si la doctrine officielle des grandes Églises (Catholique, Protestante, Orthodoxe) rejette la réincarnation depuis le Deuxième Concile de Constantinople en 553, de nombreux Chrétiens à travers l’histoire et aussi de nos jours soutiennent avec justesse que cette conception est compatible avec l’Évangile.
Leurs arguments reposent sur un examen des Textes originaux, l’histoire de l’Église primitive et une vision plus cohérente de la Justice Divine.
Réincarnation et Christianisme
Les Chrétiens pro-réincarnation affirment, déjà, que cette conception était courante dans les premiers siècles du Christianisme.
En particulier, Origène (185-253 après Jésus-Christ), un Père de l’Église et l’un des plus grands théologiens de l’Antiquité, enseignait la « préexistence des âmes ». Il estimait que les âmes étaient créées par Dieu avant la naissance – ce qui est juste – et qu’elles descendaient dans des corps pour se purifier, ce qui est juste aussi, dès lors où ces âmes se sont assombries au cours de vies antérieures (sinon, aucune purification n’est nécessaire), ce qui est, malheureusement, le cas de presque toutes les âmes présentement incarnées sur la Terre! (« Les « gens bien » ne sont plus sur Terre depuis longtemps! »)
Le Concile de 553: Pour ces Chrétiens, la réincarnation n’a pas été retirée de la Foi chrétienne officielle pour des raisons spirituelles, mais essentiellement pour des raisons politiques. L’empereur Justinien aurait imposé l’anathème contre les thèses d’Origène pour renforcer le pouvoir de l’Église: Si l’on n’a qu’une seule vie (et non des dizaines ou des centaines), l’urgence du Salut (et donc l’obéissance à l’Église) est bien plus forte.
Dans les Évangiles aussi il est possible de trouver divers indices en faveur de la Réincarnation. Plusieurs passages du Nouveau Testament sont souvent utilisés pour suggérer que la réincarnation était une notion familière aux contemporains de Jésus.
Jean le Baptiste et Élie: C’est l’argument le plus souvent cité. Dans l’Évangile selon Matthieu (XI, 14), Jésus dit à propos de Jean le Baptiste: « Et si vous voulez comprendre, c’est lui qui est l’Élie qui devait revenir. ». Pour beaucoup, cela indiquerait explicitement que l’âme du Prophète Élie s’est réincarnée dans le Prophète, Prédicateur de Pénitence et Préparateur de Chemin Jean le Baptiste.
Toutefois, bien que nous soyons, nous aussi, à l’affût de tels indices dans la Bible, nous ne considérons pas que ce verset soit une indiscutable preuve en faveur de la Réincarnation. En effet, Jésus affirme que Jean le Baptiste est l’Élie qui devait revenir et non Élie lui-même. La présence de l’article « l' » n’est pas indifférente. Il transforme le nom propre « Élie » en nom commun. Dès lors, le sens est vraisemblablement: « Jean le Baptiste est un Prophète qui a la Force et la Puissance du Prophète Élie et par lui – bien qu’il ne soit pas Élie lui-même (son Noyau spirituel est différent) – s’est accomplie la Prophétie relative au « Retour d’Élie ».
Par conséquent, nous ne voyons pas ici une preuve formelle de la réincarnation, parce qu’en effet il est évident que l’interprétation correcte est d’abord spirituelle. Peut-on pour autant complètement exclure toute interprétation terrestre à cette Parole? Pour répondre à cette question il faut y regarder de plus près. Et c’est précisément déjà ce qu’a fait Jean Choisel dans son livre « Les Pèlerins du Cosmos », dans le chapitre intitulé « L’éternel Retour ».
Toutefois, si l’on veut aller plus loin dans la réflexion…, demandons-nous si le Prophète Élie est vraiment revenu sur Terre en tant que Jean le Baptiste? Dans l’Ancien Testament (cette Prophétie se trouve même tout à la fin!) Malachie III, 23-24, contient une Prophétie intrigante: «Je vous enverrai le prophète Élie avant que n’arrive le Jour de l’Éternel, ce Jour grand et redoutable. Il ramènera le cœur des pères vers leurs enfants et le cœur des enfants vers leurs pères, de peur que je ne vienne frapper le pays de destruction.».
Malachie III, 24 dit donc qu’Élie reviendra pour «ramener le cœur des pères vers leurs enfants et le cœur des enfants vers leurs pères». Dans le Nouveau Testament, Jésus révèle que Jean le Baptiste est l’Accomplissement de la Prophétie de Malachie: «En effet, tous les Prophètes et la Loi ont prophétisé jusqu’à Jean. Si vous voulez bien l’accepter, c’est lui l’Élie qui devait venir.» (Matthieu 11.13-14). Cet Accomplissement est également mentionné en Marc I, 2-4 et en Luc I, 17 et VII, 27.
A noter que Matthieu 17.10-13 est directement lié à Malachie 3.23-24: «Les Disciples lui posèrent cette question: «Pourquoi donc les spécialistes de la Loi disent-ils qu’Élie doit venir d’abord?». Jésus leur répondit: «Il est vrai qu’Élie doit [d’abord] venir et rétablir toutes choses, mais je vous le dis: Élie est déjà venu, ils ne l’ont pas reconnu et ils l’ont traité comme ils ont voulu.» […] Les Disciples comprirent alors qu’Il leur parlait de Jean-Baptiste.».
Question: «Jean-Baptiste est-il vraiment Élie réincarné?».
Réponse: Dans son Évangile, Matthieu (Matthieu 11.7.14) dit: «Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à dire à la foule au sujet de Jean: «Qu’êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent? Mais qu’êtes-vous allés voir? Un homme habillé de tenues élégantes? Ceux qui portent des tenues élégantes sont dans les maisons des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir? Un Prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu’un Prophète, c’est celui à propos duquel il est écrit: Voici, j’envoie mon Messager devant Toi pour Te préparer le Chemin. Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’est venu personne de plus grand que Jean-Baptiste. Cependant, le plus petit dans le Royaume des Cieux est plus grand que lui. Depuis l’époque de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le Royaume des Cieux est assailli avec force, et des violents s’en emparent. En effet, tous les Prophètes et la Loi ont prophétisé jusqu’à Jean. Si vous voulez bien l’accepter, c’est lui l’Élie qui devait venir.»».
Jésus cite ici la Prophétie de Malachie (Malachie III, 1), où le Messager est décrit comme une Figure prophétique alors encore à venir. Malachie III, 23 dit que ce Messager est «le Prophète Élie», que Jésus semble identifier à Jean le Baptiste. Cela veut-il automatiquement dire que Jean-Baptiste serait Élie réincarné? Pas forcément.
D’abord, l’on peut noter que les premiers auditeurs de Jésus (ainsi que les premiers lecteurs de l’Évangile de Matthieu) n’auraient pas forcément compris les Paroles de Jésus comme une référence à la réincarnation. Et ce d’autant moins que, selon la Bible, Élie ne serait d’ailleurs pas mort, mais il aurait été élevé au Ciel dans un chariot de feu (II Rois, 2.11), ce qui rend moins évidente une réincarnation (ou résurrection). La Prophétie semble pourtant bien faire référence au retour sur Terre d’Élie. Comment peut-on appeler cela si ce n’est par le mot de ré-incarnation?
Ensuite, la Bible dit clairement que Jean-Baptiste est l’Élie, donc pas forcément Élie lui-même, mais parce qu’il est revêtu de «l’esprit et [de] la puissance d’Élie» (Luc I, 17). Jean le Baptiste est le Préparateur de Chemin du Messie, qui annonce Son Avènement, comme Élie l’a déjà fait dans l’Ancien Testament (et pourrait le refaire à l’avenir, voir Apocalypse XI).
De plus, Élie lui-même est apparu avec Moïse à l’occasion de la Transfiguration, après la mort de Jean le Baptiste, ce qui n’aurait pas aussi facilement concevable si, entre temps, Élie avait transféré son identité à Jean le Baptiste (Matthieu XVII, 11–12).
Les passages Marc VI,14-16 et 8.28 attestent aussi que le peuple comme Hérode ne considéraient pas Jean le Baptiste comme étant Élie.
Enfin, Jean-Baptiste a lui-même déclaré qu’il n’était pas Élie, donc Élie réincarné: En Jean 1, il s’identifie comme le Messager d’Ésaïe 40.3, mais pas comme l’Élie de Malachie 3.1. Il nie même clairement être Élie (Jean 1.19.23).
Jean a joué le rôle d’Élie pour Jésus, mais il n’était pas Élie réincarné. Comment réconcilier le fait que Jésus ait identifié Jean-Baptiste comme « l’Élie qui devait venir », tandis que Jean-Baptiste a déclaré qu’il n’était pas Élie? Il y a un élément-clef à ne pas oublier dans les Paroles de Jésus: «Si vous voulez bien l’accepter, c’est lui l’Élie qui devait venir.». Autrement dit, Jean-Baptiste n’est pas Élie de par sa nature (son noyau spirituel), mais il l’est de par sa fonction comparable à celle d’Élie. Il est l’Élie pour ceux qui mettent leur Foi en Jésus, mais pas forcément (« Si vous voulez bien l’accepter ») pour les chefs religieux qui le rejettent.
Si – selon la Parole de Jésus – Jean le Baptiste est l’Élie qui devait revenir, cela ne veut donc pour autant pas dire qu’il est la réincarnation du Prophète Élie, et il ne peut d’ailleurs pas l’être. Jean le Baptiste pouvait d’autant moins être la réincarnation d’Élie qu’il a lui-même dit qu’il n’était pas Élie: «Ils lui demandèrent: «Qui es-Tu donc? Es-Tu Élie?». Et il dit: «Je ne le suis pas.»» (Jean I, 21).
L’aveugle-né: Dans l’Évangile de Jean (IX, 2), les Disciples demandent à Jésus à propos d’un homme né aveugle: « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle? ». Les Chrétiens convaincus soulignent que pour que cet homme ait pu pécher avant sa naissance, il aurait dû vivre une vie antérieure. Par la suite, toutefois, à cette question, Jésus répond: « Ce n’est pas que lui ou ses parents aient péché; mais c’est afin que les Œuvres de Dieu soient manifestées en lui. ».…
La Réponse de Jésus ne confirme donc ni l’hypothèse des parents pécheurs ni celle d’une culpabilité de l’aveugle-né contractée au cours d’une vie antérieure. Bien qu’elle ne confirme pas ici la réincarnation, elle ne la contredit pas, non plus. La Réponse de Jésus confirme ici la réalité d’incarnations dites « de mission », au cours desquelles une âme prend sur elle une Mission volontaire, que ce soit pour secourir des êtres humains terrestres déterminés, ou que ce soit pour coopérer à une Œuvre d’Assistance destinée à l’humanité entière.
Ici – dans le cas de l’aveugle-né, il s’agit manifestement du deuxième cas: L’aveugle-né avait accepté cette Mission afin que la Gloire de Dieu, agissant en Son Fils, puisse, à l’occasion du Miracle opéré par le Christ Jésus, Se manifester en lui. Cela veut dire que l’âme de l’aveugle-né avait, d’avance, volontairement pris, sur elle, la cécité qui, sur Terre, devait l’atteindre, de sorte que, en ce cas non plus, il ne puisse donc pas être parlé d’injustice. Bien évidemment, après avoir accompli sa Mission, la Récompense devait lui échoir, en conséquence de la Loi de l’Effet de Réciprocité, si tant est qu’il ait effectué sa Mission uniquement pour la plus grande Gloire de Dieu et non par vanité personnelle, ni, non plus, dans l’attente d’une récompense céleste particulière!
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Guérison de l’aveugle-né – Eustache Le Sueur
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Le dialogue avec Nicodème: Lorsque Jésus dit qu’il faut « naître de nouveau » pour voir le Royaume de Dieu, certains y voient une allusion à la renaissance physique gros-matérielle, bien que l’interprétation classique soit celle d’une renaissance spirituelle par le Baptême.
La Justice de Dieu
Pour de nombreux croyants, la réincarnation est la seule manière de réconcilier l’Idée d’un Dieu infiniment Bon et Juste avec l’inégalité des naissances et les tragédies de l’existence.
L’inégalité à la naissance: Pourquoi Dieu créerait-il une âme pour naître dans la famine et une autre dans l’opulence si elles n’avaient qu’une seule chance? La réincarnation offre une sorte d’« égalité des chances » sur le temps long.
La purification (Le « vrai » Purgatoire): Certains considèrent que la Terre elle-même est le purgatoire. Plutôt que de brûler éternellement en enfer (ce qui serait incompatible avec l’Amour et la Jutice de Dieu), l’âme revient sur Terre jusqu’à ce qu’elle soit devenue parfaite, comme le demande le Christ: « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait. », Matthieu V, 48).
Le Karma et la Grâce
Selon la conception de ces Chrétiens plus ouverts, il n’y a pas de contradiction entre le Karma et la Grâce. Ils comprennent la parole de l’Apôtre Paul: « Ce qu’un être humain aura semé, il le moissonnera aussi. » (Galates VI, 7) comme une description du Processus karmique en relation avec la Loi de l’Effet de Réciprocité. De ce point de vue, le Sacrifice du Christ ne supprime nullement la nécessité de racheter soi-même son propre karma et d’apprendre de ses erreurs, ce qui permet d’enfin sortir du cycle des renaissances à répétition.
La croyance en la Réincarnation dans certains courants chrétiens
Aujourd’hui, cette croyance se retrouve beaucoup chez les Chrétiens ésotériques, les anthroposophes (adeptes de Rudolf Steiner) et certains courants spirites (comme ceux d’Allan Kardec, très influents au Brésil). Ils se définissent souvent comme des Chrétiens qui croient que « La Maison du Père a de nombreuses Demeures« (Jean XIV, 2), interprétant ces « demeures » comme autant d’étapes de vies successives.
L’Église catholique, ainsi que la majorité des Églises protestantes et orthodoxes, maintiennent une opposition doctrinale ferme à la réincarnation. Cette position n’est pas simplement une question de tradition, mais repose sur une structure théologique cohérente.
Pourquoi l’Église s’y oppose fermement
Pour le Vatican et les théologiens classiques, la réincarnation rendrait le sacrifice du Christ inutile. C’est, du moins, ce qu’ils pensent. Voici leurs trois arguments majeurs:
L’Unicité de la personne: Pour le Christianisme romain, l’être humain est une unité indissociable d’un corps et d’une âme. La réincarnation suggère que l’âme est un « voyageur » qui change de vêtement (de corps). Pour l’Église, c’est votre corps actuel qui sera ressuscité. Vous êtes « Jean » ou « Marie » pour l’éternité, pas une âme anonyme ayant eu cent identités différentes au cours de cent vies différentes.
Le Salut par la Grâce versus le Salut par l’Effort: La réincarnation suppose que l’on se sauve soi-même en s’améliorant de vie en vie (mérite). Le Catholicisme enseigne que l’être humain ne peut pas se sauver seul: c’est un Cadeau gratuit (la Grâce) de Dieu, reçu par la Foi dans le Sacrifice de Jésus accompli pour nous permettre de nous sauver au cours d’une seule vie terrestre.
Le passage de l’Épître aux Hébreux (IX, 27): C’est le verset biblique « bouclier » de l’Église:
« Et comme il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le Jugement… » Ce texte est utilisé pour clore tout débat: La mort serait un événement unique et définitif.
Autres passages bibliques « ambigus » souvent cités par ceux qui essayent de montrer aux Chrétiens traditionnels que la Réincarnation est une croyance chrétienne et même biblique.
Malgré la position officielle de l’église, les partisans de la réincarnation ne désarment pas et puisent dans d’autres textes pour soutenir que la Bible cache une Vérité plus complexe.
- L’Annonce de la naissance de Jean-Baptiste (Luc I, 17): Avant même la Parole de Jésus déjà évoquée plus haut l’Ange dit au prêtre Zacharie que Jean marchera devant Dieu « avec l’esprit et la puissance d’Élie ». Pour les Chrétiens ayant reconnu la réalité de la réincarnation, « l’esprit » signifie ici l’identité spirituelle réelle d’Elie supposément réincarnée en Jean-Baptiste.
- La Prophétie de Malachie (IV, 5): « Voici, je vous enverrai Élie, le Prophète, avant que le Jour de l’Éternel arrive ». Comme – au moment de cette Prophétie – Élie était déjà monté au Ciel depuis des siècles, son retour gros-matériel physique impliquait, pour les lecteurs de l’époque, une forme de renaissance.
- Le Livre de la Sagesse (VIII, 19-20): Ce Livre (présent dans la Bible catholique) contient une phrase étrange de Salomon:
« J’étais un enfant d’un bon naturel, j’avais reçu en partage une âme bonne; ou plutôt, étant bon, je suis venu dans un corps sans souillure. ». L’expression « étant bon, je suis venu » suggère que la qualité morale de l’individu préexistait à son entrée dans le corps physique terrestre gros-matériel.
- Apocalypse III, 12: « Celui qui vaincra, Je ferai de lui une colonne dans le Temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus« . Certains interprètes suggèrent que si le « vainqueur » ne sort plus du Temple, c’est parce qu’auparavant, il devait en sortir – et donc s’incarner – et y revenir plusieurs fois.
Le concept de « Résurrection » versus « Réincarnation »
C’est, en général, là que se situe le malentendu fondamental. Il est possible de définir le concept de « résurrection de la chair » appliqué à l’être humain par: Résurrection de l’unique corps terrestre de l’unique vie terrestre ainsi devenu un corps « glorieux » et immortel, à la Fin des Temps. C’est – selon la théologie catholique – l’aboutissement réussis d’une unique vie d’être humain terrestre. Pareillement, il est aussi possible de définir la Réincarnation ainsi: Retour dans un corps terrestre mortel, pendant un temps limité, pour continuer à apprendre, jusqu’à atteindre le point où il est possible de sortir de la « Roue des réincarnations » et de s’élever dans l’Au-delà afin de regagner le Paradis. C’est un cycle de devenir se poursuivant jusqu’au moment de la libération définitive hors de la matière.
Dans les deux cas le But est le même: Aller au Paradis, en tant que la Patrie des esprits humains accomplis et bienheureux entre temps devenus conscients d’eux-mêmes.
Les Chrétiens ayant reconnu la réalité de la Réincarnation réconcilient les deux en disant que les deux existent: La Réincarnation est le Chemin (le processus d’apprentissage) et la Résurrection est le moyen (sortie du cycle) de parvenir au But final.
Il est intéressant de noter qu’à notre époque, malgré l’interdiction doctrinale, les sondages montrent qu’environ 20 à 25 % des catholiques pratiquants en Europe et en Amérique latine admettent croire à une forme de vie successive, souvent même sans y voir de contradiction avec leur Foi. Une évolution vers une plus grande Reconnaissance serait donc possible pour ceux-là…
Comme souvent, des courants « souterrains » (« ésotériques ») du Christianisme ont souvent été les gardiens de la Notion de Réincarnation, défiant ainsi l’autorité doctrinale romaine, parfois même au péril de leur vie. Pour ces Chrétiens moins dogmatiques et plus ouverts, la Bible a un sens « exotérique » (pour la foule) et un sens « ésotérique » (réservé aux Sachants).
Ils ont cru à la Réincarnation
Les Cathares – La Pureté par la Réincarnation
Principalement installés, entre le XIIème et le XIVème siècle, dans le Sud-Ouest de la France, les Cathares (« les Purs ») possédaient une théologie radicalement différente du catholicisme romain. Pour eux, le monde matériel était la création d’un « mauvais dieu » (le Démiurge) et nos âmes étaient des anges déchus emprisonnés dans la chair. Étant donné qu’il n’y a qu’un Dieu et que les êtres humains ne sont pas des Anges, cette partie de leur croyance était, tout simplement, fausse.
Ils croyaient aussi que l’âme devait se réincarner de corps en corps jusqu’à ce qu’elle reçoive le « Consolamentum » (leur unique sacrement). Si une personne mourait sans avoir atteint cet état de pureté spirituelle, elle devait revenir « dans une autre tunique de chair ». Une fois le « Consolamentum » reçu et une vie de sainteté menée, l’âme était libérée du cycle des renaissances et retournait dans le Royaume de la Lumière. Ce qui est juste ici, c’est que l’âme doit effectivement se purifier de toute scorie afin de pouvoir se libérer du cycle des réincarnations (souvent rendues nécessaires par le karma) et entamer son Ascension spirituelle vers le Royaume de l’Esprit.
Les Templiers: Un Secret bien gardé
Bien que l’Ordre du Temple fût officiellement un ordre monastique et militaire soumis au Pape, de nombreuses légendes et certains historiens suggèrent qu’ils auraient rapporté d’Orient (au contact des courants gnostiques et des Druzes) des connaissances sur la préexistence des âmes. Lors de leur arrestation et de leur procès en 1307, l’une des accusations portées contre eux était d’avoir des croyances hétérodoxes. S’il n’est pas prouvé qu’ils enseignaient la réincarnation, leur intérêt pour les cycles et la géométrie sacrée laisse place à une vision non-linéaire du temps et de la vie.
Les Rose-Croix et l’Alchimie spirituelle
À partir du XVIIe siècle, les Rose-Croix ont intégré la réincarnation dans une vision de l’« alchimie de l’âme ». De même que le plomb doit être purifié plusieurs fois par le feu pour devenir de l’or, l’âme humaine doit passer par le « creuset » de la vie terrestre à plusieurs reprises pour se purifier de ses impuretés (orgueil, vanité, envie, convoitise, jalousie, haine, etc.).
Rudolf Steiner et l’Anthroposophie :
A notre époque, un héritage manifeste du christianisme ésotérique se trouve chez les adeptes de Steiner. Ils voient la réincarnation comme une Loi d’Évolution: Le Christ est venu non pour nous éviter de revenir, mais pour nous donner la Force de réussir nos prochaines incarnations.
Pourquoi l’église a-t-elle persécuté les Mouvements chrétiens mettant en évidence la Réincarnation?
C’est déjà ce qui était ressorti au 2ème Concile de Constantinople: L’Église craignait que l’idée de réincarnation n’affaiblisse son autorité. Si les êtres humaines croient qu’ils ont des milliers d’années et de nombreuses vies pour assurer leur Salut, alors ils n’auront plus peur de l’enfer immédiat prédit par le clergé. De plus, la réincarnation fait de l’individu le propre acteur de son évolution spirituelle, rendant les sacrements obligatoires de l’Église « moins importants ».
Voici encore un passage souvent cité par les croyants en la Réincarnation: « Au Vainqueur, Je donnerai de la Manne cachée, et Je lui donnerai un Caillou blanc; et sur ce Caillou est écrit un Nom nouveau, que personne ne connaît, si ce n’est celui qui le reçoit. » (Apocalypse II, 17). Pour ceux-la, ce « Nouveau Nom » signifie l’Identité spirituelle acquise après une longue série de victoires sur la matière à travers plusieurs vies.
D’un point de vue spirituel
Un grand bond est nécessaire pour passer de la conception de la vie unique aux vies successives. Liée à la maturité d’âme déjà atteinte, une grande Force intérieure est nécessaire pour reconnaître ici la Vérité. Mais ce serait une immense Bénédiction pour toute l’humanité, si précisément en matière de réincarnation, elle pouvait, une bonne fois, recevoir une claire vue de la Réalité. De prime abord, cela pourra, à beaucoup, retirer une grande partie de leurs fausses illusions, mais, une fois passée la déception initiale, comme souvent avec la Vérité, cela ne pourra qu’agir sur eux de façon revigorante, car seule la Vérité rend libre.
Ce complet « changement de paradigme » est, pour de nombreux êtres humains, de nature à entraîner un complet changement dans la manière de mener leur vie terrestre, de sorte à vaillamment se diriger vers les Hauteurs de Lumière. C’est comme un bandeau qui tombe des yeux et permet à l’être humain de se rendre compte que beaucoup de ceux qui, dans le passé – ainsi que c’est relaté par l’histoire – furent de grandes figures encore célébrées dans la mémoire de l’époque présente, vivent, pour une grande part, de nouveau, avec lui, sur la Terre, dans un corps terrestre, tout comme lui, mais juste sous une autre apparence. Oui, il peut alors parfois découvrir qu’il est, lui-même, peut-être, l’un de ceux qu’il encense ou, au contraire, réprouve.
Ce qui, aujourd’hui encore, pour beaucoup, prête à sourire ou même à rire, cela, ils le considèreront, à l’avenir, pour juste, voire même comme allant de soi: La Réincarnation? Une évidence! Pourquoi en discuter?
Comment une naissance doit-elle être préparée pour rendre possible l’accueil d’un esprit lumineux?
La naissance et la mort sont les inséparables pôles de toute existence terrestre, par conséquent elles devraient être deux tout à fait claires réalités pour tous les êtres humains de la Terre qui, inévitablement, doivent passer par là! Si la naissance et la mort sont, en effet, si étroitement liées l’une à l’autre, c’est juste parce que l’une est la conséquence de l’autre … et réciproquement! La mort se fait en conséquence de la naissance, et la renaissance en conséquence de la mort de l’ancien corps. Pour l’exprimer, il y a plusieurs manières de dire la chose, tout dépend à quel moment l’on fait commencer l’histoire…
Comme le disait Victor Hugo:
« Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange,
Il vivait. Il mourut quand il n’eut plus son ange;
La chose simplement d’elle-même arriva,
Comme la nuit se fait lorsque le jour s’en va. »
Épitaphe de Jean Valjean – « Les misérables »
La réincarnation selon les Lois de la Création
Selon les Lois de la Création l’âme doit se purifier de ses fautes passées grâce à l’expérience vécue de toutes les conséquences de ses pensées, paroles et actes. La Loi de l’Attraction du Genre Semblable fait que l’on naît là où notre genre spirituel nous attire). Chaque vie offre de nouveaux choix pour briser ou renforcer le karma. Le cycle se termine lorsque l’esprit a atteint une maturité et une pureté totales.
Comparaison avec divers systèmes de pensée
Contrairement au Bouddhisme (où le but est la suppression du désir), en fonction des Lois, il s’agit d’avoir une activité intense: Chaque vie doit être mise à profit pour construire, créer et servir la Lumière. Contrairement, par exemple, au spiritisme d’Allan Kardec, les contacts avec l’Au-delà et les « morts » (désincarnés) de même que les initiations occultes ne sont pas à spécialement cultiver. Ce qui importe le plus c’est d’avoir la conscience de la responsabilité individuelle absolue face aux Lois naturelles.
Conclusion
De la science physique du début du troisième millénaire après Jésus-Christ au Message de l’Enseignement Universel, le principe reste la même: Rien ne se perd, tout se transforme, et l’être humain est le sculpteur de son propre éternel devenir.
Selon les Lois de la Création, le concept de Karma est indissociable de la Loi de l’Effet de Réciprocité. Contrairement à certaines visions orientales où le karma peut sembler être une fatalité pesante, l’Enseignement Universel le présente comme un Mécanisme Cosmique de Justice parfaite, à la fois rigoureux et libérateur.
Bibliographie
Ouvrages de référence
«Vingt cas suggérant le phénomène de réincarnation» – Dr Ian Stevenson: C’est la «bible» du sujet. Stevenson y détaille ses enquêtes minutieuses en Inde, au Liban et en Alaska. C’est un livre dense, très factuel, presque écrit comme un rapport de police.
«Return to Life» (ou «Plusieurs vies, plusieurs visages») – Dr Jim Tucker: Le successeur de Stevenson à l’Université de Virginie se concentre sur des cas américains récents (dont celui de James Leininger). Son approche est plus moderne et plus facile à lire.
«L’âme du monde» – Frédéric Lenoir: Bien que plus philosophique, ce livre permet de comprendre comment l’idée de réincarnation est perçue à travers les différentes cultures et l’histoire.
Documentaires et Conférences (Vidéo)
- «Survivre à la mort» (Surviving Death) – Netflix (Épisode 6): Cet épisode est entièrement consacré aux recherches du Dr Jim Tucker et présente de manière très visuelle le cas de James Leininger avec des témoignages des parents et des pilotes survivants.
- Les archives de l’INREES (France): L’Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires propose de nombreuses conférences de psychiatres et de psychologues français qui étudient ces phénomènes sous l’angle de la conscience.
- Conférences TEDx de Jim Tucker: Faciles à trouver sur YouTube. Il y explique comment il applique la méthode scientifique à des récits d’enfants.
Sites web institutionnels
University of Virginia – Division of Perceptual Studies (DOPS) : C’est le site officiel du département de recherche. Il est possible d’y trouver des articles scientifiques (en anglais) évalués par des pairs, des statistiques sur les milliers de cas répertoriés et les protocoles d’enquête.
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Réincarnations hommes et femmes


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