La Communication
Communication ou conversation?
Cet article pourrait aussi s’appeler «La conversation». Le mot «conversation» contient le mot «conversion». C’est une notion plus spirituelle que le concept « communication », déjà plus intellectuel. La communication – généralement collective – est plus unilatérale. Elle vise à partager à une large audience des informations le plus souvent d’ordre terrestre. La conversation – ou l’entretien – est plus intimiste. Elle se passe souvent rien qu’entre deux personnes et si, au cours de cette conversation, l’un s’est converti au point de vue de l’autre – mieux, si les deux se sont mutuellement convertis chacun au point de vue de l’autre – alors elle n’aura pas été inutile!
Déjà, nous devons déjà distinguer la communication au singulier, de façon générale, et les communications au pluriel qui sont des informations partagées, par exemple aussi en provenance de l’Au-delà.
Au cours des dernières décennies s’est développée l’idée que la communication devrait se faire sur un mode non violent. A proprement parler – même si, bien sûr, il est préférable que la communication se fasse sur un mode paisible, la « non violence » n’est pas en soi une notion spirituelle. Que signifie la notion de « non violence »?
La Non Violence et la «Communication Non Violente»
La notion de «Non Violence» vient principalement de Gandhi. Plus justement, il l’appelait volontiers «Satyāgraha», ce qui veut dire la «Force de la Vérité». Celui qui a la Vérité avec lui est mieux armé pour affronter l’adversité. Comme le disait un célèbre humoriste: « Ce n’est pas parce qu’ils sont nombreux à avoir tort qu’ils ont raison! ». Le nombre n’est donc pas un critère de justesse et de vérité.
La Non Violence en tant que «Satyāgraha»
Par « Satyāgraha » est souvent désignée la philosophie de la résistance non-violente utilisée par Gandhi notamment pour lutter contre l’oppression anglaise et obtenir l’indépendance de l’Inde.
Le mot « Satyāgraha » est un composé de deux termes sanskrits « Satya » (सत्य): Signifie la « Vérité » (et par extension l’Être, la Réalité) et « Āgraha » (आग्रह): qui signifie l’attachement ferme, l’obstination ou la fermeté. Traduction littérale: « Attachement ferme à la Vérité » ou « Force de la Vérité ». Gandhi a créé ce concept, car il trouvait que l’expression occidentale de « résistance passive » ne rendait pas suffisamment compte de la force active, morale et spirituelle qu’il voulait mettre en avant.
Les Principes Clés du «Satyagraha»
Le «Satyāgraha» ne se réduit pas à la désobéissance civile. C’est une pratique idéale de transformation personnelle et sociale basée sur trois piliers:
«Satya» (La Vérité) Le Satyagrahi (celui qui pratique le Satyāgraha) recherche constamment la Vérité. Puisque personne ne détient la Vérité absolue, il est impératif de ne pas imposer sa prévalence par la violence. Le but est de faire appel à la conscience de l’autre – même s’il s’agit d’un adversaire – pour l’amener à reconnaître l’injustice.
«Ahimsa» (La Non-Violence / L’Amour) L’Ahimsa est le refus absolu de nuire ou de blesser, que ce soit par la pensée, la parole ou l’acte. C’est conforme au Commandement demandant à l’être humain de ne jamais causer de tort à autrui afin de satisfaire un désir personnel.
Pour Gandhi, la non-violence n’est pas l’arme des faibles, mais, au contraire, l’arme du plus fort, qui nécessite un immense courage moral et une grande force d’âme («Force de l’Âme»).
«Tapasya» (L’acceptation de la souffrance) C’est le principe central qui distingue le Satyāgraha de la simple « résistance passive ». Le « Satyagrahi » accepte de souffrir personnellement et délibérément, par exemple accepter un emprisonnement s’il n’y a pas d’autre solution, faire un jeûne de protestation, s’exposer à recevoir des coups, plutôt que d’infliger soi-même de la souffrance à l’adversaire. En acceptant cette souffrance, il espère toucher le cœur de l’opposant et lui montrer la fausseté de son comportement. Rien ne dit que cela fonctionne à tous les coups.
Le «Satyagraha» trouve des applications dans l’action politique qui se manifeste par des actions concrètes et non-violentes, telles que La Désobéissance Civile: Refus public et non-violent d’obéir à des lois jugées injustes. La Non-Coopération: Refus de collaborer avec un système injuste (boycotts, grèves, démissions). Les Marches Pacifiques: Comme la célèbre Marche du Sel de 1930.
Le «Satyagraha» est donc la «Force de la Vérité et de l’Amour» en action. Il vise à convertir l’adversaire en faisant appel à sa conscience, plutôt qu’à le contraindre ou à le détruire. Ce concept a eu une influence majeure sur de nombreux mouvements de défense des droits civiques à travers le monde, notamment celui de Martin Luther King Jr. aux États-Unis d’Amérique.
La « Communication Non Violente »
« C’est important la Communication! », dit-on. Dans un esprit de non violence, le but qu’elle soit productive, l’on parle, par exemple, de « communication non violente » (CNV). L’on parle aussi de «communication consciente». Cette deuxième appellation est déjà plus juste par rapport aux Lois de la Création, car la « Non-Violence » n’est pas un but en soi, mais la juste communication – pouvant aussi être appelée la « communication saine » -, oui.
Plus spécifiquement, la Communication NonViolente (CNV), développée par le psychologue américain Marshall B. Rosenberg, est une méthode de communication axée sur l’empathie, l’honnêteté et l’expression des besoins.
Pour Marshall Rosenberg, le but de la « CNV » est de «favoriser l’élan du cœur et nous relier à nous-mêmes et aux autres, laissant libre cours à notre bienveillance naturelle.».
Commentaire: En parlant de la « bienveillance naturelle » de l’être humain, Marshall Rosenberg semble adhérer au précepte du célèbre écrivain Jean-Jacques Rousseau: « L’homme naît bon, c’est la société qui le corrompt ». Si la bienveillance est, certes, naturelle chez de nombreux êtres humains, elle est pourtant loin de l’être chez tous. Outre les « êtres humains » foncièrement de mauvais vouloir, il y a aussi une grande différence entre le « vouloir-être-bon« et le vrai bon vouloir.
Jean-Jacques Rousseau, de nature candide, semble avoir cru que la vie humaine commence à la naissance de l’être humain, alors que la plupart des êtres humains aujourd’hui présents sur la Terre ont, en réalité, plusieurs dizaines d’incarnations derrière eux, au cours desquelles tout ce qu’ils ont fait était loin de toujours relever d’un comportement empreint de bonté. Ce que Rousseau n’explique pas, c’est comment une société faite d’hommes bons – puisque la « Nature » les a fait naître bons! – arrive à corrompre un homme lui aussi né naturellement bon…?
Les bases de la CNV reposent sur un modèle en quatre étapes (OSBD) et sur deux modes de communication fondamentaux: s’exprimer avec sincérité et accueillir avec empathie.
Les quatre Étapes du Processus (OSBD)
Le cœur de la CNV est le processus en quatre étapes, souvent résumé par l’acronyme OSBD (Observation, Sentiment, Besoin, Demande). Ce modèle sert à la fois à s’exprimer de manière authentique et à écouter les autres avec empathie.
| Étape | Composante | Description et Objectif | Exemple d’Expression |
| O | Observation (sans jugement) | Décrire le fait concret, mesurable et objectif qui déclenche la réaction, sans y mêler d’interprétation, d’évaluation, ou de jugement. | « Lorsque je vois que le rapport n’a pas été envoyé hier soir comme convenu… » |
| S | Sentiment (expression des émotions) | Identifier et exprimer l’émotion (sentiment) que l’observation a suscitée chez soi. Utiliser le « Je » pour se responsabiliser de son ressenti. | « …je me sens inquiète (ou frustrée)… » |
| B | Besoin (identification du besoin non satisfait) | Relier le sentiment au besoin universel qui n’est pas satisfait (ex. : besoin de respect, de sécurité, de clarté, d’ordre, de reconnaissance). | « …parce que j’ai besoin de respect des engagements (ou de prévisibilité). » |
| D | Demande (concrète et négociable) | Formuler une action concrète, positive et réalisable dans le présent que l’on souhaite que l’autre fasse pour contribuer à satisfaire notre besoin. Laisser à l’autre la liberté de répondre « non ». | « …Serais-tu d’accord de m’envoyer un message d’ici midi si le rapport ne peut pas être finalisé à temps? » |
En résumé:
Les quatre étapes de la CNV:
- Nommer les faits (sans jugement);
- Exprimer nos sentiments déclenchés par la situation;
- Associer nos sentiments à nos besoins ou valeurs;
- Formuler une demande concrète et négociable.
Les deux Modes de la CNV
Le processus OSBD peut être utilisé dans deux directions:
– S’exprimer avec Sincérité (Langage de la Girafe)
C’est l’application du modèle OSBD pour communiquer ce qui est « vivant » en soi. L’objectif est d’exprimer son vécu (sentiments et besoins) sans blâmer, critiquer ni rien exiger de l’autre, favorisant ainsi une meilleure compréhension et un dénouement positif.
– Accueillir avec Empathie (Écouter l’Autre)
C’est le processus miroir. Il s’agit d’écouter l’autre en se concentrant sur ce qui est « vivant » en lui, en tentant de deviner et de refléter:
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Ses observations (Qu’est-ce qu’il voit ou entend?)
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Ses sentiments (Comment se sent-il?)
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Ses besoins (Quel besoin non satisfait est à l’origine de son émotion?)
L’écoute empathique vise à créer un espace de sécurité où l’autre se sent pleinement entendu et compris, avant même de chercher une solution.
Les Fondations Philosophiques
La CNV repose sur des convictions fondamentales:
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Universalité des Besoins: Tous les êtres humains partagent les mêmes besoins fondamentaux (sécurité, autonomie, connexion, etc.). Ce sont les stratégies pour les satisfaire qui varient.
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Les Sentiments sont des Signaux: Les sentiments sont des signaux précieux qui nous informent si nos besoins sont satisfaits (sentiments agréables) ou insatisfaits (sentiments désagréables).
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Responsabilité: Nos sentiments sont le résultat de la satisfaction ou de l’insatisfaction de nos propres besoins, et non des actions de l’autre. La CNV nous invite à nous responsabiliser de nos réactions.
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Objectif Relationnel: Le but n’est pas d’avoir « raison » ou de faire valoir un argument, mais d’enrichir la vie (la sienne et celle de l’autre) en favorisant la coopération et le lien.
La CNV offre un cadre pour passer d’une communication jugeante (souvent symbolisée par le « Langage Chacal ») à une communication basée sur la conscience et l’empathie (symbolisée par le « Langage Girafe »).
Commentaire sur la CNV
Les principes en soi de la CNV sont bons. Pour certains cela peut être une aide afin de stimuler la prise de conscience. Le seul possible écueil c’est juste lorsque cela devient une méthode donnant lieu à un apprentissage intellectuel (« Vous vous liez par tout ce que vous cherchez à apprendre. »). Cela devient un procédé soumis au contrôle de l’intellect, alors que la parole échangée entre êtres humains est auto-activement juste dès lors où elle part du cœur et non de la tête.
La juste Notion relativement aux échanges de paroles entre les êtres humains
La communication est, toutefois, en fait, fondamentalement, un processus intellectuel. La plus juste notion sur le plan spirituel c’est l’échange volontaire et libre. Et le maître mot c’est la sincérité. Et ce qui est à éviter par dessus-tout c’est la superficialité génératrice de vide.
De plus, il convient d’être conscient du fait que, dans le cas des communications de masse, la parole humaine n’a pas de réel pouvoir de suggestion sur les masses. La seule chose que puisse faire un leader politique c’est d’arriver à provoquer l’uniformisation des pensées des foules qui l’écoutent.
Mais ce qui est véritablement important dans la communication, c’est, en fait, la parole humaine elle-même.
La parole humaine
En particulier, nous devons devenir conscients de ce que nous semons par nos paroles et par la manière avec laquelle nous nous donnons dans nos paroles! Comment nous nous plaçons nous-mêmes en regard de nos paroles!
A cet égard, étant donné que « c’est l’air qui fait la chanson », il convient se souligner l’importance du ton. C’est le ton, en effet, qui est révélateur. Révélateur de l’état intérieur de celui ou celle qui parle. Un ton peut être profond, joyeux, neutre, attendri, attristé, excité, irrité. Beaucoup de choses peuvent être dites – en fait, à part les insultes, les grossièretés et les blasphèmes, à peu près toutes -, à condition d’être dites sur le bon ton.
Si, chaque soir, nous faisons notre examen de conscience pour parvenir à reconnaître la teneur des paroles que nous avons pu échanger, au cours de nos relations avec nos prochains, au cours d’une seule journée, alors, trop souvent, nous serons épouvantés devant le vide, devant la vacuité de nombreux propos proférés lors d’une seule journée! Essayons sans nous ménager. Avec horreur nous prendrons conscience de ce que les petits entéaux sont tenus de tisser dans les Ateliers de la Création, en conséquence des effets auto-actifs de tout ce qui émane là de nous, dans le ressentir, la pensée, la parole et l’action!
Examinons-nous avec sérieux et confessons-nous. C’est le chemin de la Transformation en bien des domaines.
Il ne s’agit pas pour autant de devenir taciturne. Mais dans nos conversations nous devons fuir les superficialités et les banalités comme la peste! La parole de l’être humain se doit d’être constructive. Lorsqu’elle ne l’est pas, elle agit automatiquement de façon destructrice. Nous devons aussi, au cours de toutes nos conversations, pratiquer une absolue sincérité.
Car, ainsi que nous nous efforçons de remercier avec sincérité, ainsi devrait-il en être pour tous nos discours, dans chacune de nos paroles nous ne devrions pas seulement n’offrir que des mots mais simultanément aussi offrir notre intuition, c’est à dire ce que nous ressentons vraiment!
Cela n’arrive, toutefois, que trop rarement, alors que cela devrait être toujours ainsi! Tant d’êtres humains s’imaginent très intelligents, et très fûtés, lorsque – afin d’en faire accroire – ils parviennent à dissimuler leur ressentir et leur vouloir réel derrière leurs paroles, et ne laissent jamais voir, malgré une conversation enflammée, leur vrai visage et leurs vraies intentions à leurs prochains.
Cette « habile » façon de se comporter est volontiers qualifiée de « diplomatique », c’est ainsi que l’on essaye de se rassurer au sujet de cette singulière mixture faite de rouerie, d’hypocrisie, de fausseté, et de convoitises en tous genres toujours aux aguets dans le but de se procurer des avantages et des richesses aux dépens des faiblesses et des lacunes découvertes chez son prochain.
Mais, selon les Lois de la Création, il n’y a aucune différence entre le fait qu’un être humain entreprenne tout cela pour lui personnellement ou au bénéfice d’une entreprise, d’une organisation ou d’un État! Un menteur et un hypocrite reste un menteur et un hypocrite dans tous les cas! Et les récoltes du mensonge et de l’hypocrisie sont souvent bien amères!
Celui qui connaît les Lois et leurs répercussions n’a pas besoin d’être un grand voyant pour – en cas de viol des Lois de la Création qui exigent sincérité et franchise – reconnaître l’inéluctable et triste fin que recèle en soi le destin de nombreux êtres humains, de peuples particuliers ou même de l’humanité entière, sur toute la Terre!
C’est pourquoi les êtres humains doivent veiller à leurs paroles! Comme le dit le premier Accord Toltèque leur parole doit être impeccable! Ce la exclut totalement l’utilisation des mots grossiers, qui jamais ne peuvent vibrer dans la Pureté! Car la parole humaine, elle aussi, produit une action, une action qui peut façonner des formes sur les plans de la matière grossière fine, et qui se répercutent ensuite dans tout le terrestre.
Pour qu’une parole humaine puisse produire un effet bénéfique, celui qui parle doit porter dans son âme les intentions les plus pures. Car les paroles forment ce qui vibre simultanément avec elles, en provenance du for le plus intime de celui qui s’exprime. Ainsi la même parole prononcée peut apporter deux sortes d’effets très différents. Et si elle ne vibre pas vraie et pure elle ne peut apporter que la malédiction. Malé-diction: le fait de dire … mal!
L’être humain doit donc faire très attention à ses paroles! Il doit seulement parler en étant simple et vrai! C’est ainsi que Jésus a dit: « Que votre parole soit oui ou non. Tout ce que l’on y ajoute vient du malin! » (Matthieu V, 37). C’est tellement simple!
Ceux qui parlent beaucoup apportent avec eux la décomposition. Parler pour parler n’a pas de sens. Il ne faut donc parler que lorsque c’est nécessaire. Et que les paroles correspondent toujours au for intérieur. Chaque parole dite doit être habitée. Habitée par l’esprit.
Dans les phrases prononcées par les êtres humains il doit résonner un rythme particulier, il s’agit du Rythme régulier du mouvement circulant de manière cyclique dans toute la Création. Il n’y a qu’ainsi que la parole humaine peut arriver à produire son plein effet.
De plus, un échange de paroles entre êtres humains sur la base de l’Échange volontaire est toujours l’occasion de pratiquer la Correction fraternelle.
Dans la parole humaine doit se retrouver un reflet de la Parole de Dieu, qui est la Vie et qui restera éternellement la Vie. Car:
« Au Commencement était la Parole! Et la Parole était en Dieu! Et Dieu était la Parole! »
(Jean I,1)
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Un être humain pauvre remercie son riche bienfaiteur avec sincérité et humilité


La pratique de la CNV est en soi très utile pour objectiver le processus et la prise de conscience de ce qui se vit en soi. Chaque jour, nous avons l’occasion de communiquer efficacement dans le couple, la famille, les amis, au travail et cela devrait être appris à l’école dès l’enfance ce qui éviterait bien des tracas entre les humains et bien des incompréhensions. C’est un enjeu d’utilité publique pour éviter de nombreuses problématiques de société. C’est sûr que la parole vraie qui vient du cœur et qui exprime son ressenti a de la valeur et permet de clarifier bien des situations ambiguës. Merci pour cet article très détaillé qui permet de s’initier déjà à une saine communication naturelle, fluide et sereine.