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L’ostensoir
L’ostensoir
L’ostensoir est un objet, dit « liturgique », qui focalise l’attention des fidèles, croyants de l’église catholique et de quelques autres églises chrétiennes. En effet – lorsqu’il est en service – est placée en son centre une hostie consacrée, censée être « le Corps et le Sang » de Jésus-Christ, en référence à Ses Paroles prononcées le soir du Jeudi-Saint, veille de Sa crucifixion. L’ostensoir est donc intimement lié à ce que – d’un point de vue théologique – l’on appelle « La Présence réelle ».
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Procession du Saint Sacrement – Fronleichnamsprozession – Bamberg
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La « Présence réelle »
Comme explicité sur la page Wikipédia présentant la notion:
« La présence réelle est une doctrine de la théologie chrétienne selon laquelle Jésus-Christ est «charnellement présent» dans l’Eucharistie. Elle s’oppose à l’interprétation sacramentaire qui ne voit la Présence du Christ que comme un symbole ou une métaphore. Dans le langage courant, cette expression est, le plus souvent, comprise comme une affirmation de la doctrine catholique selon laquelle le Christ est substantiellement présent sous les apparences du Pain et du Vin après la consécration des offrandes pendant la messe. »
La précision suivante est aussi apportée:
« Ce concept est lié à la doctrine catholique de la transsubstantiation, qui est à mettre en rapport avec celle, luthérienne, de la consubstantiation, ou encore celle, calviniste, de la présence spirituelle. Différentes notions entrent en jeu et, depuis le XVIe siècle, ont contribué à creuser un écart entre le catholicisme et le protestantisme mais aussi, au sein de celui-ci, entre les principaux courants de la Réforme. ».
La Présence spirituelle
La « Présence Spirituelle » ou « Présence Pneumatique » – ou encore « Présence réelle mystique » est une notion défendue par les Chrétiens Réformés. Elle se distingue de la « Présence Réelle » par le fait que, selon cette conception, le Corps et le Sang du Christ sont réellement présents dans ce Sacrement, mais que cette Présence est réalisée d’une manière spirituelle et non pas matérielle.
Deux conceptions inconciliables
Bref – pour faire simple -, selon les différentes églises chrétiennes, il y a fondamentalement deux conceptions: La conception « pure et dure » de l’église catholique appelée « transsubstanciation » selon laquelle Jésus est réellement présent dans l’hostie consacrée et la conception catholique selon laquelle les Paroles « Ceci est Ma Chair, Ceci est Mon Sang » sont à comprendre littéralement (conception copieusement raillée par Voltaire dans son « Dictionnaire philosophique ») et la conception protestante selon laquelle il s’agit, avant tout, d’un Symbole.
Où est la Vérité?
Alors, quelle est la conception la plus proche de la Vérité? C’est celle – ou celles – qui considère{nt} qu’en disant ces Paroles Jésus n’entendait pas transformer les êtres humains en anthropophages mais juste rappeler qu’Il était la Parole de Dieu devenue – par l’Incarnation – Chair et Sang! Par conséquent, le Pain et le Vin donnés à Ses Apôtres lors de la Cène (le dernier Repas) symbolisaient la Parole de Dieu devenue Chair sur la Terre.
Bien comprendre les Paroles de Jésus
Il n’est pas possible ici – et ce n’est pas non plus l’objectif! – de développer toutes les subtilités des diverses interprétations théologiques, allant de la consubstanciation à l’ubiquisme en passant par l’impanation et la Présence pneumatique. Nous ressentons comme plus opportun et plus utile aux lecteurs d’expliciter la conception la plus juste en regard des Lois de la Création.
A Ses Disciples Jésus a dit: « Celui qui reçoit Ma Parole, celui-là Me reçoit Moi-même ». Et Il ajoute: « Celui-là, en réalité, mange Ma Chair et boit Mon Sang. »! Cela signifie quelque chose comme: « Puisque Je suis la Parole incarnée (« Et le Verbe S’est fait Chair! Et Il a habité parmi nous! »), pareillement, celui qui reçoit ma Parole dans son cœur l’assimile en lui-même et fait donc, lui aussi, de Ma Parole sa chair et son sang! ».
Tel est le Sens des Paroles que Jésus a prononcées lors de l’Instauration de la Cène, qui étai, en compagnie de Ses Apôtres, un Repas de Clôture de Sa Mission sur Terre. Lorsque le croyant a compris que Jésus était la Parole de Dieu devenue Chair, tout devient très simple! S’il assimile cette Parole en lui, c’est comme s’il mangeait le Corps du Christ et buvait Son Sang!
Cela veut dire que si un être humain reçoit en lui la Parole de Jésus pour la faire sienne, c’est comme s’il mangeait Son Corps et buvait Son Sang! Dans l’Évangile de Jean (VI, 54-56) Jésus dit aussi: « Celui qui mange Ma Chair et qui boit Mon Sang a la Vie éternelle; et {celui-là} Je le ressusciterai au dernier jour. Car Ma Chair est vraiment une Nourriture, et Mon Sang est vraiment une Boisson. Celui qui mange Ma Chair et qui boit Mon Sang demeure en Moi, et Moi {Je demeure} en lui.… ».
C’était tout naturel qu’Il S’exprime de cette manière, étant donné qu’Il était Lui-même la Parole Vivante incarnée dans la Chair et le Sang. Jésus était la Parole de Dieu incarnée! Celui qui, de la juste manière, accueille Sa Parole en lui, celui-là L’accueille ainsi aussi Lui-même. Jésus frappe à la porte de son âme, et l’être humain Lui ouvre la porte!
Et si cet être humain rend la Parole donnée par Dieu vivante en son for intérieur, de sorte qu’Elle devienne pour lui une Évidence naturelle dans la Pensée et l’Action, donc, en l’assimilant, en fait sa propre chair et son propre sang, alors il rend, avec la Parole, en lui aussi, l’Esprit du Christ vivant en lui, puisque le Fils de Dieu était – par l’Incarnation – le Verbe Incarné, la Parole Vivante de Dieu devenue Chair et Sang!
La Fête-Dieu et la vénération de l’ostensoir
La Fête-Dieu en laquelle le « Saint Sacrement » est exposé au cours de processions religieuses est l’occasion de présenter à la vénération des fidèles un ostensoir au centre duquel se trouve placée une hostie consacrée. Au cours de chaque messe, pendant l’Eucharistie, lors de l’Élévation, l’hostie seule est déjà présentée à l’adoration des fidèles. A ce moment-là, un sacristain, un servant de messe ou un enfant de chœur (autrefois, uniquement des garçons) fait retentir une sonnerie qui donne aux fidèles le signal qu’ils doivent s’agenouiller et se prosterner pour adorer l’hostie consacrée. Après quelques dizaines de secondes, une deuxième sonnerie donne le signal pour se relever.
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Fête-Dieu Baden-Baden – Crédit
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Au cours de la Fête-Dieu et des processions religieuses, dans le but évident de solenniser cette présentation, l’hostie consacrée est placée au centre de l’ostentatoire ostensoir [page privée] – mot signifiant en substance: « qui sert à montrer avec ostentation » – et présentée aux fidèles au cours d’un parcours où le prêtre marche sur des tapis de fleurs disposées ou jetées par les fidèles…
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Fête-Dieu – Tapis de fleurs
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La vénération autour de l’ostensoir est-elle justifiée?
Comment la vénération d’un objet gros-matériel comme une hostie – qu’elle soit ou non consacrée, qu’elle soit seule ou dans un ostensoir – pourrait-elle être compatible avec le Premier Commandement?
Si un être humain adore l’hostie dans l’ostensoir il viole manifestement le Premier Commandement! S’imagine-t-il sérieusement que Dieu descende dans l’hostie pour le simple fait que, dans ce but, le prêtre a prononcé des paroles de consécration? Ou croit-il avec conviction qu’à cause de cela Dieu ou le Christ soit obligé de descendre en elle? Croit-il pouvoir directement accéder à Dieu en adorant ou même en mangeant une hostie?
Si un être humain se prosterne devant une statue, un autre devant le Soleil, un autre encore devant un ostensoir, alors chacun d’eux transgresse ainsi le plus haut Commandement de Dieu, aussitôt qu’il considère qu’il s’agit là du Dieu Vivant Lui-même! Et une idolâtrie de ce genre est – même si c’est de différentes manières – souvent pratiquée avec ferveur par les adeptes de nombreuses confessions religieuses.
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L’ostensoir, un jour de procession de la Fête-Dieu
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Qui peut réellement être convaincu que Dieu ou Jésus est présent dans l’hostie, entourée ou non de l’ostensoir? Seule la Conviction rend possible l’Ascension spirituelle! Mais être convaincu sans comprendre ce que l’on prétend croire, cela n’est juste pas possible! Et la Compréhension requiert elle-même une profonde réflexion et un examen personnel. Les enseignements proposés par les églises et les prêtres doivent être examinés et soupesés avec l’Intuition personnelle!
Celui qui fait cela parviendra rapidement à la conviction que Dieu – qu’il s’agisse du Père ou de Son Fils – ne peut pas descendre dans une hostie, même après mille paroles de consécration. Ce n’est tout simplement pas – même s’il s’agit d’un prêtre, d’un évêque ou du pape – dans le pouvoir de l’être humain.
Lire aussi:
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La Communion des Apôtres – Luca Signorelli – Comunione degli Apostoli
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