La pulvérisation de l’ego

A ce propos, jusqu’ici nous avons parlé de l’Abnégation en tant que Cœur de l’Enseignement de Jésus, du vieil homme qui doit mourir, du nécessaire effacement du moi tel que préconisé par Jacob Beilhart, de l’indispensable disparition du sens personnel obstiné, de la nécessaire Humilité à cultiver en toutes circonstances… Qu’est-il encore possible d’ajouter de plus à ce sujet?
Cela devrait, en fait, largement suffire, mais comme – malgré toutes les exhortations adressées à l’esprit – l’ego, sa caricature, de lui-même, ne veut pas disparaître et, pour sa survie, déploie toutes les stratégies possibles, il est, en fait, devenu indispensable de le pulvériser, ce que seul peut, peut-être, parvenir à faire … un « voyage à Canossa »!
Le voyage à Canossa
De quoi s’agit-il avec ce « voyage à Canossa »? Il s’agit là d’une expression devenue populaire pour désigner une expérience d’humiliation extrême volontairement auto-infligée. L’expression « voyage à Canossa » vient d’un événement historique…
L’expression «aller à Canossa» ou faire le «voyage à Canossa» signifie céder complètement devant son adversaire, s’humilier publiquement et implorer le pardon de quelqu’un après avoir vainement tenté de lui résister.
Aujourd’hui, on l’utilise surtout dans le langage politique ou diplomatique, lorsqu’un dirigeant doit faire machine arrière et subir une humiliation publique pour préserver son pouvoir ou sortir d’une crise.
Cette expression vient d’un événement réel et spectaculaire qui s’est déroulé en janvier 1077 au château de Canossa (situé dans le nord de l’Italie).
La pénitence de Canossa de janvier 1077 est une clef du conflit médiéval entre la papauté et le souverain germanique, au cours duquel le roi des Romains Henri IV vient s’agenouiller devant le pape Grégoire VII afin que celui-ci lève l’excommunication prononcée contre lui..
L’origine historique: Le choc entre l’Empereur et le Pape
Au cœur de l’histoire, on trouve une lutte de pouvoir totale (appelée la « Querelle des Investitures ») entre deux hommes:
Henri IV, le puissant empereur du Saint-Empire romain germanique.
Grégoire VII, le pape, bien décidé à libérer l’Église de l’influence des souverains.
Cet épisode resté célèbre s’inscrit dans la querelle des Investitures, controverse qui a opposé les empereurs allemands (puis les rois de France) à la papauté dans la désignation des évêques.

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