Ecole de l'art de vivre

« Le moi est haïssable! »

par | 24 Jan 2024 | Autres Articles | 0 commentaires

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« Le moi est haïssable! »

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Extrait des « Pensées » de Pascal sur l’amour-propre et la vanité fréquemment observables dans la masse humaine (les mises en relief sont de nous):

Le moi est haïssable. Ainsi ceux qui ne l’ôtent pas, et qui se contentent seulement de le couvrir, sont toujours haïssables. Point du tout, direz vous; car, en agissant comme nous faisons obligeamment pour tout le monde, on n’a pas sujet de nous haïr. Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais, c’est parce qu’il est injuste, et qu’il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot, le moi a deux qualités; il est injuste en soi, en ce qu’il se fait le centre de tout; il est incommode aux autres, en ce qu’il les veut asservir; car chaque moi est l’ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice; et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice: vous ne le rendez aimable qu’aux injustes, qui n’y trouvent plus leur ennemi; et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu’aux injustes.”.

Ce célèbre texte de Blaise Pascal dénonce les excès d’une subjectivité égocentrique: orgueilleuse, inauthentique, qui fait de nombreux êtres humains des monstres de subjectivité. Un célèbre exemple: « Mon cor au pied me fait plus mal que la mort de 700 millions de Chinois » – Pierre Daninos.

Plutôt que de se considérer comme le centre de tout, Pascal appelle la subjectivité à se faire modeste et à se tourner vers Dieu.

Pure illusion de l’imagination, le moi serait une passion abusant autrui autant que nous-mêmes. L’amour-propre pousse les êtres humains à paraître plutôt qu’à être, à rêver leur vie plutôt qu’à la vivre.

Selon Blaise Pascal, le narcissisme – ou nombrilisme – serait la chose du monde la mieux partagée. Cette «maladie de l’âme», qui consiste à se préférer soi-même à toute autre chose, n’épargnerait personne, y compris ceux qui essayent de se donner l’air de la générosité et du désintéressement.

Si le «moi est haïssable», c’est que le monde est peuplé de milliards de «moi» qui veulent chacun «se faire le centre du monde».

Blaise Pascal dit juste. De très nombreux « êtres humains » – une écrasante majorité, en fait! – sont effectivement centrés sur eux-mêmes, sur leur ego, sur leur petit « moi », et – en ce sens qu’elle est profondément anti-humaine – cette attitude est tout à fait « haïssable ». Mais qui donc laisse volontiers s’écrouler tout l’édifice de ses illusions et de ses vanités?

Le fardeau le plus lourd dont s’est chargée l’humanité, c’est la vanité! C’est elle qui fait gonfler l’égo. Elle apporte la ruine partout où elle passe. La vanité est maintenant le plus puissant poison de l’âme, parce que, depuis des millénaires, les êtres humains l’ont cultivée et nourrie avec délectation, comme couverture pour tenter de dissimuler toutes leurs lacunes.

C’est contre le faux moi et la vanité qui l’enveloppe que, déjà, il y a deux mille ans, Jésus a dit:

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont remplis d’ossements de morts et de toutes sortes d’impuretés. » (Matthieu XXIII, 27).

En fait, pour être de véritables êtres humains honorant la véritable humanitude, nous devons tous apprendre – comme l’on dit en allemand – la « Selbstlosigkeit », c’est-à-dire – littéralement traduit – le fait ou l’état d’être « selbstlos », « sans soi-même ». Dans les dictionnaires ce mot est généralement traduit par « abnégation », « désintéressement », voire « altruisme ».

Nous n’avons pas réellement besoin de « haïr » notre moi, juste de l’ignorer, de nous abstenir de l’alimenter, afin qu’il se dessèche tout seul. En réalité, le « moi » n’existe pas, il n’est qu’une illusion. Seul le « Je » existe, le Noyau spirituel de l’être humain.

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