Ecole de l'art de vivre

Le péché héréditaire

par | 17 Déc 2023 | Enseignements Spirituels, Notions Justes | 1 commentaire

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Le péché héréditaire.

 

«Toute théorie est grise, mais l’Arbre de la Vie
  est vert et florissant.»

– Johann Wolfgang von Goethe –

           

Qu’est-ce que le péché héréditaire?

Le péché héréditaire, c’est le péché dit originel. Ceci n’est pas qualifié de «mystère» par l’église, et pourtant il y a là une immense énigme qui n’a pu enfin être clairement résolue qu’à notre époque. C’est la solution de cette énigme que nous voudrions en ce chapitre faire connaître à ceux de nos lecteurs qui ne se satisfont pas de l’enseignement de l’église à ce sujet.

Rappel de la doctrine traditionnelle

Adam et Eve, nos premiers parents, ont péché peu après que Dieu les ait créés «bons et intelligents» et, qui plus est, «saints et heureux». Avant le péché, ils ne connaissaient pas la douleur, ils ne devaient jamais mourir et le péché ne les attirait pas. Ils avaient deux vies: la «naturelle» et la «surnaturelle». L’obéissance à Dieu leur garantissait sainteté et bonheur.

Mais Adam et Eve ne sont pas restés soumis à Dieu, mais trompés par le «démon», ils désobéirent. Par cette désobéissance, Adam et Eve perdirent la vie «surnaturelle» qui devait les conduire au Ciel: ils furent condamnés à la souffrance et à la mort et ils se sentirent désormais attirés par le péché.

La catastrophe dans cette histoire, c’est que le péché commis par Adam et Eve se serait transmis à tous leurs descendants «qui naissent tous privés de la Grâce et sont soumis aux mêmes misères qu’eux». Toutefois, il y aurait une exception à cet état de chose, c’est le cas de Marie de Nazareth «conçue sans péché» parce qu’elle était la mère du Fils de Dieu. Cette croyance a donné lieu à une fête particulière, celle de l’«Immaculée Conception» célébrée le 8 Décembre de chaque année.

Commentaire de cette doctrine:

Le point de départ de la notion de péché originel, c’est le récit de la chute narré dans le chapitre III de la Genèse. Il est donc certain qu’il s’est bien passé quelque chose de grave dans les premiers temps de la vie humaine dans le monde de matière physique, lorsque les premiers germes d’esprits humains s’y sont incarnés au début de l’évolution dans les corps physiques. Usant et abusant de son libre vouloir, l’esprit humain a manifestement suivi une direction différente de celle  qui était prévue par son Créateur.

Tout croyant dans la Bible peut facilement concevoir qu’aux premiers jours de la vie, sur la première planète où s’incarnèrent nos lointains ancêtres, l’existence devait être plutôt idyllique. Nous acquiesçons donc aux qualificatifs de «bons et heureux» concernant Adam et ève, car pour faire le mot «bonheur» il faut le mot «bon» et le mot «heureux», n’est-ce-pas? Le mot «Saint», quant à lui, devrait être réservé au Créateur. Il n’y a qu’accolé à Son Saint Nom qu’il sonne parfaitement juste.

Le mot «intelligent», par contre, est au cœur même du sujet. Toutefois, il est à noter que cette intelligence humaine s’est, comme prévu, progressivement développée en partant de l’intelligence animale. Ce rôle – développer l’intellect dans la matière chez les premiers êtres humains – avait été confié à Lucifer, le porteur de la lumière (- comme son nom l’indique -) de l’intelligence, lui que la Genèse désigne par le «démon».

Il est également tout à fait clair pour le «croyant de base» que la souffrance était inconnue des premiers êtres humains. Dieu ne veut pas de souffrance pour Son Peuple, car Il est l’Amour. Que la souffrance soit une conséquence directe du péché, c’est l’évidence même. Après la faute originelle, la malédiction est clairement formulée: «Tu gagneras Ton pain à la sueur de Ton front», «Tu enfanteras dans la douleur» et pire que cela encore, ainsi que le dit clairement l’Apôtre Paul de Tarse: «Le salaire du péché, c’est la mort».

Que le péché réside dans la désobéissance, c’est là aussi un fait qu’aucun croyant ne voudra contredire. Il reste, toutefois, à définir l’objet de la désobéissance, ce que les églises n’ont jamais pu faire, ni elles ni personne, du reste. Personne, avant que la Lumière à ce sujet comme à beaucoup d’autres, soit enfin pleinement apportée à notre époque par l’Envoyé du Seigneur, Lumière dont nous souhaitons dans cet ouvrage apporter un fidèle reflet.

Le croyant bibliste concevra encore sans peine qu’une fois le premier péché accompli, les êtres humains incarnés en conserveront la fâcheuse tendance, mais sans doute sans trop savoir pourquoi ni comment. Le concept de «vie surnaturelle», en revanche, n’est sûrement pas évident pour tout le monde. En fait, ainsi que l’enseigne l’Instructeur des Mondes, il ne correspond à rien: la «sur-nature» n’existe pas; tout est naturel, parce que rien n’est en dehors de la Nature. Ce concept n’est à nouveau qu’invention de théologiens en mal d’exprimer des réalités qui nous dépassent.

Mais ce qu’il y a de plus «indigeste» dans le dogme dont furent nourries nos jeunes âmes au sujet du péché originel, c’est l’idée de la culpabilité de deux individus rejaillissant sur l’ensemble de l’humanité à venir, des esprits même pas encore incarnés devant hériter du péché et endosser une immense culpabilité pour une faute commise par d’autres! A nouveau l’esprit de Justice se révolte en chaque conscience humaine demeurée libre. Comment faire concilier une telle affirmation avec la Notion de la Justice de Dieu. C’est évidemment impossible.

L’exception à cet état de choses généreusement accordée à Marie, la mère terrestre du Fils de Dieu, par la scolastique, ne peut pas consoler le croyant épris de l’absolu de la Justice et faire passer le reste pour le simple motif que Marie de Nazareth était la mère du Fils de Dieu. Si Marie était un esprit humain comme les autres, ce seul fait ne suffit pas à justifier l’exception à la règle commune. La théologie est bien compliquée. N’est-il pas beaucoup plus simple de reconnaître que la Perfection Divine exclut l’arbitraire et l’injustice et qu’en conséquence si Adam et Eve ont commis un péché, cela les regarde, eux, et qu’eux seuls ont eu, en tant que tels, à en répondre devant la Justice Divine?

Pourtant cette simple considération n’explique pas tout, de loin s’en faut, car le péché est bien entré dans le monde à un moment donné et il n’a fait que croître depuis lors. Il y a là un processus continu; il y a donc nécessairement un lien entre le premier péché accompli par les premiers humains (qui n’étaient pas que deux!) et l’état de complaisance à l’égard du mal dans lequel se trouve – plus que jamais, hélas! – l’humanité actuelle. Et c’est ce lien qu’il nous faut découvrir, et nous voulons apporter toute la lumière sur le péché originel.

Étude de la Genèse

La lecture de la Genèse apprend différentes choses (pour quoi veut bien les y voir) au sujet du premier péché. Le Récit biblique fait état de deux arbres: L’Arbre de Vie et l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, qui symbolisent, bien sûr, deux réalités différentes. Les deux arbres se trouvaient dans le jardin; du premier, Adam et Eve avaient le droit de consommer, mais pas du second.

L’«Arbre de Vie», tel est le nom d’une inflorescence qui se développe dans le cervelet humain et que l’on peut voir, lors de la dissection, en coupant le cervelet en deux. Grande fut l’intuition du premier chercheur qui la découvrit et l’appela ainsi, car le cervelet est bien destiné à être l’«Arbre de Vie» pour l’être humain de la Terre. C’est lui, en effet, qui, en tant que réceptacle de l’Intuition, lui permet de demeurer en liaison avec sa Patrie originelle, le Paradis, une fois incarné dans le corps physique.

L’«Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal» – le texte de la Genèse le précise bien (III,6) -, détail ô combien révélateur, est «précieux pour ouvrir l’intelligence». Comme chacun sait, le siège de l’intelligence humaine, c’est le cerveau, cette merveille que connaissent les neurophysiologistes et qui comporte plus de dix milliards de neurones. Aucun ordinateur n’est encore capable d’égaler en puissance la subtilité du cerveau humain.

Nous avons donc d’un côté, l’«Arbre de Vie» qui n’est autre que l’intuition de l’esprit, la «voix intérieure» de l’être humain, sa conscience morale et spirituelle qui le maintient en contact avec la Hauteur de Lumière d’où il est issu, Hauteurs en lesquelles réside la Vie impérissable qui est celle de l’Esprit. Et puis de l’autre, nous avons le contre-poids: «L’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal» du fruit duquel Lucifer incite à consommer, car dit-il à Adam et Eve: «Si vous en mangez, vous serez comme des Dieux!» (Genèse III, 5).

Là se situe donc, pour nos lointains ancêtres, la tentation luciférienne destinée à faire naître orgueil et vanité en ces premiers êtres humains qui, auparavant, ne les connaissaient pas puisqu’ils ne connaissaient ni le Bien ni le Mal, ce qui revient à dire que le mal n’existait pas pour eux, car la conscience humaine ne peut s’attacher à définir le Bien que dès lors où elle a fait l’amère rencontre avec le mal. C’est pourquoi une âme réellement candide (candide veut dire: qui laisse passer la Lumière, ce qui n’a rien à voir avec la naïveté) ne sait pas ce que sont le Bien et le Mal.

Ici une question se pose: Adam et Eve ne devaient-ils réellement consommer que du fruit de l’Arbre de Vie, à l’exclusion du fruit de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, «précieux pour ouvrir l’intelligence»? L’on peut en douter. Ainsi qu’il le fait pour le Récit de la Création, l’on peut légitimement supposer que l’auteur de la Genèse – la tradition veut que ce soit Moïse -, étant donné le public à qui il s’adressait, a été contraint de schématiser. En effet, il apparaît clairement à la conscience de l’être humain moderne que l’être humain a besoin de l’intellect comme contre-poids à l’aspiration spirituelle pour vivre dans un corps de chair (avec tout ce que cela suppose comme exigences) sur une planète de matière grossière.

S’il est bon, en effet, de vivre «la tête dans les nuages», il convient aussi de vivre «les pieds sur la Terre». Ce qu’Adam et Eve ne devaient donc pas faire, c’est manger de façon prédominante, voire exclusivement, du Fruit de l’Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, négligeant ainsi nécessairement l’Arbre de Vie et se coupant, par le fait même, du Paradis. La voici donc l’explication relative à l’exclusion du Paradis en tant que conséquence du péché originel! Négligeant leur intuition spirituelle et son développement, Adam et Eve négligèrent du même coup d’entretenir la seule voie de liaison qu’ils avaient avec les Hauteurs Lumineuses de leur Origine Spirituelle!

Imaginons un scaphandrier au fond de la mer qui couperait le tuyau d’oxygène le reliant à la surface en pensant qu’il n’en aurait plus besoin, que le fond de l’océan lui suffirait, ce serait folie de sa part, il se condamnerait à une mort certaine! Eh bien, voilà ce que l’humanité a fait au moment de la chute: elle a provoqué un sévère étranglement au fil de liaison spirituelle et celle-ci ne se fait plus qu’à grand peine!

Exclus du Paradis!

Exclus du Paradis! Quelle est la signification de ces mots? L’exclusion dont il s’agit ici, dans ce chapitre qui traite de la chute, n’est pas à confondre avec l’exode volontaire des germes d’esprits humains encore inconscients hors du Plan Spirituel dont il a été question dans le chapitre précédent narrant la Création de l’être humain.

Il était nécessaire, en effet, aux germes d’esprits humains d’être «expulsés» ou «exclus» ou «semés» hors du Paradis pour pouvoir évoluer et se développer en tant qu’esprits mûrs conscients d’eux-mêmes. Cette expulsion ou «séparation spontanée» est aussi naturelle et indispensable pour le germe d’esprit que l’est l’expulsion (= l’enfantement) du corps de l’enfant de celui de sa mère pour le développement de l’enfant vers la maturité de l’homme.

En revanche, l’exclusion du Paradis comme conséquence de la chute entraînée par le péché n’a rien à voir avec l’expulsion normale qui vient d’être mentionnée. Dans ce cas qui nous occupe maintenant, l’exclusion signifie une coupure volontaire consciente (du moins sous l’aspect de la décision, de l’exercice du libre vouloir) du Paradis depuis la Terre et équivaut à l’étouffement des facultés spirituelles de l’être.

La conséquence inéluctable à long terme – si un vigoureux changement de cap ne vient pas corriger de façon déterminante cette fâcheuse tendance – en est la mort (Genèse II, 17 et III, 3.). Il est évident que la mort dont il s’agit ici est celle qui exclut du Paradis pour toujours, celle qui rend tout retour impossible ! Il s’agit donc de la mort spirituelle, celle que l’Apocalypse appelle la «seconde mort» (Apocalypse, II, 11), la seule qui soit définitive, la seule que nous ayons donc à redouter. La mort gros-matérielle physique est, quant à elle, un processus parfaitement naturel. Seule, la chute dans le péché, de par l’ignorance qu’elle a entraînée vis-à-vis des Réalités supérieures, y a associé la peur.

Un peu de science

Le rapprochement que la lecture de la Genèse – associée à notre connaissance de la Nouvelle Révélation qui, elle seule, peut fournir les Clefs nécessaires à la parfaite compréhension des anciens Textes Sacrés dont fait précisément partie la Bible – nous a permis de faire entre l’intuition de l’esprit, d’une part, et son support le cervelet, et la mise en rapport du développement de l’intelligence terrestre avec l’arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, d’autre part, nous incite à vérifier si, d’un point de vue scientifique, de tels liens peuvent être établis.

Il nous semble, en effet, que le Texte biblique distingue deux voies de connaissance et d’action de l’être humain – en tous cas, nous les distinguons – : la voie spirituelle avec son porte-parole qui est l’intuition ou «voix de la conscience» et la voie de l’intellect lié à l’espace et au temps terrestre avec son mode d’expression qui est le sentiment (soit le senti-mental, permettant de sentir mentalement).

La première est symbolisée par l’«Arbre de Vie», la seconde par l’«Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal».

Mais pourquoi effectuer ce rapprochement entre le langage de l’esprit en l’être humain et son cervelet? Tout le monde reconnaît sans difficulté que c’est le cerveau antérieur qui produit l’intellect, que l’être humain, donc, pense avec son cerveau, mais personne ne s’est encore demandé à quoi sert le cervelet. Certains êtres humains se sont pourtant demandés où se trouve le siège de l’âme dans l’être humain. Descartes, par exemple, a cru pouvoir le localiser dans la glande pinéale. En fait, il n’en est rien.

L’on ne peut pas dire non plus que l’âme est dans le cervelet, mais, par contre, l’on peut dire que le cervelet est l’organe-relais des influences spirituelles supérieures dans l’être humain de la Terre. En quelque sorte le cervelet est une antenne; il capte ce qui vient du Royaume de l’Esprit, mais, inversement, il émet aussi vers l’extérieur – vers le cerveau – ce que l’esprit exprime en l’être humain. L’on savait que le cervelet joue un rôle dans l’équilibre du corps, mais son rôle principal n’était pas encore connu: Le Spirituel s’exprime en l’être humain grâce au cervelet!

Là où un éclairage scientifique peut nous être utile, c’est notamment lorsque celui-ci constate (vu les diverses formes de crânes de nos lointains ancêtres qui ont été retrouvés) que la partie postérieure de l’encéphale humain était jadis beaucoup plus importante (l’embryologie le prouve également) que ce qu’elle est, aujourd’hui, proportionnellement avec le cerveau antérieur. Or, la partie postérieure, c’est le cervelet, «terra incognata» des biologistes, le cervelet devenu «le petit cerveau» (ô cruelle ironie de cette appellation) à cause de la dramatique négligence des êtres humains!

Jadis, donc, les deux cerveaux qui forment l’encéphale humain devaient être en un harmonieux équilibre de volume et de poids. L’encéphale n’était donc pas déséquilibré comme il l’est aujourd’hui. C’était l’«Âge d’Or», l’époque bénie où les deux parties de l’encéphale travaillaient en une harmonieuse collaboration.

Le péché originel devient péché héréditaire

Au départ, Adam était «homme d’intuition». Avec sa compagne, le premier homme, grâce à son cervelet performant, pouvait recevoir des directives depuis le Royaume Spirituel dont il faisait encore ainsi partie. Puis le tentateur survint. Le but du tentateur était de faire sombrer les êtres humains qui n’avaient pas la force de lui résister, de pratiquer ainsi une impitoyable sélection d’où devait être exclu le Principe Divin d’Amour secourable. Par contre, le principe luciférien de la tentation est le faux principe d’où l’Amour est exclu.

Lucifer exerça en premier son faux principe sur la femme, plus sensible que son compagnon, car Lucifer savait que s’il réussissait à tenter la femme, il avait pour ainsi dire déjà gagné la partie. Poussé par le serpent, la femme consomma donc la première le fruit défendu, puis elle tendit le fruit à l’homme qui en mangea également à son tour. L’offre de la «pomme» (la tradition – et non la Bible – veut que cela ait été une pomme!) par la femme montre que celle-ci était devenue consciente de l’effet produit par son charme sur son compagnon et qu’elle voulait s’en servir.

Malheureusement, chacun ne sait que trop bien qu’aujourd’hui encore et plus que jamais nombre de femmes ne sont que trop prêtes à traîner le charme féminin offert par le Créateur dans la fange afin de parvenir à leurs fins et à assouvir ainsi toutes les convoitises qu’elles portent en elles. Et, malheureusement également, chacun sait aussi que bien peu nombreux sont les hommes qui méprisent un tel comportement. Le fait qu’Adam ait pris et mangé la pomme montre qu’à ce moment-là il n’en alla pour lui précisément pas autrement.

Voulant donc attirer l’attention de la femme sur lui et ainsi se rendre désirable à ses yeux, il commença d’amasser des trésors et des biens matériels pour la «conquérir». Et c’est ainsi que se développa l’hyperintellectualisation de l’être humain avec son cortège de cupidité, de mensonge, d’âpreté au gain, de fourberie, de tyrannie, etc., qui surviennent inévitablement lorsque l’être humain se soumet à son seul intellect au détriment de sa voix intérieure captée par le cervelet et seule inspiratrice des Valeurs morales et spirituelles.

Il en va de l’intellect comme de l’argent (dont il constitue d’ailleurs le but principal le plus souvent) : c’est un excellent serviteur mais un très mauvais maître. L’inéluctable conséquence d’une telle servitude est un solide enchaînement à l’espace et au temps terrestres. C’est ainsi que les premiers êtres humains perdirent la faculté de percevoir et de ressentir tout ce qui existe au-delà des limites de la matière, c’est-à-dire tout ce qui appartient au domaine de la vie spirituelle qui est la seule véritablement importante pour l’être humain, la seule qui soit impérissable.

Le péché héréditaire, dans la réalité

Et c’est ici qu’intervient la grande Révélation qui permet de comprendre comment le péché originel a pu devenir «héréditaire».

Au départ, il y a le péché originel, le premier péché. Le péché ensuite devenu héréditaire a résulté de cette première chute dans le péché. C’est quoi le péché? Un péché, c’est un acte contraire aux Lois de la Création. Dans le cas précis, c’était, par rapport à la vie spirituelle, la culture excessive de l’intellect.

Le problème, lorsque l’on s’adonne régulièrement et constamment à un comportement contraire aux Lois, c’est que l’on finit par se transformer en fonction de ce comportement. En l’occurrence, les êtres humains agissant toujours moins d’une façon intuitive et toujours plus de façon intellectuelle, devinrent des êtres humains d’intellect. Chez ceux qui sont devenus de purs êtres humains d’intellect, peu à peu, une influence toujours plus forte s’est faite sentir jusque sur la formation de leur corps terrestre gros-matériel.

En réalité, ce n’est pas le péché lui-même qui est héréditaire (chaque esprit humain conservant sa libre volonté, ce n’est, en fonction des Lois – et heureusement! -, tout simplement pas possible!), mais seulement le danger de pécher.

En effet, par suite des efforts constants auxquels il est soumis depuis des centaines de milliers d’années, le cerveau antérieur produisant l’intellect du corps terrestre des êtres humains d’intellect, de façon unilatérale, est devenu, au fil des générations, toujours plus gros, et il était donc tout à fait inévitable que, lors des nouvelles procréations, ces formes mutantes apparaissent toujours plus au cours de la reproduction du corps terrestre, et que les nouveaux enfants, lors des naissances, apportent avec eux un cerveau antérieur toujours plus hypertrophié, et donc toujours plus puissant.

Il y a donc là, à chaque nouvelle génération, pour les êtres humains nouvellement incarnés sur Terre, une prédisposition à produire un intellect très dominateur écrasant toutes les autres réalités. Cet intellect très puissant recèle en lui le danger, lors de sa pleine activation, d’enchaîner solidement le titulaire de ce cerveau à l’espace et au temps terrestres, donc à toute la matière grossière terrestre. Ainsi assujetti, le dominé par son propre intellect devient incapable de concevoir l’Au-delà fin-matériel et encore moins le Spirituel, mais – ce qui est encore bien pire! – risque fortement de se trouver impliqué dans le mal, ce qui, avec l’hyper-culture de l’intellect, demeure quasiment inévitable.

Lorsque l’on songe qu’au départ il n’était point question de «cervelet» (= petit cerveau postérieur) puisque les deux parties de l’encéphale étaient égales en volume et en poids mais surtout en rôles – c’est-à-dire en importance de fonctionnement – l’on mesure toute l’étendue du désastre. à chaque nouvelle naissance, chaque être humain qui s’incarne court le risque d’être pour ainsi dire «vissé dans le plancher», nanti de préoccupations exclusivement terre-à-terre, puisque c’est là le rôle et le but exclusif de l’intellect terrestre.

Mais il y a pire, l’hypertrophie de cet intellect envahissant qui enferme l’esprit comme dans un sac ficelé par le haut, a pour conséquence de pousser l’être humain à faire le mal puisque sa conscience spirituelle se trouve emmurée, sans presque plus de possibilité d’expression puisqu’elle n’a plus à sa disposition pour se manifester dans la personnalité humain qu’un organe restreint, racorni, trop petit et trop faible pour pleinement assumer le rôle qui est le sien.

L’être humain est, dès lors, victime d’une «inversion des lumières»: celle de l’esprit qui aurait dû demeurer au-dessus, au sommet de la personnalité humaine, est passée en-dessous et celle de l’intellect qui était là pour servir les desseins de l’esprit, se pavane triomphant au-dessus, imposant sa loi qui est matérialisme et restriction d’entendement avec un despotisme imbu de lui-même, à l’esprit immortel! «Beau» tableau, en vérité! Comme il avait raison, Paul Valéry, de s’écrier: «Maître cerveau sur son homme perché!».

Outre les effroyables conséquences de la culture unilatérale du cerveau sur le plan spirituel, le péché héréditaire entraîne également de forts dommages corporels. L’harmonieux développement du corps est, en effet, perturbé. De nombreuses facultés sont réprimées; de nombreuses maladies apparaissent. D’où une constante diminution de la durée de la vie terrestre (plus sensible chez les  hommes, bien souvent encore plus intellectualisés que les femmes), une diminution très importante. L’accouchement dans la douleur (Genèse, III, 16) est aussi l’une des plus fâcheuses conséquences du péché; l’explication la plus évidente n’en excluant pas d’autres est que la tête du fœtus est trop grosse (le «gonflement» du cerveau se produit durant le dernier mois de la gestation) pour permettre une naissance facile.

Le péché originel devenu héréditaire n’est donc pas autre chose que le gonflement au fil des générations (et le racornissement du cerveau devenu cervelet qui est son corollaire) de ce cerveau antérieur qui, délibérément hyper-développé, fait courir à l’être humain, dès sa naissance, le danger d’être dominé par son intellect, cet intellect si étroitement lié à la matière qu’il ne comprend bien et n’estime qu’elle, d’où le danger de lui vouer un culte et de sombrer dans toutes les convoitises et tous les défauts (qui, comme leur nom l’indique, sont des manques, manques de spiritualité), dès lors où l’esprit n’est plus assez fort pour imposer sa direction.

 

Source: Extrait du livre « La Vérité vous affranchira ».

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Adam et Eve au Paradis terrestre

Adam et Eve au Paradis terrestre

1 Commentaire

  1. Deh Assy

    Grand merci à l’auteur de ce exposé qui apporte la lumière dans tout ce qui touche au péché, au péché héréditaire, à la chute dans le péché et à l’exclusion du paradis.

    Réponse

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