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L’Inspiration – Ce qu’en disent les grands compositeurs – Par Alfred Grégoire

par | 29 Jan 2024 | Enseignements Spirituels, Regards sur le Monde | 0 commentaires

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L’Inspiration

 

Ce qu’en disaient les grands compositeurs

 

– Extrait –

 

Par Alfred GRÉGOIRE

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Alfred Grégoire - Joue du Violon

Alfred Grégoire – Joue du Violon

 

 Alfred Grégoire joue un concerto de violon

 

La Musique a toujours joué un grand rôle dans la vie des peuples – rôle qui avait et a toujours comme but principal de faire vibrer les cœurs et d’ouvrir les âmes. En écoutant des œuvres inspirées, nous ressentons souvent de la nostalgie, quelque chose d’inexprimable qui peut nous rendre heureux et nous faire oublier le côté matériel et éphémère de la vie de tous les jours. La Musique est capable de nous faire ressentir de la Joie et de nous enthousiasmer. Peut-être sommes-nous à ce moment-là en contact avec cette Force éternelle dont parlent les grands Compositeurs et dont sont empreints les chefs-d’œuvres inspirés de l’art. Cette grandeur d’âme que nous y découvrons ne peut nous laisser indifférents, qu’il s’agisse des chefs-d’œuvre de la Musique, de la Peinture, de l’Architecture et de la Littérature. Pour des milliers et même des millions d’hommes, l’art et surtout la Musique ont pu les aider à ressentir un souffle de grandeur, capable de nous élever au-dessus de la matière, en écoutant par exemple les passions de Bach, les œuvres de Mozart, Beethoven, Brahms, Wagner et bien d’autres, de nationalités différentes.

C’étaient des Compositeurs inspirés d’un niveau éthique très élevé. Que disait Beethoven, par exemple, entre autres? Je cite:

« Le soir, quand j’admire avec étonnement le ciel et le nombre impressionnant des astres rayonnants, mon esprit s’envole bien au-delà des étoiles, jusqu’à la Source Eternelle d’où vient tout ce qui est créé et d’où s’écoulent sans fin de nouvelles créations. Oui! Il faut que cela vienne d’En-Haut, pour être capable de toucher les cœurs. Autrement la Musique n’est que notes froides, un corps sans âme. ».

Mozart composa de la même façon. Il disait un jour: « En composant, je me sens comme dans un beau rêve ».

Haydn, avant de composer, priait et demandait la Force du Seigneur. Pour lui, composer était une sorte de culte, un rite. Il mettait son plus beau costume avant d’écrire de la Musique. Il disait:

« Je me mets en communication avec Dieu, et il faut que je sois habillé en conséquence ».

Avant de parler de Brahms et de Richard Strauss et de leurs expériences vécues pendant les moments d’inspiration, un correspondant de la presse américaine, violoniste de surcroît, Monsieur Arthur Abell, déclarait dans son livre édité en Allemagne:

« Pendant mon long séjour en Europe de 1896 à 1918, il m’a été permis de m’entretenir de la question de l’inspiration avec Brahms, M. Bruch, Humperdinck, Puccini, Grieg, et Richard Strauss. Ces compositeurs m’ont révélé en détail ce qu’ils ont, en composant, ressenti spirituellement et psychiquement aux moments des impulsions créatrices. ».

L’entretien de M. Abell avec Brahms a eu lieu en automne 1896 par l’intermédiaire de Joseph Joachim, le célèbre violoniste et meilleur ami de Brahms.

Un sténographe expérimenté bilingue que l’Ambassade américaine de Vienne mettait à la disposition de M. Abell, notait textuellement l’entretien de trois heures avec Brahms. Brahms exigea que ses révélations sur l’inspiration ne soient publiées en aucun cas avant cinquante ans après sa mort.

Voici un extrait des déclarations de Brahms sur l’inspiration, qu’il faisait à M. Abell et à Joachim:

« Avant de composer, je pose trois questions, en toute humilité, à mon Créateur: « D’où venons-nous? » « Où allons-nous? », et « Pourquoi »? Je sens, instantanément après, des irradiations qui me pénètrent entièrement. Elles émanent de l’Esprit qui éclaire les forces de l’âme, et dans cet état second, je vois clairement ce qui m’est obscur dans un état ordinaire. Ensuite, je me sens capable, comme Beethoven de me faire inspirer d’En-Haut. Car Dieu est la Source vive, dont tout dépend. ».

Brahms continuait à cette même occasion:

« De grands auteurs et Poètes comme Gœthe, Schiller, Shakespeare et d’autres ont ressenti les irradiations Cosmiques des Vérités éternelles, parce qu’ils se sont liés à l’Energie infinie du Cosmos, c’est-à-dire DIEU. Toutes ces idées me préoccupent avant de composer, et ces méditations éclairent mon imagination (« phantasie ») et permettent une communication avec cette même Force. ».

Brahms, répondant à une question de M. Abell lui posait:

« Bien des compositeurs travaillent uniquement, hélas, avec l’intellect; leurs compositions sont des productions du cerveau, mais il leur manque entièrement l’inspiration. D’autres ont de l’inspiration, mais manquent de savoir technique, ce qu’il faut évidemment aussi pour pouvoir « construire » une œuvre, pour lui donner une forme digne de l’inspiration. ».

Quant à Richard Strauss, il s’exprime ainsi:

« Plus de 95% des productions actuelles contemporaines ne sont que travail du cerveau et, par conséquent, de courte vie. ».

« Composer est un événement qui n’est pas facile à expliquer. Quand l’inspiration se fait sentir, elle est d’une telle pénétration et d’une telle subtilité – comme un feu follet – qu’elle se dérobe presque à une définition exacte ».

« Pendant ces moments d’inspiration, j’ai certaine visions sous l’influence d’une Force supérieure. Je sens le contact avec la Source de la Force éternelle et infinie, dont les hommes et les choses dépendent. La Religion la nomme Dieu. Je n’ai pas la prétention, disait-il, de pouvoir expliquer une Force Cosmique, mais je sais qu’il est possible jusqu’à un certain point, de l’utiliser, ce qui devrait être pour nous autres mortels, notre désir principal.

La concentration représente une force extraordinaire, et la Puissance divine ne réagit que sur notre désir intérieur. J’ai la conviction que c’est une Loi, qui se manifeste dans tous les domaines comme conséquence des efforts spirituels des êtres humains… ».

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CONCERT – CONFÉRENCE N°2

L’INSPIRATION:

CE QU’EN DISAIENT

LES GRANDS COMPOSITEURS

Par Alfred GRÉGOIRE

 

Lors de notre premier concert-conférence [voir texte précédent] j’ai parlé de Brahms, Beethoven, Mozart, Haydn et de Richard Strauss, qui déclaraient avoir été en communication avec la Force éternelle pendant leur inspiration. Ce sont des déclarations sensationnelles, malheureusement trop peu connues. Mozart, en composant « se sentait comme dans un très beau rêve ». Beethoven disait que son esprit vibrait devant l’immensité de la Création, il sentait les irradiations de la Source éternelle d’où vient tout ce qui a été créé.

Brahms, dont un ami lui posait la question: « Comment vous mettez-vous en contact avec cette Force supérieure? » lui répondait:

« Voilà la grande question! Je n’y arrive pas par la force de la volonté, par les pensées superficielles et terre à terre. Ce n’est possible que par les forces de l’âme, le véritable « Moi » qui survivra à la mort physique. Ces forces sont inactives si elles ne sont pas éclairées par l’esprit. ».

Brahms avait un but précis quand il composait et un rituel bien défini « avant d’appeler la muse » comme il disait, et pour se mettre dans l’ambiance propice pour composer, avait coutume de se plonger dans des réflexions sur les grandes idées des poètes comme Goethe, Schiller, Shakespeare, Milton, Tennyson, etc… Nous savons aussi qu’il connaissait à fond la Bible et ses vérités. Son imagination en était stimulée.

– « Quand je ressentais ces irradiations cosmiques supérieures », disait-il, « je savais que j’étais en communication avec la même Force qui a inspiré les grands poètes, de même que Bach, Mozart, Beethoven. Les idées que je cherchais en toute humilité pénétraient en moi avec une telle puissance et une telle vitesse que je ne pouvais en saisir que quelques-unes. Je n’étais pas capable de les noter assez vite, elles venaient comme de courts éclairs et disparaissaient instantanément, si je ne les notais pas immédiatement. ».

Il faut donc que le désir vienne de l’homme, s’il veut avoir un contact avec cette Force.

Richard Strauss l’avait bien constaté. Il déclarait:

« La Puissance Divine ne réagit que sur notre désir intérieur. J’ai la conviction que c’est une Loi qui se manifeste dans tous les domaines comme conséquence des efforts spirituels des hommes. ».

Les compositeurs et d’autres créateurs inspirés ont employé cette Force pour créer, grâce à leurs facultés intuitives, des œuvres immortelles qui rappellent aux hommes qu’il existe autre chose que « la danse autour du veau d’or », autrement dit le matérialisme qui, comme conséquence inéluctable, a amené l’éloignement de l’homme de son Dieu. En effet, seul l’art et les œuvres inspirées par cette Force vivifiante ont survécu au temps et aux peuples qui se sont effondrés sous l’action de leur intellectualisme froid et dénudé de vie.

Mais je voudrais parler maintenant de Puccini, du compositeur d’opéra bien connu et de ses déclarations sur l’inspiration. Il est vrai que Puccini puisait à une source comme Beethoven, Mozart, Brahms et les grands classiques. Mais, à mon avis, son inspiration, néanmoins, est moins élevée que celle des très grands. Cependant, la musique de Puccini touche l’âme et le cœur à cause de la sincérité de son expression. Moi-même, j’eus l’avantage, dès mon jeune âge, de pouvoir jouer les opéras de Puccini dans différents théâtres, et cette musique m’avait déjà profondément touché à cette époque lointaine.

Puccini disait:

« L’inspiration est un thème difficile, impossible à définir, presque insaisissable. Je sens bien les idées inspirées, mais je ne peux les exprimer en paroles. Par mon expérience de compositeur je sais qu’une influence surnaturelle me rend capable de recevoir des Vérités divines et de les communiquer au public par mes opéras. L’homme ne pourra jamais écrire une œuvre de valeur durable, disait-il, sans l’Aide divine. Dante, Raphël, Stradivari puisaient dans cette Force toute-puissante, une force extraordinaire qui fait vibrer l’âme. Elle est l’Influence de Dieu. ».

Et, parlant de son opéra: « La Bohême »:

– « Quand le rideau se lève au premier acte, vous voyez la chambre misérable de… Puccini, musicien pauvre, quand il y habitait et qu’il était élève au Conservatoire de Milan. Chaque fois, en écoutant « La Bohême », je vois en esprit les cheminées mornes et toute la saleté qui empoisonnait ma jeunesse.

Je me nourrissais de pain, de harengs. Je grelottais de froid dans cette triste chambre – comme Rodolphe dans mon opéra – où je brûlais, comme lui, mes manuscrits, mes essais de composition, pour me chauffer. Je vous assure, lorsque, plus tard, j’ai écrit la scène finale de « La Bohême » – la mort de Mimi – pas un seul auditeur pu être davantage touché que moi-même. Je me suis effondré comme un enfant, ma douleur était si grande en composant cette scène. ».

Richard Wagner a confié à son ami Engelberth Humperdinck, l’auteur de l’opéra « Haensel & Gretel », ce qu’il pensait de l’inspiration:

– « Pour commencer, Engelberth, je voudrais constater que l’inspiration est une chose évasive qui ne s’explique pas facilement et dont nous ne savons que très peu de choses. En effet, très peu d’hommes sont capables de puiser à cette Source, ce qui est sans doute la raison pour laquelle on en sait si peu à son sujet. Je suis convaincu qu’un courant universel de pensées divines parcourt les sphères et que celui qui les capte, c’est-à-dire les ressent, est capable de les recevoir par inspiration, à condition, toutefois, qu’il soit conscient de cet événement et qu’il ait le savoir et le talent de mettre en pratique ce qu’il a reçu, qu’il s’agisse d’un compositeur, d’un architecte, d’un peintre, d’un sculpteur ou d’un inventeur. ».

– « Ces paroles, Richard, contiennent une profonde sagesse, mais pourrais-tu m’informer sur tes propres visions de ce mystérieux univers, d’où tu puises tes propres inspirations? »

– « Pendant mon travail, Engelberth, ce n’étaient que de magnifiques et vivifiantes expériences vécues dans cette sphère de l’invisible que je vais essayer de te décrire, autant qu’il est possible:

Tout d’abord, je pense que cette Force universelle vibrante relie l’âme humaine à la Force centrale toute-puissante d’où est issu le principe de la vie et dont nous dépendons.

Cette Force représente pour nous la communication avec la Toute-Puissance de l’Univers dont nous sommes une infime partie. Si ce n’était pas ainsi, nous ne pourrions pas nous mettre en contact avec elle. Celui qui en est capable, sera inspiré. ».

– « Richard, que ressens-tu? Peux-tu m’exposer tes sentiments durant tes contacts avec cette Force supérieure? »

– « Volontiers, Engelberth. J’ai certaines visions dans un état proche de la transe qui est indispensable pour chaque véritable effort créateur. Je me sens uni avec cette Force vibrante, elle est omnisciente et je peux y puiser à la mesure de mes propres possibilités. »

– « Pourquoi Beethoven pouvait-il s’approprier cette Force à un degré plus élevé que Dittersdorf [compositeur viennois], pour citer un compositeur de moindre envergure? », demanda Humperdinck.

– « C’est parce que Beethoven était beaucoup plus conscient de son harmonie avec la Divinité. Il avait un contact plus intense avec les Irradiations qui émanent de Dieu. »

– « Peux-tu m’expliquer, Richard, pourquoi Beethoven était capable de s’ouvrir à cette Source et d’y puiser son inspiration dont les productions ont fourni l’un des legs les plus précieux de l’humanité, alors que Dittersdorf n’obtenait que des productions de troisième catégorie? »

– « Je ne pense pas, Engelberth, que Dieu Se révèle plus à l’un qu’à l’autre. D’après mon opinion, nous sommes tous égaux à la naissance par rapport à cette Force. Mais une éducation athée, par exemple, n’a jamais produit quelque chose d’une valeur durable. ».

D’après Wagner, nous sommes tous égaux à la naissance par rapport à cette Force. (…) Ce n’est pas le rôle de cette conférence d’expliquer ces choses. Je pourrais vous en parler plus longuement une autre fois. Mais je voudrais vous citer ce que dit le poète de notre origine et de « Notre Chemin dans la Création »:

« Destin humain
 Comme Tu ressembles à l’eau.
 Du Ciel Tu descends,
  Au Ciel Tu retourneras. ».

Pour terminer, quelques mots encore de Richard Wagner au sujet de l’inspiration. En écoutant « L’Or du Rhin », Max Bruch et Puccini s’étonnaient de la hardiesse avec laquelle Wagner employait pendant 136 mesures l’accord du mi bémol majeur sans discontinuer. Ils sont unanimes à déclarer qu’il fallait être un génie pour le faire.

Wagner venait de commencer son opéra « L’Or du Rhin »:

– « Je me trouvais au lit », disait-il. « Soudainement, j’avais l’impression de me trouver allongé dans un torrent. J’ai cru être étendu au fond du Rhin. Je sentais l’eau en mouvement couler avec un mugissement autour de moi. Cette impression a pris corps dans l’accord de mi bémol majeur, qui commence avec le contre-mi bémol des contrebasses. Je me trouvais dans un état de semi-somnolence. En me réveillant, j’ai reconnu immédiatement que cette vision était inspirée et que mon prélude avait pris forme en mon for intérieur. ».

Max Bruch est surtout connu par ses concerto pour violon et orchestre. Que disait-il de l’inspiration?:

– « Lorsqu’un compositeur crée quelque chose de valeur, il se trouve en face de la Force Éternelle dont est issue toute vie et il puise alors dans cette Force vivante. En se concentrant dans le calme et la solitude intérieure, il doit attendre les indications de cette Force qui est supérieure à l’intellect. Sait-il établir la communication avec cette Force, il devient comme un projecteur capable de transmettre dans le monde visible – ou du moins pour le compositeur, dans le monde de l’audible – l’indéfinissable et l’invisible. C’est la même Force à laquelle Bach et Beethoven ont puisé. Tous les compositeurs en dépendent s’ils veulent créer quelque chose de valable. ».

Alfred Grégoire

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